
L’inflammation de type 2 est l’endotype prédominant de l’asthme. Elle est également présente dans d’autres maladies extrapulmonaires ainsi que dans la BPCO. La FeNO et l’éosinophilie sont les deux principaux biomarqueurs de cette inflammation.
Bien qu’ils soient souvent mesurés ensemble, leur dosage combiné reste peu systématique, principalement en raison de l’indisponibilité de la FeNO dans de nombreux centres. Par ailleurs, il semblerait que la sensibilité et la spécificité de la FeNO soient inférieures à celles de l’éosinophilie chez les asthmatiques traités par des anticorps monoclonaux anti-IL-5. De plus, bien qu’une corrélation entre ces deux biomarqueurs existe, celle-ci reste imparfaite, certains patients présentant une élévation d’un seul des deux biomarqueurs. Deux études ont apporté des preuves convaincantes en faveur de l’utilisation conjointe de ces deux biomarqueurs dans la détection de l’asthme dans une population générale et la prédiction des exacerbations chez des patients porteurs d’un asthme modéré à sévère. L’étude ORACLE2 (OxfoRd Asthma attaCk risk scaLE) analyse les résultats de 6 513 asthmatiques traités par placebo issus de 23 essais cliniques randomisés et contrôlés (1, 2). En examinant les 4 615 crises d’asthme survenues au cours de ces essais, les auteurs ont mis en évidence un risque accru de crises d’asthme associé à une augmentation des valeurs de l’éosinophilie (rapport de taux [RR] = 1,48, IC 95% : 1,30–1,68) et de la FeNO (RR = 1,44, IC 95% : 1,26–1,65). La combinaison de ces deux biomarqueurs offrait une valeur prédictive supérieure à celle de chacun pris individuellement. 1, 2. Parmi les autres facteurs prédictifs significatifs, figuraient les antécédents de crises d’asthme (RR : 1,94, IC 95% : 1,61–2,32), la gravité de la maladie (sévère versus modérée) (RR : 1,57, IC 95 % : 1,22–2,03), une diminution du VEMS en pourcentage des valeurs prédites (RR : 1,11 par baisse de 10 %, IC 95 % : 1,08–1,15) et des scores ACQ-5 plus élevés (RR : 1,10 par augmentation de 0,5 point, IC 95 % : 1,07–1,13). Les auteurs de la deuxième étude ont analysé les données de 18 319 personnes du registre de la « National Health and Nutrition Examination Survey » (NHANES) afin de déterminer s’il existait une relation entre des valeurs élevées de FeNO et/ou une éosinophilie supérieure à 150 cellules/μL et la prévalence de l’asthme (3). Une éosinophilie modérément élevée (150-300/μL) était associée à une probabilité 1,3 à 3,2 fois plus élevée de développer un asthme, en fonction des niveaux de FeNO, indépendamment du sexe. Une augmentation de la prévalence de l’asthme a été également observée avec des valeurs accrues de FeNO dans chaque stratum d’éosinophilie. Les personnes présentant des valeurs très élevées d’éosinophilie et de FeNO avaient une probabilité 3,7 fois plus élevée de développer un asthme chez les femmes et 7,1 fois plus élevée chez les hommes 3. Ces deux études, portant sur près de 25 000 personnes, confirment que la mesure combinée de l’éosinophilie et de la FeNO apporte une valeur additive tant dans le diagnostic de l’asthme que dans la prédiction de ses exacerbations. L’intégration de ces biomarqueurs mesurés ensemble dans l’évaluation clinique de routine pourrait améliorer la gestion personnalisée de l’asthme.
Anh Tuan Dinh-Xuan, Service de Physiologie-Explorations Fonctionnelles, Hôpital Cochin, 27, rue du faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris
- St-Pierre J, et al. Type-2 inflammation and lung function changes in the placebo arms of asthma clinical trials: findings from the ORACLE2 meta-analysis. Am J Respir Crit Care Med 2025; 211: A5034. ↩
- Mailhot-Larouche S, et al. Prognostic interaction between inflammatory and clinical risk factors for asthma attacks: findings from the ORACLE2 patient-level meta-analysis. Am J Respir Crit Care Med 2025; 211: A7065. ↩
- Riemann SD, et al. Complementary role of fractional exhaled nitric oxide and blood eosinophil counts in asthma prevalence and diagnosis: sex-specific evidence from NHANES. Am J Respir Crit Care Med 2025; 211: A5035 ↩



