
L’utilisation de la cigarette électronique reste débattue. Son rôle dans l’aide au sevrage tabagique doit être établi en France.
En effet, sa fabrication comme la composition du e-liquide ne sont soumises à aucun contrôle, très loin de la législation à laquelle sont soumis les substituts nicotiniques, dont la prescription reste en première ligne. Il faut ajouter, comme source de réticence, les preuves de plus en plus établies d’effets potentiellement dangereux sur la santé respiratoire et sur le risque de future dépendance des adolescents au tabac combustible. Pourtant, la cigarette électronique est un outil efficace dans le sevrage tabagique.
Cette méta-analyse regroupe les données de 309 essais randomisés contrôlés incluant 143 823 patients.
La cigarette électronique augmente les chances de sevrage tabagique comparée au placebo (OR 2,50, IC 95% : 2,00-3,20), à la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) (OR 2,50, IC 95% : 2,00-3,13), aux substituts nicotiniques (OR 1,39, IC 95% : 1,11-1,72) et au bupropion (OR 1,43, IC 95% : 1,11-1,82).
Par contre, l’efficacité de la cigarette électronique ne diffèrerait pas de celle de la varénicline, qu’elle soit utilisée seule (OR 0,92, IC 95% : 0,68-1,19) ou en association avec les substituts nicotiniques (OR 0,67, IC 95% : 0,40-1,14).
La cigarette électronique est un outil d’aide efficace aux victimes du tabac. Elle doit donc s’inscrire en complément d’une démarche de sevrage tabagique, accompagnée par un professionnel de santé.
Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares de l’Adulte, CHU Dijon Bourgogne, 21079 Dijon cedex
D’après : Pitre T et al. Comparative effectiveness of electronic cigarettes and pharmacotherapy for smoking cessation : a systematic review and Bayesian network meta-analysis of randomized trials. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A7067 (session C95).



