Recherche en transplantation pulmonaire

Les résultats d’une étude multicentrique évaluant l’impact de la survenue d’une microangiopathie thrombotique (MAT) après transplantation ont été présentés par Pierre Gazengel (CCML).

4565 patients, suivis dans 8 centres de transplantation pulmonaire ont été inclus. Parmis eux, 82 (1,8%) avaient présenté une MAT dans un délai médian de 19 mois post transplantation.

Un surdosage en inhibiteurs d’anticalcineurines était retrouvé dans 48% des cas de MAT, l’association d’inhibiteur de mTOR au traitement anticalcineurines  dans 23%, et une infection dans 9% des cas. Chez 9 patients, un relais du traitement immunosuppresseur par Belatacept a été initié. L’initiation de Belatcept était associé à une meilleure fonction rénale, mais a une fréquence plus élevée d’infections respiratoires (pneumopathie bactérienne et aspergillose pulmonaire invasive)

Cette présentation souligne également l’absence de recommandation de prise en charge standardisée en cas de survenue d’une MAT, notamment sur le choix de la reprise ou non d’un inhibiteur d’anticalcineurines.

Qualité de vie sexuelle chez les patients avant et après transplantation pulmonaire

Gaelle Weisenburger a présenté un travail mené avec Mme Alice Savary, psychologue, au sein de l’hôpital Bichat. L’impact de l’insuffisance respiratoire sur la dysfonction sexuelle est bien décrite, ainsi que l’impact de la transplantation d’organes solides, mais encore non décrite en transplantation pulmonaire. L’objectif de ce travail était de décrire la qualité de vie globale et la qualité de vie sexuelle chez les patients avant et après transplantation pulmonaire. Les patients inclus étaient soit les patients évalués en pré transplantation pulmonaire, soit les patients transplantés pulmonaires au-delà de 6 mois post transplantation et après un retour à domicile supérieur à 3 mois. La qualité de vie globale et la qualité de vie sexuelle étaient évalués par plusieurs questionnaires, certains spécifiques au genre.

209 patients ont répondu à tous les questionnaires et ont été analysés. 28,6% des patients répondaient non à la question « êtes-vous satisfaits de votre sexualité ». 

Après transplantation, il était constaté une amélioration de la qualité de vie globale, mais l’absence d’amélioration sur les questionnaires spécifiques de l’anxiété et de la qualité de vie sexuelle. L’altération de la qualité de vie sexuelle était associée à l’âge et au sexe féminin ; il n’y avait pas d’association avec le délai post transplantation, ni avec la fonction respiratoire évaluée par le VEMS.

Le sujet reste peu abordé avec le personnel soignant, ce qui pourrait souligner l’intérêt d’un atelier d’ETP dédié au sujet.

Impact de l’exposition aux immunosuppresseurs pré transplantation sur le pronostic après transplantation chez les patients suivis pour PID.

Karim Tazibet a présenté ce travail rétrospectif.

Les PID sont la première indication de transplantation mais sont associées à la moins bonne survie à 5 ans. La corticothérapie haute dose est un facteur connu de mauvais pronostic, qui reste contre indiqué dans certains centres si supérieure à 20mg/jour. 209 patients ayant été exposés à au moins un immunosuppresseur biologique ou non ont été inclus. Les patients exposés étaient plus jeunes (56 vs 58 ans), et plus souvent atteints de connectivite.

L’exposition aux immunosuppresseurs pré greffe était associée à une diminution de la survie à 12 mois (HR 2,21, 1,30 – 1,76, p=0.003). En post opératoire précoce, il existait également une augmentation des transfusions, et à une surreprésentation de la dysfonction primitive de greffon (OR 3,20) et des complications bronchiques notamment des fistules bronchovasculaires (OR 9,43). Les complications infectieuses étaient également supérieures dans le groupe exposé avec notamment plus de pneumonies et plus de réactivations CMV sous prophylaxie (20% vs 5%). Il n’était pas retrouvé d’association avec la survenue d’un rejet humoral, d’un rejet aigu cellulaire ou d’une dysfonction chronique de greffon.

La mortalité à 1 an était supérieure dans le groupe exposé aux immunosuppresseurs.

Ce travail soulève un impact potentiel sur les pratiques, sur la stratégie d’intensification pré-inscription ou sur une dose seuil de corticothérapie chez les patients inscrits. 


D’après la session « Maladies vasculaires et transplantation pulmonaire »

Gazengel P, Bunel V, El-Husseini K, Zaidan M, Lefevre E, Kessler R, Demant X, Falque L, Eschapasse E, Villeneuve T, Dauriat G, Pradère P, Mercier O, Fadel E, Picard C, Le Pavec J. Thrombotic Microangiopathy After Lung Transplantation: A Retrospective Observational Multicenter Cohort Study. JHLT Open. 2025 Jul 8;9:100335. doi: 10.1016/j.jhlto.2025.100335. PMID: 40735634; PMCID: PMC12305175.

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