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Les déterminants pédiatriques de la BPCO

Faut-il interroger nos patients BPCO sur leurs antécédents respiratoires durant l’enfance ? Qu’est-ce que le concept de BPCO précoce ? Éléments de réponse

Plusieurs évènements du début de la vie peuvent altérer le développement des poumons et constituer des facteurs de risque de développement d’une BPCO à l’âge adulte :
-l’exposition de la mère aux aérocontaminants (tabac,e-cigarette) en période anténatale,
– la prématurité avec un faible poids de naissance,
-l’exposition à la biomasse des enfants surtout dans les pays en voie de développement,
-les infections respiratoires précoces,
-le tabagisme passif pendant l’enfance.
Ces facteurs ont pour conséquences une dysplasie broncho-pulmonaire ou une altération de la croissance pulmonaire avec déclin de la fonction respiratoire notamment du VEMS. Dans une méta-analyse réalisée par Doyle, il est rapporté une nette baisse du VEMS allant jusqu’à 600ml chez des adultes, anciens prématurés 1. Korsbaek quant à lui a démontré dans son étude l’impact du tabagisme passif pendant l’enfance et le risque de développer des symptômes respiratoires, d’asthme et de BPCO 2.
Concernant la question de savoir si l’asthme constitue un facteur de risque majeur de BPCO,  une étude par randomisation mendélienne publiée en 2024 ne retrouve pas de lien de causalité 3.
La recherche d’antécédents pédiatriques dans les pratiques de consultation en pneumologie peut contribuer au diagnostic étiologique d’une BPCO surtout chez les patients non-fumeurs.

D’après la session BPCO, Les déterminants pédiatriques de la BPCO Présenté par Agnès Hamzaoui,Tunisie

BPCO précoce

La BPCO reste une pathologie sous rapportée voire sous diagnostiquée. Cette situation a des conséquences aussi bien sur les patients que sur les systèmes de santé suscitant un nouveau paradigme, celui d’un diagnostic précoce de la BPCO chez les patients à hauts risques (symptomatiques, tabagiques, infections récurrentes). L’essai contrôlé randomisé sur le diagnostic et traitement précoces de la BPCO et de l’asthme réalisé par Aaron SD et al et publié en 2024 serait parvenu à des conclusions satisfaisantes 4. En effet cela a montré que les patients ayant reçu l’intervention précoce d’un pneumologue dans leur prise en charge ont ensuite eu moins recours aux soins de santé pour maladies respiratoires que ceux qui ont reçu des soins habituels (4).
Le diagnostic précoce de la BPCO permettrait d’améliorer la qualité de vie des patients. Cependant il est important de poursuivre les recherches pour mieux comprendre la physiopathologie de la BPCO précoce en allant au-delà de la spirométrie pour le diagnostic et aussi afin de proposer des traitements personnalisés.

D’après la session BPCO, BPCO précoce présentée par Jean Bourbeau, Canada

Edem Kunakey,  Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe


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BPCO: vers une prise en charge personnalisée

L’apparition de la notion de phénotypes dans la BPCO a ouvert la voie à une médecine personnalisée

La notion de phénotypes dans la BPCO

La BPCO est une maladie respiratoire chronique hétérogène caractérisée par des symptômes respiratoires dus à des anomalies persistantes des voies aériennes et/ou des alvéoles. Sa prise en charge a évolué au fil des années. Basée initialement sur la sévérité du trouble ventilatoire obstructif (TVO), sont apparus dans la prise en charge de ces patients des critères cliniques de sévérité et plus récemment la recherche de phenotypes. Plusieurs phénotypes ont été rapportés ouvrant la discussion vers une prise en charge personnalisée.

Les différents phénotypes de BPCO et les traitements proposés

Le phenotype bronchite chronique concerne environ un tiers des patients BPCO. Il est défini par la présence d’une toux avec expectorations pendant au moins 3 mois par an sur 2 années consecutives en l’absence d’autres causes identifiées. Les exacerbations sont plus fréquentes. Le taux d’éosinophiles sanguin supérieur à 300/mL permet de sélectionner les patients nécessitant une tri-thérapie inhalées et ouvre la discussion vers le dupilumab, une biothérapie anti IL4 et 13, en cas d’exacerbations fréquentes. Pour les non hyperéosinophiliques, la bi-thérapie est préferable. Des thérapeutiques comme l’azithromycine ou le roflumilast peuvent être proposés en cas d’exacerbations fréquentes ou VEMS < 50% mais ce dernier n’est pas disponible en France. Le phenotype exacerbateurs frequents est associé à un risque d’évènement cardiovasculaire,  d’hospitalisation et de décès augmenté. Il est défini par au moins 2 exacerbations annuelles ou une exacerbation ayant nécessité une hospitalisation. Ses spécificités thérapeutiques sont identiques au phénotype précèdent. Le phénotype éosinophilique (PNE > 300/mL)est associé à une moins bonne qualité de vie et un risque d’exacerbation plus élevé. Les patients avec ce phénotype nécessitent une tri-thérapie inhalée au long cours car l’arrêt de la corticothérapie inhalée entraîne une diminution du VEMS et une majoration des exacerbations. Le dupilumab peut être discuté en cas d’exacerbations fréquentes. Le phénotype emphysémateux pourrait bénéficier d’une chirurgie ou de thérapeutiques instrumentales selon la distribution de l’emphysème et chez des patients sélectionnés. Il est important de ne pas méconnaitre le sous-groupe ayant un deficit en alpha-1 anti-trypsine (A1AT) qui pourrait bénéficier de perfusions hebdomadaires en A1AT. Le phénotype hypertension pulmonaire confirmé par cathétérisme cardiaque droit doit conduire à une prise en charge étiologique car chaque groupe d’HTP peut être impliqué motivant une décision thérapeutique différente.

Discuter phénotypage est aujourd’hui un incontournable pour le prise en charge personnalisée du patient BPCO sans oublier le sevrage tabagique, les thérapeutiques non pharmacologiques et la prise en charge des comorbidités cardio-vasculaires ou nutritionnelles notamment.

Milène Chaptal,  Service de Pneumologie, CHU de la Guadeloupe


D’après la session :« Phénotypage de la BPCO : nouvelles recommandations », Rachida Khelafi, Algérie.

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Accès restreint

Les vidéos suivantes sont accessibles uniquement aux membres de la SPLF et aux inscrits au e-CPLF2025
pendant 3 mois.

À partir d' août 2025, elles seront accès libre sur le site de la SPLF et 10 vidéos seront publiées chaque mois sous forme de podcast.

Accès au podcast sur Apple : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/les-conf%C3%A9rences-du-cplf/id1256491871
Accès au flux sur un autre environnement : https://docs.splf.fr/videos/CPLF/conferences-CPLF.xml

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La dénervation bronchique pour réduire les exacerbations de BPCO, mais pour qui ?

La dénervation bronchique ciblée par radiofréquence est une technique endoscopique qui permet de réduire, via l’inhibition de l’hyperactivité parasympathique pulmonaire, le nombre et la sévérité des exacerbations (EA) des patients avec une BPCO sévère. Les résultats définitifs de l’essai contrôlé randomisé en double aveugle AIRFLOW-3 ont été présentés.

Cet essai international multicentrique avait pour objectif principal la réduction du nombre d’EA modérée ou sévère de BPCO dans les 12 mois suivant la dénervation bronchique versus une procédure placebo, chez des patients suivis pour une BPCO de profil exacerbateur fréquent GOLD-E, avec un VEMS entre 25 et 80% et une symptomatologie respiratoire évolutive (évaluée par le COPD Assessment Test ou CAT ≥ 10) malgré un traitement médical maximal. Cette intervention était faite en ambulatoire et durait environ 45 minutes pour appliquer une énergie par radiofréquence de 15-30 Watts dans chaque bronche souche successivement. Quatre cent soixante-quatre patients ont été inclus, principalement des femmes (55%), d’âge médian de 68,5 ans, avec majoritairement une BPCO GOLD-III (VEMS médian 39%) et seulement 22% avaient un emphysème significatif sur le scanner (-950UH de densité scanographique). En médiane, chaque patient avait présenté 3 EA non sévères l’année précédente, une dyspnée médiane classée 3 sur l’échelle mMRC et un CAT médian à 24. À 1 an de l’intervention, il n’y avait pas de différence significative pour le nombre d’EA (Hazard Ratio à 1,25 [0,987-1,581]). Cependant, il existait une différence significative fonctionnelle avec une stabilisation du VEMS (versus une baisse de 70mL dans le groupe contrôle, p < 0,05) et une réduction du VR (versus une augmentation de 200mL dans le groupe contrôle, p < 0,05) associée à une amélioration significative de dyspnée sur l’échelle mMRC (- 0,25 point dans le groupe interventionnel, p < 0,05). Le principal effet secondaire était l’EA de BPCO (21% dans le groupe interventionnel, 17% dans le groupe contrôle, non significatif). Du fait des résultats préliminaires de l’étude en ouvert (rapportée en 2024) objectivant des complications œsophagiennes avec 3 fistules oeso-trachéales, la technique a été améliorée avec une sonde œsophagienne concomitante pour limiter l’impact direct de la radiofréquence, sans récidive de fistule par la suite. Après analyse post-hoc, le fait d’avoir peu d’emphysème (≤ 20%) et une hyperinflation marquée (volume résiduel ≥ 175%) permettait de distinguer un sous-groupe spécifique répondeur à cette technique. Ces derniers gagnaient significativement en moyenne 160mL de VEMS, une réduction de plus de la moitié des EA, avec une amélioration pertinente et significative de l’ensemble des questionnaires de dyspnée (≥ 1 point sur le mMRC) et de qualité de vie. Une étude complémentaire « AIRFLOW-4 » sera donc menée afin de confirmer les résultats du sous-groupe de répondeurs.

D’après la communication de Criner DJ. et al. Results from AIRFLOW-3: randomized, double blind, sham controlled study of targeted lung denervation in patients with COPD. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A3112. (session B14)

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