sommeil

DIU sommeil 2024-2025

 

DIU “Le sommeil et sa pathologie”

Année 2024-2025
Coordination : Carmen Schröder et Wojciech Trzepizur

Les diaporamas et vidéos sont exclusivement disponibles pour les étudiant·e·s inscrit·e·s en DIU Sommeil et sa pathologie de l’année 2024/2025.

Le contenu scientifique de cette formation est proposé par la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) et la SFRMS.

Cette formation est organisée conjointement par les facultés de médecine : Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Brest, Dijon, Grenoble, Lille, Limoges, Montpellier, Nancy, Nantes, Paris Descartes, Paris Pierre et Marie Curie (UPMC), Paris Diderot, Paris-Sud, Paris Est-Créteil (UPEC), Poitiers, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulouse, Tours.

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La PPC peut-elle réellement réduire la charge médicamenteuse chez les patients SAHOS hypertendus ?

Un impact positif mais modeste de la PPC sur la pression artérielle a été régulièrement rapporté, en particulier chez les patients les plus hypertendus. L’initiation de la PPC permet-elle, chez les patients hypertendus, de diminuer la charge thérapeutique antihypertensive ? Cette question a été étudiée au sein d’une cohorte clinique française en vie réelle.

Cette étude s’est intéressée à l’association entre l’adhérence à la pression positive continue (PPC) et l’évolution de la charge des médicaments antihypertenseurs (MAH) chez les patients hypertendus souffrant de syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS). L’objectif principal était d’évaluer si une bonne adhérence à la PPC (définie comme une utilisation ≥ 4 heures par nuit) était liée à une réduction de la consommation de MAH après un an de traitement. Les données ont été tirées de la cohorte sommeil IRSR des Pays de la Loire qui a bénéficié d’un appariement probabiliste avec les données du système national des données de santé (SNDS).

Absence d’association significative entre adhérence à la PPC et réduction du nombre de médicaments antihypertenseurs

L’analyse a porté sur 2 205 patients atteints de SAHOS, dont 68 % étaient des hommes, avec une médiane d’âge de 61 ans et un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 32,4 kg/m². À l’inclusion, les patients étaient traités avec un à trois MAH. Après un an de suivi, 78,1 % des patients étaient adhérents à la PPC, avec une utilisation médiane de 6,52 heures par nuit, tandis que 21,9 % étaient non-adhérents (utilisation de 2,58 heures ou arrêt de la PPC).

Les résultats montrent une légère diminution du nombre moyen de MAH dans les deux groupes. La variation moyenne était de -0,02 pour les patients adhérents et de -0,04 pour les non-adhérents. Bien que 11,1 % des patients adhérents aient vu leur nombre de médicaments diminuer, contre 13,5 % chez les non-adhérents, ces différences n’étaient pas statistiquement significatives (p=0,68). De plus, une augmentation du nombre de médicaments a été observée chez 10,5 % des adhérents et 12,1 % des non-adhérents.

En conclusion

Cette étude n’a pas trouvé d’association significative entre l’adhérence à la PPC et la réduction du nombre de classes de médicaments antihypertenseurs après un an de traitement. Ces résultats suggèrent que, dans la pratique clinique réelle, la PPC n’a pas d’impact significatif sur la gestion médicamenteuse de l’hypertension chez les patients SAHOS. Des analyses supplémentaires sont nécessaires pour explorer les éventuels sous-groupes de patients qui pourraient bénéficier d’avantage du traitement par PPC.


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La réponse cardiaque aux apnées : un biomarqueur innovant et automatique pour prédire les risques cardiaques chez les patients apnéiques.

La réponse cardiaque aux désaturations en oxygène est un biomarqueur prometteur dont le calcul nécessite une lecture manuelle des évènements. Un calcul automatique se basant exclusivement sur les désaturations pourrait-il faire aussi bien ?

La réponse cardiaque spécifique à l’apnée du sommeil (ΔHR) a été proposée comme biomarqueur pour évaluer le risque cardiovasculaire (CV) et prédire les bénéfices de la pression positive continue (PPC) chez les patients souffrant d’apnée obstructive du sommeil (SAHOS). Cependant, l’analyse manuelle des événements respiratoires, préalable à la mesure de ΔHR, limite son accessibilité. Cette étude vise à évaluer une méthode automatisée basée sur la réponse de la fréquence cardiaque aux désaturations en oxygène, appelée ΔHRoxi, pour stratifier les risques CV chez les patients SAHOS.

Mesure de la variation de fréquence cardiaque aux apnées du sommeil avec analyse manuelle des événements respiratoires versus automatisée

L’étude a utilisé des données provenant de la cohorte IRSR de sommeil des Pays de la Loire (IRSR) (5002 patients) et de la cohorte HypnoLaus (1307 patients). L’objectif principal était d’analyser les événements cardiovasculaires majeurs (MACE), comprenant la mortalité, les AVC et les maladies cardiaques. Les réponses ΔHR et ΔHRoxi ont été mesurées et classées en trois catégories : faible, intermédiaire et élevée. Les modèles de régression de Cox ont été utilisés pour évaluer l’association entre ΔHRoxi et MACE.

Un risque de MACE accru en cas de ΔHRoxi et de ΔHR plus élevés

Les résultats ont montré que 768 patients dans la cohorte IRSR et 87 dans la cohorte HypnoLaus ont présenté des MACE au cours d’un suivi médian de 8,0 et 7,5 ans respectivement. Les modèles de Cox multivariés ont révélé que les sujets ayant un ΔHRoxi élevé (par rapport à la catégorie intermédiaire) présentaient un risque accru de MACE dans la cohorte IRSR (risque relatif [RR] : 1,42 ; IC95% [1,19-1,71]) et dans HypnoLaus (RR : 1,75 [1,05-2,90]). Des résultats similaires ont été observés pour un ΔHR élevé.

Parmi les 2 718 patients de la cohorte IRSR traités par PPC, l’association entre l’adhérence à la PPC (utilisation ≥ 4h/nuit) et la survenue de MACE était modifiée par les valeurs de ΔHR et ΔHRoxi au départ (p pour interaction < 0,05). Cela suggère que ces réponses cardiaques pourraient aider à identifier les patients les plus à risque et à prédire les bénéfices CV du traitement par PPC.

En conclusion

ΔHRoxi, mesurée automatiquement via l’oxymétrie de pouls, pourrait constituer un biomarqueur fiable et facile à utiliser pour stratifier les risques cardiovasculaires chez les patients SAHOS et prédire les bénéfices de la PPC.


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Impact symptomatique de la ventilation auto-asservie chez les patients atteints du syndrome d’apnées centrales du sommeil avec et sans comorbidités cardiovasculaires

Faut-il initier un traitement par VAA chez les patients peu symptomatiques chez qui un diagnostic de SACS est porté après unévènement cardiovasculaire ? C’était la question posée par l’étude présentée par Michael Arzt à l’ERS.

Le syndrome d’apnées centrales du sommeil (SACS) est un trouble respiratoire causé par une diminution intermittente de la commande ventilatoire. La ventilation auto-asservie (VAA) est la principale option thérapeutique. Celle-ci a été développée avant tout dans un objectif d’amélioration du pronostic cardiovasculaire chez les patients avec insuffisance cardiaque. Les études SERVE-HF et plus récemment ADVENT-HF ont montré que la VAA n’avait pas d’impact positif sur ce pronostic, et avait même un impact délétère chez les patients avec fraction d’éjection altérée. Depuis, la question d’un impact symptomatique ce pose.  Il faut alors déterminer comment mieux identifier les patients susceptibles de bénéficier de ce traitement dans une pathologie ou la symptomatologie est assez mal définie. L’étude présentée par Michael Arzt a évalué l’impact de la VAA sur la qualité de vie et la somnolence chez des patients avec ou sans facteurs de risque et comorbidités cardiovasculaires (CCV).

Évaluation du bénéfice de la VAA en fonction du risque cardiovasculaire

L’étude a inclus 801 patients du registre READ-ASV, entre 2017 et 2021, répartis en trois groupes : sans CCV, à risque de CCV (hypertension, fibrillation auriculaire) et avec CCV avérées (insuffisance cardiaque, AVC, coronaropathie). Les questionnaires FOSQ (pour la qualité de vie liée au sommeil) et l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS) ont été utilisés pour évaluer les patients.

Les patients sans CCV avaient des scores FOSQ plus bas et un score ESS plus élevé, indiquant une moins bonne qualité de vie et une somnolence plus marquée, comparés aux patients à risque ou avec CCV avérée. Néanmoins, l’amélioration des scores FOSQ et ESS sous VAA était similaire dans tous les groupes. L’amélioration du score FOSQ était de 0,97 pour les patients sans CCV, contre 0,73 pour ceux à risque et 0,78 pour ceux avec CCV. La réduction du score ESS était de 2 points dans chaque groupe.

En conclusion

Bien que les patients atteints de SACS avec comorbidités cardiovasculaires soient moins symptomatiques que ceux sans CCV, la VAA a montré une amélioration similaire de la qualité de vie et de la somnolence chez tous les patients. De nombreux diagnostics de SACS sont actuellement portés dans un cadre de dépistage réalisés en post-évènement cardiovasculaire. L’intérêt d’initier un traitement par VAA n’est aujourd’hui pas établi en particulier chez les patients peu symptomatiques. Ces résultats encouragent à proposer un essai de VAA chez ces patients, tout en veillant à évaluer l’impact symptomatique qui devra seul guider l’intérêt de poursuivre ce traitement. Il faut rappeler que ce traitement reste contre-indiqué en cas de fraction d’éjection diminuée (≤45%).

Wojciech Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers


D’après la communication orale OA2759 “Adaptive servo-ventilation (ASV) in patients with central or complex sleep apnoea and associated cardiovascular comorbidities (the READ-ASV registry)” présentée par Michael Arzt (Regensburg, Allemagne). Session 263 de presentation orale “Transitioning from basic science to translational research in sleep-disordered Breathing » du lundi 9 septembre 2024.

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Effet des micro-éveils non respiratoires sur la somnolence résiduelle sous PPC

Une étude suggère que les micro-éveils d’origine non respiratoire pourraient représenter à la fois un élément d’explication physiopathologique, mais également un outil permettant d’identifier a priori les sujets les plus à risque de somnolence diurne résiduelle sous PPC.

Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est un trouble respiratoire chronique qui est souvent traité par pression positive continue (PPC). Cependant, malgré une bonne observance de cette thérapie, certains patients continuent de souffrir de somnolence diurne résiduelle. La recherche autour ce sujet a gagné de l’intérêt depuis l’apparition de traitements médicamenteux dédiés. La physiopathologie de cette symptomatologie reste cependant mal comprise. L’étude présentée sous forme de poster par Alexandros Kalkanis a exploré l’impact des microéveils non respiratoires sur la persistance de cette somnolence résiduelle chez les patients traités par PPC. Les micro-éveils non respiratoires, distincts des micro-éveils liés à des événements apnéiques, peuvent jouer un rôle dans la fragmentation du sommeil et influencer l’efficacité du traitement par PPC.

La proportion de micro-éveils non respiratoires a-t-elle un impact sur la somnolence diurne résiduelle ?

Les chercheurs ont inclus 800 patients atteints de SAHOS issus de la cohorte ESADA, qui avaient des données sur les micro-éveils lors de la polysomnographie réalisée à l’inclusion.  Ils étaient ensuite suivis par au moins deux visites. Les participants ont été stratifiés en tertiles selon leur ratio de micro-éveils non respiratoires par rapport au total des micro-éveils (RMNR). L’évolution de la somnolence résiduelle a été mesurée à l’aide de l’échelle de somnolence d’Epworth lors de trois visites, après 152, 470, et 637 jours suivant l’initiation de la PPC. L’impact des tertiles de RMNR sur la somnolence résiduelle a été étudiée après ajustement sur plusieurs variables, telles que le sexe, les comorbidités, l’indice de masse corporelle (IMC) et l’observance de la PPC.

Des taux de micro-éveil non respiratoires élevés associés à une somnolence diurne résiduelle plus importante

L’étude a révélé que les patients ayant un RMNR élevé avaient une somnolence diurne résiduelle plus importante que ceux des groupes à faible et moyen RMNR, surtout lors de la troisième visite (p = 0,003). En moyenne, les patients du tertile supérieur (RMNR élevé) ont présenté un score ESE supérieur d’environ 1 point par rapport à la moyenne globale, alors que ceux du tertile inférieur avaient un score ESS inférieur de 1,07 à 1,76 points lors des visites successives. Ces différences sont restées significatives après ajustement surur les variables de base, telles que les principales comorbidités ou l’observance à la PPC.

En conclusion

Cette étude souligne que les micro-éveils non respiratoires peuvent être un marqueur important de la fragmentation du sommeil chez les patients atteints de SAHOS traités par PPC, et qu’ils sont fortement associés à la somnolence diurne résiduelle sous PPC. Ce constat est d’autant plus intéressant que cette donnée est déjà disponible sur les polysomnographies pratiquées en routine. L’identification a priori des patients à risque de somnolence diurne résiduelle est une première étape intéressante. L’étape suivante serait d’envisager des études thérapeutiques ciblant plus particulièrement ces micro-éveils non respiratoires.

Wojciech Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers


D’après le poster PA3541 « Effect of non-respiratory arousals on residual sleepiness in CPAP-treated OSA patients” présenté par Alexandros Kalkanis (Leuven, Belgique) et coll. Session de posters 328 « Positive airway pressure treatment for sleep-disordered breathing: outcomes, adherence and side effects » du lundi 9 septembre 2024

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Troubles respiratoires du sommeil et cancer du poumon : une étude française confirme le lien entre hypoxie nocturne et survie

L’étude française NEOSAS-GFPC, présentée lors de la session de posters des consacrée aux facteurs pronostiques et prédictifs du cancer du poumon, a exploré la prévalence et l’impact des troubles respiratoires du sommeil et de l’hypoxie nocturne sur la survie des patients atteints de cancer du poumon.

L’augmentation du risque de cancer de plus de 24% chez les patients souffrant d’insomnie est bien connue 1 tout comme l’augmentation de près de 11% du risque de cancer du poumon 2. Cependant, la prévalence des troubles respiratoires du sommeil chez les patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) et leur impact clinique restaient à clarifier notamment dans une cohorte caucasienne.

NEOSAS a évalué l’impact des troubles du sommeil sur la qualité de vie et la survie globale

L’étude NEOSAS-GFPC, une étude prospective multicentrique, avait pour objectif d’évaluer la prévalence des troubles du sommeil et d’examiner leur impact sur la qualité de vie et la survie globale des patients pris en soin pour un CBPNC.

Entre février 2016 et décembre 2020, 1201 patients diagnostiqués pour un CBNPC ont été inclus. Les patients ont bénéficié d’un enregistrement du sommeil au domicile par un dispositif portable de dépistage (ApneaLink, Resmed) et d’un suivi sur 18mois avec plusieurs questionnaires de qualité de vie. Après avoir exclu 155 patients en raison d’enregistrements non valides (soit 7,5%), 1005 patients ont été inclus dans l’analyse finale.

Peu d’impact des troubles du sommeil sur la qualité de vie en dehors de la somnolence diurne…

Parmi eux, 38 % présentaient des troubles respiratoires du sommeil (n=386), majoritairement des hommes plus âgés avec un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé et davantage de comorbidités (HTA, diabète, cardiopathies), mais sans prévalence accrue de BPCO. Contrairement à d’autres études, NEOSAS n’a pas trouvé d’association significative entre la présence d’un trouble du sommeil et une altération globale de la qualité de vie – à l’exception de la somnolence diurne excessive évaluée par le questionnaire d’Epworth.

… Mais un risque accru de mortalité lié à l’hypoxie nocturne sévère

Parmi les 386 patients avec troubles du sommeil, 44,8% présentaient une hypoxémie nocturne sévère (définie par ≥36 % du temps de sommeil avec une SpO2 <90 %). L’hypoxie nocturne sévère était indépendamment associée à un risque accru de mortalité (HR = 1,37 ; IC 95 % [1,07-1,77] ; p=0,01) après ajustement sur l’âge, le sexe, l’IMC, la consommation de tabac et d’alcool, les antécédents de BPCO, et le stade du CBNPC au moment du diagnostic.

En conclusion

Les résultats de cette étude française suggèrent qu’un dépistage des troubles du sommeil pourrait être bénéfique chez les patients diagnostiqués avec un CBNPC, en mettant en évidence que l’hypoxémie nocturne sévère est associée à un mauvais pronostic, indépendamment des autres facteurs pronostiques du cancer.

Vincent Fallet, service de pneumologie hôpital Tenon Paris, Paris


D’après le poster PA2425 “Association of sleep-related hypoxia with survival in patients with non-small cell lung cancer – the NEOSAS-GFPC study group” présenté par Grégoire Justeau (Angers, France). Session de posters 238 “Predictive and prognostic factors in lung cancer »  du lundi 9 septembre 2024.

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Étude de la qualité du sommeil et de la qualité de vie des patients obèses avec et sans syndrome obésité-hypoventilation

Une étude grecque s’est intéressée aux différences symptomatiques entre patients obèses présentant un SAHOS et ceux présentant en plus une hypoventilation alvéolaire. Les résultats sont surprenants.

La très vaste majorité des patients obèses présentent un SAHOS. Certains vont de plus présenter une hypoventilation alvéolaire définissant le syndrome obésité hypoventilation (SOH). Ce SOH est une pathologie caractérisée par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 kg/m², une hypercapnie diurne (PaCO₂ ≥ 45 mmHg) et des troubles respiratoires du sommeil (TRS), en excluant d’autres causes d’hypoventilation alvéolaire. Depuis les grands essais randomisés espagnols comparant la PPC à la VNI dans cette indication, il apparait que la majorité de ces patients peuvent être traités par PPC. La frontière entre le SAHOS isolé et le SOH semble de plus en plus poreuse. Cette étude grecque avait pour objectif de comparer la qualité de vie et du sommeil entre des patients obèses (et SAHOS) avec et sans SOH.

Mesure de la somnolence, de la qualité de vie et de sommeil chez les patients obèses avec ou sans SOH

L’étude reposait sur une cohorte clinique grecque qui a inclus des patients consécutifs venant consulter pour suspicion de SAHOS. Seuls les patients avec un IMC ≥30 kg/m² ont été inclus. Les patients ont été divisés en deux groupes : patients obèses sans SOH et patients obèses avec SOH. Tous les participants ont bénéficié d’une polysomnographie complète et d’explorations fonctionnelles respiratoires. Des échelles standardisées ont été utilisées pour évaluer la somnolence (Échelle de Somnolence d’Epworth – ESS), la fatigue (Fatigue Severity Scale – FSS), la qualité de vie (indice de bien-être de l’OMS à 5 items – WHO-5), ainsi que la qualité du sommeil (Pittsburgh Sleep Quality Index – PSQI).

Pas de différence significative entre les deux groupes sur les critères d’évaluation

L’étude comprenait 1 955 patients obèses : 1 752 sans SOH et 203 avec SOH. Les deux groupes ne différaient pas en termes d’âge, mais des différences significatives ont été observées concernant l’IMC (les patients sans SOH présentant, de façon surprenante, une obésité plus marquée) et les paramètres respiratoires. Les patients avec SOH présentaient des valeurs inférieures de capacité vitale forcée (CVF), de volume expiratoire forcé en une seconde (VEMS), de pression partielle d’oxygène (PaO₂) et de saturation en oxygène (SpO₂). Ils avaient également des niveaux plus élevés de pression partielle de dioxyde de carbone (PaCO₂) et de bicarbonates (HCO₃). Cependant, aucune différence significative n’a été trouvée entre les groupes en ce qui concerne les scores ESS, FSS, WHO-5 et PSQI, indiquant que le SOH n’affectait pas la qualité de vie ou du sommeil de manière plus importante que l’obésité avec SAHOS seul.

En conclusion

Bien que les patients SOH présentent des anomalies respiratoires plus sévères que les patients obèses sans SOH, cela ne semble pas avoir d’impact supplémentaire sur leur qualité de vie ou leur qualité de sommeil. Cette étude confirme une frontière toujours plus porteuse entre le SAHOS isolé et le SOH qui partagent finalement des symptômes proches et une approche thérapeutique similaire dans la majorité des cas.

Wojciech Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers


D’après le poster ID 878: Investigation of sleep quality and quality of life of patients with and without obesity-hypoventilation syndrome présenté par Vasiliki Georgakopoulou (Alexandroupolis, Greece). Session 82 “Non-continuous positive airway pressure treatment for sleep-disordered breathing: diagnostic aspects of obesity hypoventilation syndrome” du dimanche 8 septembre 2024.

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Impact symptomatique des apnées survenant pendant le sommeil paradoxal

Au-delà de leur impact cardiovasculaire, les apnées survenant au cours du sommeil pourraient avoir des conséquences symptomatiques importantes en termes de somnolence ou de qualité de vie.

Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est un trouble fréquent qui se caractérise par des interruptions répétées de la respiration pendant le sommeil. Un sous-type particulier de cette affection, le SAHOS prédominant en sommeil paradoxal (SAHOS-SP), mérite une attention particulière. Il a déjà été suggéré un impact cardiovasculaire plus important du SAHOS-SP par rapport au SAHOS seul. Cependant, l’impact clinique symptomatique spécifique du SAHOS-SP reste peu étudié et mal compris. Cette étude visait à comparer les symptômes du SAHOS-SP à ceux du SAHOS non-SP (SAHOS-NSP). Une attention plus particulière a été porté aux patients avec SAHOS léger à modéré chez qui l’indication du traitement par PPC reste très discutée (et non remboursée dans de nombreux pays).

Mesure de l’impact du SAHOS-SP chez les patients avec SAHOS léger à modéré

Cette étude rétrospective a analysé les dossiers des patients diagnostiqués avec un SAHOS (IAH>5/h) à l’hôpital universitaire de Bruxelles entre novembre 2019 et septembre 2020. Les patients présentant un SAHOS sévère ont été exclus car la prévalence du SAHOS-SP est très faible dans les cas sévères (et le SAHOS sévère requiert quasi systématiquement un traitement). Les patients inclus dans l’étude ont été divisés en deux groupes : ceux atteints de SAHOS-SP et ceux atteints de SAHOS-NSP. Le critère pour définir une SAHOS-SP était un ratio d’indice d’apnée-hypopnée (IAH) SP/NSP d’au moins 2. Plusieurs questionnaires ont été utilisés pour évaluer les symptômes et les impacts sur la qualité de vie des patients, notamment : l’échelle d’anxiété et de dépression (HADS), le Big Five Inventory-2 pour les traits de personnalité, le SF-36 pour la qualité de vie liée à la santé, l’indice de gravité de l’insomnie (ISI), l’échelle de somnolence de Stanford (ESS), et d’autres outils mesurant la fatigue et la somnolence diurne.

La vigilance diurne plus affectée en cas de SAHOS-SP

L’étude a inclus 224 patients atteints de SAHOS-SP (119 légers et 105 modérés) et 151 patients atteints de SAHOS-NSP (59 légers et 92 modérés). Chez les patients avec SAHOS-SP légèr, un score plus élevé de somnolence diurne a été rapporté (score ESS de 3 contre 2 pour le groupe SAHOS-NSP), avec une différence statistiquement significative (p = 0,028). Cela suggère que les apnées survenant pendant le SP affectent plus intensément la vigilance diurne. Chez les patients avec un SAHOS modéré, ceux souffrant de SAHOS-SP ont rapporté une plus grande atteinte de la qualité de vie en raison de leur santé émotionnelle, mesurée par le SF-36 (p = 0,035).  Cependant, aucune différence significative n’a été observée entre les deux groupes concernant les niveaux d’anxiété, de dépression, de qualité du sommeil ou de fatigue générale.

Comment interpréter ces résultats ?

Les apnées survenant durant le SP semblent avoir un impact plus prononcé sur la somnolence diurne et la qualité de vie liée à la santé émotionnelle, en particulier dans les formes légères et modérées du SAHOS. Cette observation pourrait s’expliquer par le rôle crucial du SP dans la récupération mentale et émotionnelle. Ainsi, lorsque des interruptions respiratoires surviennent durant cette phase, elles perturbent davantage les processus cognitifs et émotionnels, ce qui se traduit par une somnolence accrue et une plus grande détérioration de la qualité de vie liée à la santé émotionnelle. La question d’une attention particulière portée au SAHOS-SP en pratique clinique se pose. La mise en évidence d’un impact symptomatique plus marqué de la PPC chez les patients avec SAHOS-SP viendrait renforcer cette hypothèse.

Wojciech Trzepizur, département de Pneumologie et de Médecine du Sommeil, CHU d’Angers MITOVASC UMR Inserm 1083 / UMR CNRS 6015, Université d’Angers


D’après le poster PA1757  “ The clinical significance of REM-predominant obstructive sleep apnea: a retrospective observational study” présenté par Shauni Wellekens (Aalst, Belgique). Session de poster 161 du dimanche 8 septembre 2024.

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