Cette page rassemble divers documents en accès libre, dont le groupe a jugé de l’importance pour tous les praticiens impliqués dans la ventilation non invasive.
Le questionnaire SRI est un questionnaire validé pour évaluer la qualité de vie liée à la santé des patients atteints d’insuffisance respiratoire chronique et ventilés à domicile. Il a été conçu et validé en langue allemande par le Pr Wolfram Windisch (Université de Fribourg, Allemagne). Le GAV en a effectué la traduction et l’adaptation transculturelle en français. La validation est en cours dans une étude multicentrique en France. Accéder au document
4ᵉ Assises de l’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) dans l’Asthme et l’Allergie
Vendredi 26 juin 2026 Espace La Rochefoucauld – Paris 9ᵉ (11 rue Catherine de la Rochefoucauld, 75009 Paris)
Une journée d’échanges, d’innovations et de partages d’expériences autour de l’ETP, réunissant professionnels de santé, experts et acteurs engagés dans la prise en charge de l’asthme et des allergies.
Programme en cours d’élaboration – restez connectés ! Nous reviendrons très bientôt avec le programme détaillé et les modalités d’inscription.
Notez la date dès maintenant dans vos agendas !
Evènements passés
CPLF 2022 Exemples de pratiques de l’ETP dans l’asthme et la tuberculose :
La session de communications orales sur les pneumopathies interstitielles diffuses a permis d’apporter de nouvelles connaissances sur trois pathologies : la sarcoïdose pulmonaire en verre dépoli, les PID de connectivites, la pneumopathie à macrophage alvéolaire.
Une étude cas témoin rétrospective qui permet de mieux caractériser la sarcoïdose en verre dépoli.
152 patients ont été inclus dans cette étude : 76 cas présentant une atteinte en verre dépoli dont l’extension était ≥ 10% et 76 contrôles ayant une sarcoïdose pulmonaire avec atteinte parenchymateuse sans verre dépoli ou < 10%. Parmi les 1169 patients screenés, 6,8% présentaient une forme en verre dépoli ≥ 10%.
Le verre dépoli était le plus souvent micronodulaire (53% des cas), mais pouvait aussi être pur (21%), associé à des lésions de fibrose (17%), en mosaïque (5%) ou en crazy paving (4%). De façon intéressante, le verre dépoli était dans 93% des cas associé à d’autres lésions tels que les adénopathies médiastino-hilaires et/ou des micronodules. Les cas en verre dépoli étaient plus exposés au tabac (66% vs 32%, p < 0.001), au cannabis (15% vs 4%, p = 0.003) et aux moisissures (15% vs 4%, p = 0.04) que les témoins. Ils présentaient une altération fonctionnelle plus marquée à l’inclusion (CVF à 71%th vs 81%th, p = 0,007), qui persistait au cours du suivi, malgré une amélioration fonctionnelle plus importante. Enfin l’évolution était plus défavorable pour les cas en verre dépoli avec une progression ou la survenue d’une fibrose pulmonaire plus fréquente (39% vs 21%, p = 0,03), plus de rechutes au cours de suivi et un taux de guérison réduit (5% vs 18%, p = 0,04). Le phénotype en verre dépoli est donc une forme à risque et pourrait justifier d’un suivi plus rapproché.
Facteurs associés au pronostic des PID de connectivites.
5 cohortes ont été fusionnées pour permettre de créer une cohorte rétrospective de 539 patients associant des patients avec PID de Sjögren (N=163), de polyarthrite rhumatoïde (N=98), de lupus érythémateux systémique (N=74), de sclérodermie systémique (N=163) et de myopathies inflammatoires idiopathiques (N=137).
Les facteurs associés à la mortalité ou transplantation pulmonaire étaient un diagnostic de syndrome de Sjögren (HR 4,42 IC95% (2,61-7,49), p < 0,001), l’âge au diagnostic (HR 1,66 IC95% (1,44-1,90), p < 0,001), le sexe masculin (HR 1,90 IC95% (1,29-2,80), p = 0,001), la CVF (HR 1,25 IC95% (1,12-1,39), p < 0,001) et la DLCO (HR 1,69 IC95% (1,45-1,97), p < 0,001. De façon intéressante, le pattern scanographique n’était pas associé à la mortalité ou transplantation.
Présentation initiale et pronostic des patients atteints de pneumopathie à macrophage alvéolaire (PMA).
La pneumopathie à macrophage alvéolaire (ex. pneumopathie interstitielle desquamative) est une forme rare et peu décrite de pneumopathie interstitielle diffuse. Cette étude observationnelle rétrospective multicentrique a inclus 159 patients
La PMA survenait majoritairement chez des hommes (70%) d’âge médian de 55 ans et fumeurs (94%) à 35 paquets années dont 23% fumaient du cannabis. L’examen physique était marqué par une dyspnée (79%), des crépitants secs (51%), un hippocratisme digital fréquent (51%). Le LBA retrouvait une cellularité médiane de 480 x 103 cellules/mL, 65% des patients avaient > 80% de macrophage, à noter cependant que 7% des patients présentaient > 20% d’éosinophiles. La CVF médiane était de 85% et la DLCO de 56% de la théorique.
33% des patients ont bénéficié d’une biopsie pulmonaire pour confirmer le diagnostic, principalement lorsque le LBA n’était pas aussi macrophagique qu’attendu.
Six% des patients avaient une PMA secondaire à une connectivite et 9% avaient un cancer broncho-pulmonaire concomitant ou apparaissant durant le suivi.
Concernant l’évolution, 8% des patients sont décédés au cours des 3,9 ans de suivi médian. La CVF présentait un faible déclin de 30mL/an au cours des deux premières années. Cependant, la population était marquée par une grande hétérogénéité, 20% des patients présentaient une amélioration fonctionnelle de +10% de CVF en moyenne/an et 18% un déclin de -10%/an. Les patients dont la CVF déclinait avaient plus souvent un cancer broncho pulmonaire associé, plus souvent des antécédents familiaux de PID et un moindre pourcentage d’éosinophiles au LBA.
Concernant le sevrage tabagique seuls ¼ des patients ont pu définitivement arrêter de fumer et parmi eux seuls 19% ont présenté une amélioration fonctionnelle après sevrage du tabac. Dans la population, 29% ont reçu une corticothérapie, 12% un traitement immunosuppresseur, 12% des antifibrosants et 3% une transplantation pulmonaire.
Raphaël Hindré, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris, Université Paris Cité
La réalisation et l’interprétation des EFR de repos au cours de la grossesse font l’objet d’un certain nombre de fausses idées au sein de la communauté médicale. On fait le point.
Existe-t-il des contre-indications aux EFR de repos ?
Les contre-indications, absolues ou relatives, à la réalisation d’EFR de repos pendant la grossesse sont de deux types : liées à un éventuel risque obstétrical, ou liées au type de manœuvres d’EFR envisagées. Concernant les risques obstétricaux (contractions utérines, ouverture du col utérin…), l’avis du gynécologue-obstétricien doit être recueilli au moindre doute. Quant à l’évaluation du risque lié directement aux EFR, il doit tenir compte de plusieurs facteurs : des efforts respiratoires intenses et répétés vont-ils être exigés de la patiente ? Va-t-elle devoir inhaler des gaz médicaux et/ou des substances pharmacologiques ? Va-t-elle être soumises à une PO2 et/ou une PCO2 susceptibles de modifier la composition de ses gaz du sang ?
La spirométrie forcée est habituellement le cœur des EFR de repos. Les efforts nécessaires génèrent cependant une majoration de la pression intra-abdominale et exposent la patiente à un inconfort et un risque de contractions utérines réflexes. Ainsi, la balance bénéfice/risque doit être évaluée en fonction de l’indication. De même, un test de réversibilité aux β2-agonistes d’action rapide imposera de renouveler les courbes débit/volume, en plus de risquer de provoquer ou aggraver une tachycardie chez la patiente. En revanche, la spirométrie lente et la mesure des volumes statiques ne demandent pas d’efforts intenses (et ni l’hélium ni l’azote ne présentent de toxicité connue). A l’inverse, l’inhalation de monoxyde de carbone pour mesurer la DLCO expose théoriquement au risque de diminuer l’oxygénation maternelle et fœtale, mais en pratique la faible augmentation de l’HbCO maternelle (environ 0,7 % à chaque manœuvre d’inhalation) permet de pratiquer cet examen dans des conditions de sécurité satisfaisantes, mêmes si les mesures sont répétées à plusieurs reprises, sans carboxylation de l’hémoglobine fœtale.
Deux types d’examens sont absolument contre-indiqués ou fortement déconseillés. Premièrement, le test de provocation bronchique à la méthacholine qui pourrait provoquer une hypoxie fœtale en cas de bronchospasme sévère chez la patiente. Également, les tests de réponse ventilatoire à l’hypoxie ou l’hypercapnie pour lesquels les risques de mauvaise tolérance fœtale sont trop importants. Un classement pragmatique du risque relatif à chaque examen est disponible dans le tableau ci-dessous.
Examens autorisés sans restriction
– Volumes statiques (pléthysmographie, dilution à l’hélium, rinçage à l’azote) – Oscillométrie – NO exhalé
Examens autorisés sous réserve(Cf. balance bénéfice/risque)
– Spirométrie forcée ± test de réversibilité – Pressions respiratoires maximales (PImax, PEmax, SNIP) – DLCO
Examens contre-indiqués ou fortement déconseillés
– Provocation bronchique à la méthacholine – Réponse ventilatoire hypoxie /hypercapnie
Comment interpréter les EFR à la lueur des modifications physiologiques au cours de la grossesse normale ?
L’augmentation progressive de la taille de l’utérus gravide et l’imprégnation hormonale (progestérone, relaxine…) vont entraîner des modifications structurales et tissulaires chez la femme enceinte. Le diaphragme va progressivement s’élever, d’environ 2 à 5 cm, mais le volume de la cage thoracique va rester quasiment inchangé du fait d’un élargissement de son diamètre inférieur prédominant dans la direction médio-latérale. Par ailleurs, l’épaisseur du diaphragme et sa course maximale restent inchangées, avec une pression transdiaphragmatique maximale (PDImax) préservée. De même, malgré l’allongement et l’amincissement progressif des muscles abdominaux, leur capacité fonctionnelle n’est pas réduite au cours de la grossesse (mais un peu en post-partum). Concernant la compliance du système respiratoire, celle du parenchyme n’est pas modifiée, et celle de la cage thoracique n’est modérément réduite qu’en fin de grossesse. Enfin, les résistances des voies aériennes ne sont pas significativement modifiées. Par ailleurs, la ventilation augmente, principalement par une majoration du volume courant.
En conséquence, concernant les grandeurs mesurées aux EFR de repos, on va principalement observer une modification de la répartition des volumes pulmonaires. La capacité pulmonaire totale (CPT) et la capacité vitale (CV) vont rester quasiment inchangées, y compris en position couchée. En revanche, la capacité résiduelle fonctionnelle (CRF) va être amputée d’environ 20 % (~ 300-500 mL) au troisième trimestre, par diminution du volume de réserve expiratoire (VRE) (environ -200 mL) et du volume résiduel (VR) (environ -10 % et -200 mL). Au contraire, la capacité inspiratoire (CI) augmente d’environ 300 mL. Le VEMS et le rapport de Tiffeneau, ainsi que les pressions respiratoires maximales, ne sont pas significativement modifiés. La DLCO peut légèrement augmenter au premier trimestre, par un mécanisme encore mal compris, avant de retrouver sa valeur basale en fin de grossesse (voire diminuer discrètement). La PaO2 peut se majorer initialement, modérément, du fait de l’hyperventilation, mais cette modification s’estompe au cours de la grossesse. En revanche, en position couchée, une légère diminution peut être observée. Une hypocapnie est classiquement observée en conséquence de l’hyperventilation (30-35 mmHg), avec un pH généralement compensé par la diminution de la bicarbonatémie.
Fonction respiratoire et grossesse « à risque »
En plus des modifications physiologiques précédemment décrites, lorsque la patiente présente une maladie respiratoire qui existait antérieurement à l’initiation de la grossesse, son organisme doit s’adapter à des contraintes mécaniques et/ou métaboliques particulières. Par ailleurs, d’autres pathologies respiratoires peuvent connaître une aggravation spontanée au cours de la grossesse. Malheureusement, par excès de précaution à réaliser des EFR chez la femme enceinte, on manque d’études robustes avec des effectifs conséquents ayant étudié l’évolution de la fonction respiratoire dans différentes pathologies au cours de la grossesse et en post-partum.
De même, il n’existe pas de critères EFR qui permettraient d’autoriser ou de contre-indiquer un accouchement par voie basse.
Thomas Gille, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny
D’après les présentations « Impact de la grossesse sur la physiologie respiratoire » (Laurent Plantier, Tours) (session du samedi 31 janvier A22 « Grossesse et respiration ») et « Exploration fonctionnelle et grossesse » (Anne Charloux, Strasbourg) (session du dimanche 1er février A32 « Quels examens chez la femme enceinte ? »)
Les biothérapies ont transformé la prise en charge de l’asthme sévère mais également d’autres pathologies telles que la dermatite atopique, la polypose nasosinusienne, etc. Toutefois, une surveillance de leur profil de sécurité au long cours, en vie réelle, est nécessaire.
Dr Guillaume DARGENTOLLE (Dijon) a présenté une étude observationnelle basée sur les données de pharmacovigilance française concernant 5 biothérapies disposant d’une autorisation de mise sur le marché (omalizumab, mepolizumab, benralizumab, dupilumab et tezepelumab). L’analyse portait sur la période comprise entre leur date de mise sur le marché et le 17 septembre 2024, toute indication confondue, et s’appuyait également sur les données d’exposition de l’assurance maladie (Open Medic) entre 2014 et 2024. Les effets indésirables graves et inattendus ont fait l’objet d’une analyse détaillée à partir des données cliniques disponibles.
En 2024, plus de 90 000 patients étaient traités par biothérapie : 43 600 par dupilumab, 23 778 par omalizumab, 11 754 par mepolizumab, 8 065 par benralizumab et 4 774 par tezepelumab. Les mineurs représentaient 10% des patients traités par omalizumab et dupilumab, 4% de ceux traités par mepolizumab et tezepelumab et seulement 1% des patients traités par benralizumab. La prescription était essentiellement hospitalière, sans précision sur les spécialistes prescripteurs, tandis que les prescripteurs libéraux étaient principalement des pneumologues. L’asthme représentait l’indication principale pour toutes les biothérapies à l’exception du dupilumab, qui était majoritairement prescrit pour la dermatite atopique.
Au total, 1830 cas regroupant 3299 effets indésirables (1,8 effets/cas) ont été analysés. Les déclarations étaient essentiellement réalisées par les médecins (77%) et pharmaciens (14%) alors que les notifications faites par les patients restaient minoritaires (3 à 11% selon les molécules). La proportion de cas grave était notable, représentant 43% des signalements.
La majorité des effets indésirables étaient commune à toutes les molécules : asthénie, réactions au site d’injection, manifestations cutanées, céphalées, nausées, douleurs abdominales et arthralgies. Ces dernières semblaient survenir de façon plus tardive sous mepolizumab (11 mois versus 4 mois pour les autres biothérapies). Une résolution rapide à l’arrêt du traitement était généralement observée, bien que certaines arthralgies aient nécessité une corticothérapie et/ou des antalgiques de palier 1 et 2. Le dupilumab était associé à des conjonctivites et blépharites, principalement chez les patients traités pour une dermatite atopique, ainsi qu’a des hyperéosinophilies désormais bien documentées, le plus souvent asymptomatique mais pouvant parfois entrainer des manifestations systémiques.
Peu décrits jusqu’à présent, des effets indésirables thrombo-emboliques ont été rapportés sous omalizumab : 13 cas d’embolies pulmonaires, 9 cas de thromboses veineuses, 2 cas de thromboses artérielles. Des effets indésirables spécifiques à certaines indications ont également été mis en évidence, notamment 4 cas d’hémophilie acquise sous omalizumab dans l’indication de pemphigoïde bulleuse ainsi que des pneumonies organisées sous dupilumab chez des patients traités pour une polypose nasosinusienne.
Aucun signal oncologique significatif n’a été identifié, en dehors d’une augmentation du nombre de tumeurs cutanées sous dupilumab. Celle-ci semble toutefois liée à un biais d’indication, les patients concernés étant traités pour des pathologies dermatologique.
Ces résultats soulignent l’importance de poursuivre la déclaration systématique des effets indésirables, y compris lorsqu’ils sont déjà connus, afin d’améliorer la surveillance et la sécurité d’utilisation des biothérapies.
Marina Gueçamburu, service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux
D’après la session CO07 – Asthme, « Effets indésirables des biothérapies de l’asthme sévère : étude observationnelle à partir des données de la base de pharmacovigilance française depuis leur mise sur le marché »
Dans ce brillant exposé, la Dr Sameh MSAAD, de Sfax, a présenté les particularités phénotypiques et endotypiques du SAS chez la femme, et, données de prévalence à l’appui, a expliqué pourquoi il était important d’avoir une approche de repérage adaptée à la femme.
Le SAHOS a longtemps été considéré comme une pathologie franchement masculine, avec un ratio H/F de 8/1. Actuellement, à la lumière d’une meilleure connaissance du SAHOS de la femme, et de meilleurs conditions diagnostiques, on trouve plutôt un ratio à 1,4/1. Il existe également une nette augmentation après la ménopause. Néanmoins, les femmes souffrent encore d’un sous-diagnostic, et de SAHOS confondus au profit de diagnostic de dépression ou de fibromyalgie notamment. Dans l’étude de Wimms et col., on retrouvait des symptômes différents chez les femmes, avec moins de ronflements et d’apnées observées 1. Au-delà du stéréotype de la femme sous-déclarant son ronflement et sa somnolence, on retrouve d’avantage d’insomnie, fragmentation du sommeil, cauchemars, nycturie, bouche sèche, algies diffuses, troubles de mémoire ou de concentration, troubles de l’humeur, céphalées, fatigue persistante chez les femmes 2. Par ailleurs, à symptômes identiques, le diagnostic est posé chez 25% des hommes versus 14% des femmes 3.
Une différence d’expression phénotypique
En terme de sévérité, l’IAH est plus bas chez les femmes avant la ménopause, mais cette différence s’annule après la ménopause4, 5. Les femmes présentent d’avantage d’hypopnées et d’efforts respiratoires inducteurs de micro-éveils (ERIM), et moins d’apnées franches par rapport aux hommes. Les apnées sont de durée plus courte, mais pas les hypopnées 6. Ces différences s’expliquent par un pharynx plus tonique et compliant et justifient que les pauses respiratoires soient moins souvent rapportées chez les femmes. Chez la femme jeune, le SAS prédomine en sommeil paradoxal ; ce phénotype diminue progressivement avec l’âge et est perdu après la ménopause 7. Par ailleurs, l’IAH est plus bas en phase lutéale, ce d’autant plus que cette phase hormonale est marquée par une diminution de la quantité de sommeil paradoxal 8.
Un endotype physiopathologique distinct de celui des hommes
Ces différences phénotypiques sont sous-tendues par un endotype différent. Premièrement, la répartition de la masse grasse est différente chez les femmes, avec moins de dépôt autour du pharynx et de la base de langue, donc moins d’impact sur l’IAH à IMC identique, et une progression de l’IAH plus faible chez la femme pour la même prise de poids 9. Deuxièmement, le seuil d’éveil est plus bas chez la femme, ce qui explique les événements plus courts, peu désaturants mais éveillants, qui sont observés, ainsi que la fragmentation du sommeil plus marquée et l’augmentation de la prévalence du COMISA à IAH identique par rapport à l’homme 10. Troisièmement, les femmes ont un loop gain plus bas 11. Enfin, la compliance pharyngée est plus basse du fait de l’imprégnation hormonale et de VAS plus courtes, et il y a donc plus de résistance au collapsus. Après la ménopause, cette protection disparaît, mais c’est aussi le cas du SOPK dans lequel il existe une carence en progestérone.
Pour conclure, le SAS de la femme présente bien des particularités par rapport à celui de l’homme sur le plan diagnostique, et ces particularités sont sous-tendues par des spécificités physiopathologiques. La prévalence du SAS de la femme est importante, pour peu qu’on fasse attention à ces symptômes spécifiques.
Justine Frija, université Paris Cité, Inserm Neurodiderot, Hôpital Bichat, Paris
D’après la session A10, une « machine » de chaque côté du lit, vendredi 30 janvier 2026