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Vie sexuelle et PPC : amis ou ennemis ?

Le SAHOS a des conséquences directes ou indirectes sur la fonction sexuelle. Chez l’homme, on note une augmentation du risque de dysfonction érectile (facteur de risque 1,82) et de troubles sexuels. Chez la femme, la prévalence des dysfonctions sexuelles est multipliée par 2,56. Les mécanismes physiopathologiques impliqués sont tout d’abord en lien avec l’hypoxie intermittente entrainant une diminution du NO circulant (neurotransmetteur clef pour l’érection et le flux sanguin clitoridien/vaginal). Par ailleurs, il existe une hyperactivité sympathique responsable d’une vasoconstriction affectant l’érection et la fonction cardiovasculaire (hypertension).
Ceci s’accompagne de modifications hormonales avec une baisse de la testostérone (hommes) et des perturbations hormonales féminines.
Des facteurs aggravants peuvent coexister : Fatigue, baisse de motivation/libido, comorbidités (cardiovasculaires, psychiatriques) et traitements (antihypertenseurs, antidépresseurs).

Le SAHOS va également avoir un impact sur le partenaire et les relations de couple, tout d’abord par son impact sur la qualité de son sommeil avec 3 fois plus de risque de dormir séparément si le SAHOS n’est pas traité.
On note également des modifications de comportements et de l’affectivité avec l’utilisation de bouchons d’oreille, la surveillance de la respiration du conjoint, un agacement, une frustration, un épuisement, des conflits conjugaux….

La PPC va ainsi améliorer la qualité de vie, l’humeur et la somnolence des conjoints. La ventilation permet également une amélioration du score de satisfaction sexuelle.
Ceci est d’autant plus important que le partenaire à un rôle important dans l’observance de la PPC. En effet, il a été décrit que vivre en couple améliore l’observance de la PPC. La perception de la PPC par le conjoint va grandement influencer celle du patient.

En pratique, il est donc important d’aborder la sexualité avec nos patients apnéiques lors de la consultation, de dépister les dysfonctions sexuelles éventuelles et d’en évaluer l’impact psychologique.
Nous devons inclure les partenaires en les impliquant dans le parcours de soin dès le diagnostic, dans l’initiation du traitement (aide pratique) et dans les programmes d’éducation thérapeutique (approche collaborative).

Pour conclure, le SAHOS est une pathologie avec des retentissements collectifs, affectant la vie sexuelle et les relations de couple via des mécanismes biologiques et psychologiques. La PPC améliore significativement la qualité relationnelle et la satisfaction sexuelle, tandis que le rôle des partenaires est déterminant pour l’observance. Une prise en charge globale, incluant la sexualité et les partenaires, est essentielle pour optimiser les résultats thérapeutiques. Et pour finir, le tabou autour de la sexualité doit être levé !


D’après la communication « Prise en charge du SAS et vie sexuelle » présentée par Jade CHORVOZ (Dijon), session A41 – Sexualité et sommeil

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La télésurveillance : un moyen d’optimiser la prise en charge de nos patients ?

La télésurveillance, définie comme une surveillance médicale à distance (inclus les données de ventilation, d’observance…), est devenue un enjeu majeur dans la prise en charge de nos patients ventilés et tout particulièrement pour les patients ventilés pour un SAHOS. Son objectif principal est d’optimiser la qualité des soins en combinant les données numériques et le suivi humain permettant d’agir rapidement en cas d’alerte (mauvaise observance, fuite, majoration de l’IAH…). Dans le cadre du SAHOS, des algorithmes ont déjà été décrits pour l’organisation ce télésuivi.

Depuis la Loi de 2023, la télésurveillance est rentrée dans le Droit Commun. Depuis cette date, l’assurance maladie intègre et finance les actes de télésurveillance notamment pour la VNI et l’oxygénothérapie.
Dans ce cadre, et tout comme pour la PPC, le praticien va devoir définir des protocoles d’alerte et d’organisation (ex : gestion des signaux anormaux).

L’intérêt du télésuivi a été confirmé dans différentes études récentes. Ainsi, dans la BPCO, le télésuivi permet une réduction de la durée d’hospitalisation en cas d’exacerbation. Par ailleurs, différents profils de patients ont été mis en évidence distinguant ainsi les patients dont l’observance est stable au fil du temps (avec une bonne ou mauvaise observance) de ceux ayant une grande variabilité inter nuit. Ceci est important pour adapter la prise en charge afin qu’elle soit au maximum personnalisée au besoins réels du patient.

Concernant l’oxygénothérapie, des études portant sur la télésurveillance ont notamment pu mettre un évidence une observance réelle insuffisante de l’ordre de 9h/j avec une absence quasi-totale de l’utilisation du système de déambulation. En pratique clinique, ces données aident le prescripteur à adapter la thérapeutique et son discours notamment dans le cadre de l’éducation thérapeutique. La télésurveillance permet de mettre en relation tous les intervenant dans le parcours de soin du patient à savoir le patient lui-même, le médecin prescripteur ou encore les prestataires à qui il peut être délégué la gestion des alertes.
Il est probable que dans un avenir plus ou moins proche, l’intelligence artificiel puisse jouer un rôle dans cette prise en charge afin de personnaliser les algorithmes et d’en réduire les coûts. Mais dans un 1er temps, l’objectif sera d’optimiser les algorithmes afin d’améliorer la sensibilité et la spécificité des alertes pour réduire les faux positifs, de réduire les couts par exemple grâce aux applications mobiles et autres appareils connectés et à la mutualisation des plateformes.

Concernant l’oxygénothérapie, il va falloir développer des outils connectés pour mesurer le débit d’oxygène et l’observance en temps réel qui ne sont pas actuellement disponibles sur le marché.

Pour conclure, il existe de nombreux signaux positifs concernant la télésurveillance (réduction des hospitalisations, amélioration de l’observance) mais des défis persistent : performance des algorithmes, coûts élevés et acceptabilité des patients. L’avenir passera par une combinaison de technologies innovantes (IA, objets connectés) et de suivi « humain » adapté, avec un rôle central des associations et des réseaux de soins pour assurer une mise en œuvre efficace. Enfin, la télésurveillance est en passe de devenir un outil clef de la télémédecine préventive.


D’après l’atelier « La télésurveillance en pneumologie : PPC, VNI, O2, où en sommes nous ? » présentée par François Jouneaux (Lille), session AT30.

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Appréhender l’hétérogénéité des carcinomes épidermoïdes pulmonaires de stade IV par le testing moléculaire : premiers enseignements de la base ESME

Longtemps considérés comme peu concernés par les altérations génomiques ciblables (AGA) du fait de leur forte charge mutationnelle, les carcinomes épidermoïdes (CE) pulmonaires métastatiques demeurent aujourd’hui encore en marge des stratégies de testing moléculaire systématique.

Cette étude observationnelle rétrospective s’appuie sur la base ESME (NCT03848052), regroupant les données de 39 centres français, et inclut des patients atteints de CBNPC métastatique traités après 2015. Parmi plus de 5800 patients présentant un carcinome épidermoïde pulmonaire métastatique, seuls 22,3% ont bénéficié d’un testing moléculaire, mettant en évidence un recours encore très limité à l’analyse génomique dans cette histologie.

Les patients testés se distinguaient par des caractéristiques cliniques spécifiques : plus fréquemment des femmes, plus souvent non‑fumeurs ou peu tabagiques, traduisant une sélection conforme aux recommandations actuelles. Parmi les patients testés, une AGA était identifiée dans 13,6 % des cas, confirmant que les CE ne sont pas dépourvus de drivers oncogéniques exploitables. Les AGA concernaient principalement les gènes EGFR, KRAS, MET, ALK, ROS1, BRAF, RET et HER2, avec des fréquences variables.

Le message clé de cette étude tient à un paradoxe préoccupant : alors qu’une AGA est identifiée, l’accès à la thérapie ciblée correspondante n’est pas systématique et ne concerne que 57,4 % des patients. Ce décalage révèle une perte de chance potentielle et illustre les freins persistants à l’intégration du testing moléculaire dans la stratégie thérapeutique des CE pulmonaires.

Sur le plan pronostique, les patients CE porteurs d’une AGA traités par thérapie ciblée présentaient une tendance à une meilleure survie globale comparativement aux patients testés sans AGA (18,5 vs 13,3 mois). Bien que ces résultats n’atteignent pas la significativité statistique, ils suggèrent un bénéfice clinique potentiel des thérapies ciblées dans une population soigneusement sélectionnée. En revanche, les survies observées sous thérapies ciblées chez les patients atteints de CE demeurent inférieures à celles rapportées dans les carcinomes non épidermoïdes mutés, même après appariement sur les principaux facteurs pronostiques, soulignant l’impact déterminant de l’histologie sur le pronostic.

Au total, ces données rapportées de la base ESME montrent que le testing moléculaire reste insuffisamment réalisé chez les patients atteints de carcinome épidermoïde pulmonaire métastatique, alors qu’une proportion non négligeable d’entre eux présente des AGA. Ces résultats suggèrent un bénéfice potentiel des thérapies ciblées chez les patients traités, bien que moindre que dans les formes non épidermoïdes. Ces données plaident pour une meilleure intégration du testing moléculaire, au‑delà des profils cliniques « classiques », et pour une réflexion plus large sur la place des thérapies ciblées dans les CE, afin de ne pas priver certains patients d’options thérapeutiques potentiellement efficaces.


D’après la session AD06 Cancérologie-Poster 118 – Testing moléculaire et apport des thérapies ciblées dans le carcinome épidermoïde pulmonaire métastatique : données de la base ESME.

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Infections des drains tunnélisés pleuraux à demeure dans les pleurésies néoplasiques :  quelle prévention en pratique courante ?

Cette étude monocentrique de grande ampleur menée au sein d’une unité de pneumologie interventionnelle experte, a analysé rétrospectivement près de 20 ans d’expérience (2006-2025) et 373 DTD posés pour pleurésie néoplasique. Elle apporte des éléments concrets et directement transposables à la pratique quotidienne, tant sur l’épidémiologie des infections que sur l’impact des mesures préventives. Le taux globale d’infection est de 10% incluant les pleurésies infectieuses et les infections du tunnel sous-cutané. Ces infections sont le plus souvent de gravité modérée : toutes ont été traitées par antibiothérapie, avec un retrait du drain nécessaire seulement dans deux cas. Les formes sèvres restent rares, avec deux épisodes de sepsis survenus chez des patients très altérés, en soins palliatifs exclusifs. Ces données confirment que, bien que non exceptionnelles, les infections de DTD sont le plus souvent contrôlables sans compromettre la stratégie de drainage. La transition vers une pose systématique en salle dédiée, associée à un renforcement des protocoles d’asepsie s’est traduite par une diminution significative du taux d’infection. En revanche, l’introduction plus récente d’une antibioprophylaxie systématique n’a pas permis de réduire les infections précoces, dont l’incidence reste faible. Ces résultats suggèrent que l’optimisation des conditions techniques et organisationnelles est plus déterminante que le recours aux antibiotiques, qui n’est pas justifié en routine. La présence de colonisations bactériennes du drain  est relativement fréquente mais leur valeur prédictive d’infection est faible ne justifiant pas une antibiothérapie systématique. En pratique, ce travail rassure sur la sécurité des DTD, souligne l’importance de la qualité de la pose et invite à une approche mesurée face aux colonisations et à l’antibioprophylaxie.


D’après la session Session Dimanche 1er février 10:00-11:30 | Espace affichage | PO24 Plèvre – Modérateurs MANGIAPAN Gilles, Créteil DUMETRE-LAROUMAGNE Sophie, Marseille – Auteurs T-T. Nguyen, H. Goussault, A. Boudjemaa, V. Bonnefoy, S. Demiri, Q. Gibiot, J. Lasvergnas, G. Rousseau Bussac, F. Viñas, B. Maitre, G. Mangiapan

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Les critères de Light sont-ils toujours d’actualité ?

La classification des pleurésies en exsudats et transsudats reste une étape clé de la démarche diagnostique. Les critères de Light, proposés il y a plus de 50 ans, demeurent la référence mais sont régulièrement critiqués pour leur manque de spécificité, notamment chez les patients insuffisants cardiaques ou polymorbides. A partir de la cohorte prospective ECHOPLEX, 250 patients explorés pour une pleurésie ont été analysés avec une relecture permettant de définir le mécanisme physiopathologique final. Près de 80% des pleurésies étaient exsudatives, 15% transsudatives et 7% mixtes, reflétant la complexité croissante des situations rencontrées en pratique. Les critères de Light conservent une excellente sensibilité pour le diagnostic d’exsudat, confirmant leur intérêt pour ne pas méconnaitre une atteinte pleurale. En revanche, leur spécificité reste limitée, exposant à un surclassement de transsudats. Lorsque les trois critères sont négatifs, la spécificité pour un transsudat est élevée, mais la sensibilité demeure imparfaite. L’élévation seule des protides n’apparaît pas suffisante pour classer de façon fiable une pleurésie, quels que soient les seuils utilisés. L’ajout du gradient d’albumine sang-plèvre n’améliore pas globalement les performances diagnostiques et peut conduire à reclasser à tort à des exsudats en transsudats. Son intérêt semble se limiter aux pleurésies liées à une insuffisance cardiaque pure, où il permet de corriger certains faux exsudats selon Light. En pratique, les critères de Light restent l’outil le plus sensible pour identifier un exsudant, mais doivent être interprétés à la lumière du contexte clinique et échographique. Ils ne de dispensent pas d’un raisonnement physiopathologique, en particulier chez les patients insuffisants cardiaques ou présentant des étiologies multiples.


D’après la session 1er février 10:00-11:30 | Espace affichage | PO24 Plèvre – Modérateurs MANGIAPAN Gilles, Créteil DUMETRE-LAROUMAGNE Sophie, Marseille – Auteurs J. Durin Touati Sandler, A. Boudjemaa, V. Bonnefoy, S. Suela Demiri, Q. Gibiot, V. GuiraudChaumeil, H. Goussault, J. Lasvergnas, N. Moutard, G. Rousseau Bussac, F. Viñas, B. Maitre, G. Mangiapan

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Biothérapies chez les patients asthmatiques sévères fumeurs : quelle preuve ?

AAujourd’hui, des analyses du registre européen SHARP (Severe Heterogeneous Asthma Research collaboration, Patient-centred ; https://europeanlung.org/sharp/) nous permettent d’y voir plus clair sur l’impact du tabac sur nos façons de prescrire les biothérapies chez les patients asthmatiques sévères et sur la réponse à celles-ci.

Une enquête sur les conduites tenues en présence d’un tabagisme a tout d’abord été menée auprès des médecins travaillant les centres des 16 pays européens inclus dans l’étude. Celle-ci révélait que 13 % d’entre eux refusaient de prescrire des biothérapies chez des fumeurs actifs, dans un contexte de manque de niveau de preuve, inhérent à l’exclusion de ces patients des études de phase 3 et du peu de données de vie réelle disponibles. Parallèlement, la moitié des répondants assuraient être insatisfaits des recommandations actuelles concernant la population de fumeurs qu’il n’est pas rare de rencontrer en pratique courante.

Il nous a ensuite été présenté des données de réponse thérapeutique aux biothérapies en vie réelle à 1 an. Les données issues de 3 689 patients ont été analysées, incluant 2 282 sujets non-fumeurs (NF), 505 ex-fumeurs de moins de 10 PA (ExF<10), 766 ex-fumeurs d’au moins 10 PA (ExF≥10) et 136 fumeurs actifs (F). Quel que soit le groupe, une amélioration importante des patients étaient observée, sans différence significative en fonction du statut tabagique, notamment concernant la proportion d’obtention du contrôle de l’asthme évalué sur un score ACT ≥ 20 et/ou un score ACQ ≤ 1,5 (NF + 219%, ExF<10 + 220%, ExF≥10 + 215% et F + 200%) et la réduction de la proportion de patients exacerbant plus de 2 fois par an (NF -69 %, ExF<10 -67 %, ExF≥10 -65 % et F – 61%). Les effets bénéfiques sur le VEMS exprimé en variation de % prédit ne différaient pas non plus en fonction du statut tabagique. De manière intéressante, l’AQLQ moyen semblait augmenter en % du total obtenu du score de façon plus importante pour les sujets fumeurs (+ 118%) que pour les autres groupes (de +18 à +23 %). Nous ne disposions pas néanmoins de la proportion de sujets dépassant la différence minimale cliniquement significative de l’AQLQ entre les groupes.

Ces résultats semblent indiquer que malgré des réticences à leur prescription, les effets des biothérapies demeurent intéressants chez les patients asthmatiques sévères ayant une intoxication tabagique active ou antérieure importante (≥ 10 PA). Des études complémentaires de confirmation de ces résultats mais aussi d’exploration de nouvelles pistes de réflexion, notamment sur le lien entre biothérapie/contrôle de l’asthme/obtention du sevrage tabagique, semblent plus que jamais nécessaires.


D’après la Session AD02 Asthme Communication : Efficacité des biologiques en fonction du statut tabagique chez les patients asthmatiques sévères : données du registre européen SHARP

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Cancer broncho pulmonaire et pneumopathie interstitielle diffuse : résultats d’une cohorte rétrospective française

L’association entre cancer broncho-pulmonaire (CBP) et pneumopathie interstitielle diffuse (PID) est rare et de mauvais pronostic. Elle pose des difficultés diagnostiques et thérapeutiques du fait de la fragilité respiratoire et du risque élevé de complications liées aux traitements. La bibliographie existante est issue principalement de cohortes asiatiques.

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique lyonnaise, ayant inclus 45 patients adultes suivis pour PID et ayant développé un CBP entre 2018 et 2023. Les données cliniques, histologiques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies. L’âge médian au diagnostic du CBP était de 69,7 ans [IQR 62,7–77,0]. La population était majoritairement masculine avec 34 hommes (75,5%) et le tabagisme était fréquent (84,4 % de fumeurs ou ex-fumeurs). Concernant la PID, 33 patients (73 %) présentaient une PID non associée à une connectivite et 12 patients (27 %) une PID associée à une connectivite. Le type histologique le plus fréquent retrouvé était des adénocarcinomes (≈ 35,5%) puis des carcinomes épidermoïdes (≈ 26,5 %). La majorité des patients étaient diagnostiqués à un stade avancé (III–IV : ≈ 55 %) et 33% des patients au stade I. 

Les investigations diagnostiques (endoscopie bronchique, ponction trans thoracique…) présentaient un taux de complication de 13,3 % (majoritairement des pneumothorax). La prise en charge thérapeutique pouvait aussi se compliquer : 43 % des patients avec la chirurgie (2 exacerbations de fibrose, 3 bullages prolongés et 1 pneumopathie), 25% avec la radiothérapie (1 exacerbations de fibrose, 1 pneumopathie radique et 1 hémoptysie) et 23% avec la chimiothérapie (toutes des exacerbations de PID). La majorité de ces complications ont nécessité une hospitalisation, dont 4 en réanimation.

La survie globale médiane était de 103,5 mois à partir du diagnostic de la PID et de 39,4 mois à partir du diagnostic du CBP. La survie globale après le diagnostic du CBP était de 32 mois [IC 95 % : 10,9–180]. Un score ILD-GAP ≥ 4 était significativement associé à une diminution de la survie (p = 0,03). Les carcinomes à petites cellules, observés exclusivement chez les patients avec PID de connectivite, étaient associés à une survie particulièrement défavorable, leur médiane de survie globale était de 9.3 mois.

En conclusion, l’association CBP-PID concerne une population majoritairement masculine, tabagique, souvent diagnostiqués à un stade avancé. La proportion d’adénocarcinome est moins importante que dans la population sans PID. La prise en charge diagnostique et thérapeutique est associée à un taux important de complications respiratoires. Une évaluation du pronostique au préalable (score ILD-GAP) et une prise en charge multidisciplinaire individualisée est indispensable.


D’après le poster 118 « description de la prise en charge diagnostique et thérapeutique d’une cohorte de patients atteints de cancers bronchopulmonaires et d’une pneumopathie interstitielle aigue », présentée par C. Bérard (Lyon) lors de la session affiche discussion AD06 du 01 février 2026.

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Étude IFCT‑ELDERLY 1805 : jusqu’où pousser l’immunothérapie chez les patients âgés ?

Le traitement de 1ère ligne du CBNPC avancé chez le sujet âgé reste un défi majeur, à l’interface entre efficacité oncologique, tolérance et fragilité. L’étude de phase III IFCT‑ELDERLY 1805 s’inscrit dans cette problématique en évaluant l’apport de l’immunothérapie à une chimiothérapie standard chez des patients âgés sélectionnés. Il s’agit d’un essai multicentrique randomisé incluant des patients atteints de CBNPC localement avancés ou métastatiques (≥ IIIB), âgés de 70 à 89 ans, PS 0–1, avec un MMS ≥ 24 et sans altération EGFR/ALK. Les patients étaient randomisés (2:1) entre carboplatine–paclitaxel seul ou associé à l’atézolizumab, avec une stratification notamment sur l’histologie, l’âge et l’expression de PD‑L1. Le critère de jugement principal était la survie globale (OS).

La population incluse reflète bien la “vraie vie” : âge médian autour de 77 ans, 30 % de patients âgés de 80 ans et plus, 90 % de stades IV et une large majorité de tumeurs non épidermoïdes. Le nombre médian de cycles de chimiothérapie était identique dans les deux bras (3,5 cycles).

Il n’y avait pas de différence statistiquement significative sur l’OS médiane, respectivement de 18,6 mois dans le bras expérimental et de 15 mois dans le bras contrôle. L’expression de PD‑L1 ressortait comme un facteur pronostique mais non prédictif du bénéfice de l’immunothérapie. L’analyse en sous‑groupes suggère par ailleurs un effet défavorable de l’immunothérapie chez les patients les plus âgés, en particulier après 85 ans. L’absence de gain en OS doit s’interpréter à la lumière des traitements ultérieurs : 58 % des patients du bras contrôle ont reçu une immunothérapie en seconde ligne, seule ou associée à une chimiothérapie.

En revanche, l’étude est positive sur l’ensemble des critères de jugement secondaires : survie sans progression (PFS) significativement améliorée (7,4 vs 5,5 mois ; HR 0,55), de même que le taux et la durée de réponse, tous en faveur du bras atézolizumab. L’analyse post‑hoc de survie relative montre par ailleurs une séparation tardive des courbes, significative à 24 mois pour la PFS, suggérant un bénéfice différé chez certains patients sélectionnés.

Le profil de tolérance souligne néanmoins la complexité de l’approche chez le sujet âgé. Les événements indésirables (EI), y compris de grade ≥ 3 et les événements indésirables graves, étaient significativement plus fréquents dans le bras expérimental avec 5 décès toxiques rapportés, dont 3 imputables à l’immunothérapie. Les EI immunomédiés étaient habituels mais avec des conséquences potentiellement plus sévères dans cette population fragile. La fragilité, évaluée par l’IADL, était globalement préservée dans les deux bras et n’était pas associée à la survenue de toxicités sévères. Ce résultat souligne les limites des outils gériatriques actuels pour prédire la tolérance à l’immunothérapie et la nécessité d’approches plus fines.

Cette étude ne démontre donc pas de bénéfice en OS de l’ajout de l’atézolizumab à la chimiothérapie chez les patients âgés atteints de CBNPC avancé, mais met en évidence un gain clair et cohérent sur la PFS, le taux et la durée de réponse. L’importance du recours à l’immunothérapie en 2nde ligne dans le bras contrôle, le signal de toxicité non négligeable et l’hétérogénéité de la population âgée appellent à une interprétation nuancée. Plus que jamais, une analyse approfondie des biomarqueurs et des déterminants de la fragilité apparaît indispensable pour identifier les patients âgés susceptibles de tirer un réel bénéfice de cette stratégie.


D’après la session CO‑04 – Cancérologie thoracique, Présentation 23 Pr C. MASCAUX

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Données sur les infections respiratoires pendant la grossesse

La grossesse modifie la fonction respiratoire et la réponse immunitaire, exposant les patientes à des pneumonies plus graves. Les infections virales, comme la grippe, le SARS-CoV-2, la varicelle ou le VRS, mais aussi les infections bactériennes, à streptocoque du groupe A, peuvent évoluer rapidement vers une forme sévère. Les séquelles incluent un risque de prématurité, une hypoxémie fœtale et un retard de croissance intra-utérine. Les infections respiratoires constituent une cause importante de morbi-mortalité maternelle, avec des taux de létalité variant selon la gravité et l’agent en cause. Des travaux récents mettent en avant le rôle de l’activation immunitaire maternelle et des mécanismes épigénétiques dans les séquelles fœtales à long terme, notamment neurodéveloppementales.

La prévention des infections respiratoires pendant la grossesse repose principalement sur la vaccination. La vaccination antigrippale inactivée, réalisable à tout terme, diminue les formes sévères et protège le nouveau-né par immunité passive. La vaccination contre la COVID-19, avec un rappel si indiqué, réduit les complications maternelles et périnatales. La vaccination contre la coqueluche permet la prévention chez le nourrisson. Une avancée récente majeure est l’introduction de la vaccination maternelle contre le VRS, visant à prévenir les infections respiratoires sévères du nouveau -né, complétée si besoin par les anticorps monoclonaux à longue durée d’action chez les nouveau-nés à risque.

La prise en charge des pneumonies privilégie des antibiotiques à profil materno-fœtal sûr, avec les β-lactamines en première intention et les macrolides en alternative. Les fluoroquinolones sont réservées aux formes sévères. Un traitement précoce, une surveillance étroite et une approche multidisciplinaire sont essentiels en cas de gravité.


D’après la session samedi 31 janvier, 11:30-13:00 | Salle 3.1 et 3.2 | Modérateurs BLANCHARD Elodie, Bordeaux LAGRANGE Aurore, Pontoise pour le GT GREPI
Auteurs : NIZARD Jacky, Paris, GOSSET-WOIMANT Marine, Pontoise, ANDREJAK Claire, Amiens

Références :

1. Viral Pulmonary Infection in Pregnancy – Including COVID-19, SARS, Influenza A, and Varicella. Best Practice & Research. Clinical Obstetrics & Gynaecology. 2022. Maudhoo A, Khalil A.
2. Maternal-Fetal Impact of Respiratory Viral Infections: Immune Mechanisms and Clinical Outcomes. Immunological Reviews. 2025. Parish MA, Klein SL.New
3. Role of Hormones in the Pregnancy and Sex-Specific Outcomes to Infections With Respiratory Viruses. Immunological Reviews. 2022. Cervantes O, Cruz Talavera I, Every E, et al.
4. Pregnancy and Infection. The New England Journal of Medicine. 2014. Kourtis AP, Read JS, Jamieson DJ.

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Ne pas négliger une PCR prolongée à SARS-CoV-2 en contexte d’hémopathie lymphoïde !

Les patients atteints d’hémopathies lymphoïdes présentent un risque élevé de formes prolongées et sévères d’infection à SARS-CoV-2, en lien avec une immunodépression profonde, fréquemment aggravée par les traitements déplétifs anti-CD20 et une réponse vaccinale souvent incomplète. Le poster de l’équipe du CHU de Caen rapporte 23 cas d’infections chronique à SARS-CoV-2, définie par la persistance d’une PCR positivie au-delà de 15 jours associée à une aggravation clinique respiratoire. La majorité des patients étaient porteurs d’une hémopathie lymphoïde sous traitement anti-CD20. Les manifestations cliniques et scanographiques étaient comparables à celles observées dans la population générale, mais avec une sévérité marquée : 80% des patients ont nécessité une hospitalisation et 75% une oxygénothérapie. Les traitements antiviraux standards se sont révélés peu efficaces, tandis que l’administration de plasma de convalescents a permis une amélioration clinique et radiologique avec négativation virologique chez l’ensemble des patients, sans décès à trois mois. Ce travail souligne l’intérêt de rechercher une réplication virale pulmonaire persistante, y compris en cas de PCR nasopharyngée négative. En pratique, chez les patients avec hémopathie lymphoïde, toute persistance ou aggravation des symptômes respiratoires doit faire évoquer une infection chronique à SARS-CoV-2 et conduire à une prise en charge spécialisée précoce.


D’après la session samedi 31 janvier, 11:30-13:00 | Salle 3.1 et 3.2 |Modérateurs KERJOUAN Mallorie, Rennes SCHLEMMER Frédéric, Créteil Auteurs : D. Kadibanga, S. Chantepie, K. Campbell, L. Seyer, M. Le Gouil, E. Bergot, F. Rivière

Références :

1-Post-Pandemic Recommendations for the Management of COVID-19 in Patients With Haematological Malignancies or Undergoing Cellular Therapy, From the European Conference on Infections in Leukaemia (ECIL-10). Leukemia. 2025. Cesaro S, Ljungman P, Mikulska M, et al.
2- Protracted SARS-CoV-2 Infection in B-Cell Depleted Patients: Immunologic Andiral Characteristics and Response to Dual and Extended Antiviral Therapy. Clinical Infectious Diseases : An Official Publication of the Infectious Diseases Society of America. 2025. Little JS, Edelstein GE, Swank Z, et al.
3- Virological Aspects of COVID-19 in Patients With Hematological Malignancies: Duration of Viral Shedding and Genetic Analysis.Viruses. 2024. Themlaoui A, Ancora M, Ghedira K, et al.

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