À partir des recommandations du GAVO₂ et de situations cliniques, cet atelier a rappelé les fondamentaux de la ventilation en pratique. Il a surtout mis en lumière le rôle clé des infirmiers et IPA dans l’initiation, l’éducation thérapeutique et le suivi des patients, de la PPC à la VNI, jusqu’à l’oxygénothérapie à haut débit.
Ventilation non invasive et ventilation par pression positive continue
Pour la PPC, l’évaluation repose sur l’interrogatoire du sommeil, idéalement complété par un agenda du sommeil, et l’analyse des données de télésurveillance (fuites, IAH résiduel < 5/h). La recherche d’effets indésirables et l’adaptation de l’interface, en co-décision avec le patient, sont essentielles. Toute modification doit être suivie d’une réévaluation clinique et technique.
Pour la VNI, la prescription médicale doit être complète (appareil, mode, paramètres, masque, oxygène, alarmes). À l’initiation, le rôle infirmier est majeur : présence auprès du patient, surveillance des fuites, des alarmes, de la synchronisation patient-machine et accompagnement éducatif. L’efficacité repose sur un équilibre entre amélioration clinique, tolérance et qualité de vie (IAH résiduel < 10/h). Une check-list GAVO₂ peut guider l’éducation thérapeutique. Les difficultés d’adhésion (exemple : troubles cognitifs) peuvent conduire à des situations d’échec, parfois associées à des enjeux éthiques.
L’oxygénothérapie à haut débit ne dispose pas encore d’indication formelle à domicile, hors soins palliatifs, mais fait l’objet d’études dans la BPCO. La prescription doit être précise et le suivi centré sur l’observance, la tolérance et l’autonomie du patient.
En ventilation, l’éducation thérapeutique et le repérage précoce des freins à l’observance constituent un levier majeur du soin infirmier.
Repères pratiques :
Technique
Surveillance principale
PPC
Fuites, IAH, tolérance
VNI
Fuites, synchronisation, symptômes
OHD
FR, SpO2, tolérance
Pierre-Yves Blanchard, infirmier en pratique avancée, service de pneumologie et oncologie thoracique, hôpital Tenon
D’après l’atelier : AT07 ; VNI-PPC, 02 à haut débit
L’imprégnation hormonale au cours de la vie d’une femme semble avoir un effet complexe sur l’asthme et sur la fonction respiratoire. Quelles données la cohorte CONSTANCES apporte-t-elle ?
Aujourd’hui, nous avons eu l’occasion d’en apprendre plus sur les relations entre l’imprégnation hormonale au cours de la vie chez les femmes et l’asthme. Les auteurs se sont basés sur les données de CONSTANCES (https://www.constances.fr/), cohorte épidémiologique française de grande envergure (220 000 sujets) menée de 2012 à 2021. L’objectif principal était d’étudier les associations entre l’exposition hormonale d’une part et la fonction respiratoire et l’asthme d’autre part. L’exposition hormonale était explorée par le biais de l’exposition endogène (ménarche-ménopause) mais aussi exogène (utilisation de la pilule contraceptive et traitement hormonal de la ménopause).
Les données d’un total de 61 921 femmes d’une moyenne d’âge de 46 +/- 12,9 ans ont été analysées. La prévalence de l’asthme, définie ici par auto-déclaration ou survenue d’une crise d’asthme/symptômes asthmatiques ou par la prise d’un traitement inhalé, était de 10,3 %, plus élevée que la prévalence retrouvée dans la même cohorte sur la période 2013-2014 1.
De manière intéressante, certaines expositions plus importantes aux œstrogènes, représentées ici par une ménarche précoce ou l’utilisation actuelle d’une pilule œstroprogestative étaient associées à un risque plus important d’asthme selon la définition choisie par les auteurs. Paradoxalement, le statut ménopausique (ménopausée ou non) et l’âge de survenue de la ménopause n’était pas associée significativement à la présence d’un asthme suggérant des mécanismes allant au-delà de la simple durée de la vie reproductive (âge ménarche-âge ménopause). Ceci était aussi valable pour les symptômes d’asthme (somme sur 5, questions posées non précisées) qui étaient d’autant plus présents que la ménarche était tardive (> 14 ans) mais moins présents en présence d’une vie reproductive de durée longue (> 39 ans).
Sur le plan fonctionnel respiratoire, des données ont été présentées sur le lien entre les imprégnations hormonales et les variables spirométriques (VEMS/CVF et CVF) exprimées en z-score (GLI-2012 2) sur la cohorte entière. De manière intéressante, une exposition œstrogénique prolongée (âge précoce de la ménarche, prise de pilule, parité élevée) était associée à une augmentation du z-score de la CVF et une diminution de celui du rapport VEMS/CVF. Ces données sont néanmoins d’interprétation délicate car les z-scores impliquent une confrontation à une population saine de référence, pour laquelle les imprégnations hormonales ne sont pas contrôlées. Des analyses complémentaires sont en cours sur leurs impacts sur l’identification de profils spirométriques anormaux, en particulier l’obstruction, et l’estimation de la sévérité du VEMS et de la CVF.
Bien que l’étude présente des biais inhérents à la méthodologie de la cohorte (identification de l’asthme, quantification des symptômes par un score non consensuel) et des limites quant à l’évaluation de l’imprégnation hormonale (critères indirects), elle soulève néanmoins de nouvelles questions sur les spécificités de la présentation de l’asthme chez les femmes au cours de la vie. Des données longitudinales au cours des différentes étapes de la vie hormonale des sujets féminins aideront probablement à affiner notre vision de ce sujet.
Rappelons, comme cela l’a été tout au long des sessions de cette édition 2026, que les spécificités féminines de la présentation des maladies respiratoires dépassent probablement les seules considérations hormonales et que d’autres dimensions, sociales, professionnelles, environnementales seront tout aussi importantes à explorer.
Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes
D’après la Session AD02 Asthme Communication n°72 : Expositions hormonales au cours de la vie, asthme actuel et fonction respiratoire des femmes : données de la cohorte CONSTANCES Présentée par Oufella A.
La session A24 a mis en lumière l’ambition du programme IMPULSION : structurer un dépistage organisé du cancer du poumon chez des patients à risque, indissociable d’une stratégie de prévention primaire centrée sur le sevrage tabagique
Le cancer du poumon (CP) demeure une urgence majeure de santé publique. Responsable d’1 décès sur 20 en France, c’est la 2nde cause de mortalité toutes causes confondues. Chaque jour, près de 145 nouveaux cas sont diagnostiqués — l’équivalent d’un Airbus A320 — et 83 décès surviennent, soit une rame entière de TER. Face à ce fardeau, la session A24 a mis en lumière l’ambition du programme IMPULSION : structurer un dépistage organisé du CP chez des patients à risque, indissociable d’une stratégie de prévention prim aire centrée sur le sevrage tabagique.
Après un rappel explicite sur le programme IMPULSION par le Pr COURAUD, le Pr URBAN a rappelé que, malgré une amélioration lente, 24 % des sujets majeurs fument de manière quotidienne. La consommation des 50–74 ans, cœur de la population cible du dépistage, reste élevée, en particulier avant 60 ans. Le tabac demeure le principal déterminant de mortalité par CP, mais aussi BPCO, maladies cardiovasculaires et autres cancers, pour un coût social de 156 milliards d’euros en 2019.
Si le sevrage tabagique améliore l’espérance de vie à tout âge, son impact sur la mortalité par CP est lent : la mortalité évitée est faible avant 10 ans de sevrage, atteint 50 à 65 % après 10 à 20 ans, et jusqu’à 80 % au-delà. Ces données soulignent les limites d’une stratégie reposant exclusivement sur la prévention secondaire et justifient pleinement l’association du sevrage au dépistage.
Le dépistage par scanner low dose apparaît ainsi comme un déclencheur puissant du sevrage tabagique. Les participants au dépistage sont plus motivés pour arrêter de fumer, avec davantage de tentatives d’arrêt, en particulier en cas de mise en évidence d’une anomalie scanographique (vrais et faux positifs). En outre, la réduction de mortalité liée au dépistage est significativement plus importante chez les patients sevrés, suggérant un effet synergique entre dépistage et sevrage.
C’est le cœur du programme IMPULSION : proposer systématiquement une aide au sevrage tabagique, dès l’inclusion et idéalement en amont du scanner. Les objectifs sont clairs : augmenter l’acceptation de l’aide, améliorer les taux d’abstinence, réduire les rechutes et tester différentes intensités d’intervention. Une aide proposée de façon structurée est en effet acceptée par 80 % des participants, avec environ 15 % d’arrêts confirmés à 1 an, et jusqu’à 30 % à 6 mois pour les stratégies les plus intensives. Le programme repose sur une mobilisation des ressources de proximité : IDE formés, IDE tabacologues territoriaux IPA, médecins de soins primaires ou secondaires, voire UCT.
Le Pr GOUNANT a ensuite rappelé que le dépistage ne se limite pas au cancer et que les principales causes de mortalité — maladies cardiovasculaires, cancers et BPCO — sont souvent asymptomatiques et fréquemment détectées sous forme de lésions incidentes. Ces lésions sont fréquentes au TDM de dépistage : emphysème (43 %), anomalies interstitielles pulmonaires (ILA, 20 %), calcifications coronariennes (CC, 12 %), masses rénales ou anomalies osseuses. L’emphysème et les ILA sont associés à une surmortalité globale et par CP, justifiant une prise en charge structurée. Dans IMPULSION, leur détection conduit à des parcours dédiés (spirométrie, avis pneumologique, imagerie ciblée). Les CC permettent une stratification du risque cardiovasculaire, orientant la prise en charge vers le médecin traitant ou le cardiologue. La détection d’ostéoporose rappelle enfin le rôle central du radiologue dans l’identification et la hiérarchisation des anomalies cliniquement pertinentes.
Avec IMPULSION, le dépistage du CP devient un véritable outil de prévention globale, associant détection précoce, sevrage tabagique et prise en charge des lésions incidentes. Au-delà du nodule, c’est une vision intégrée du patient à risque qui se dessine, à l’interface de la pneumologie, de la radiologie et des soins de premier recours. Un changement d’échelle indispensable pour espérer infléchir durablement la mortalité liée au tabac.
La session maladies vasculaires et transplantation pulmonaire a été l’occasion de présenter trois travaux récents sur l’impact de la survenue d’une MAT post transplantation, l’exposition préalable aux immunosuppresseurs, et la qualité de vie sexuelle après la transplantation pulmonaire.
Les résultats d’une étude multicentrique évaluant l’impact de la survenue d’une microangiopathie thrombotique (MAT) après transplantation ont été présentés par Pierre Gazengel (CCML).
4565 patients, suivis dans 8 centres de transplantation pulmonaire ont été inclus. Parmis eux, 82 (1,8%) avaient présenté une MAT dans un délai médian de 19 mois post transplantation.
Un surdosage en inhibiteurs d’anticalcineurines était retrouvé dans 48% des cas de MAT, l’association d’inhibiteur de mTOR au traitement anticalcineurines dans 23%, et une infection dans 9% des cas. Chez 9 patients, un relais du traitement immunosuppresseur par Belatacept a été initié. L’initiation de Belatcept était associé à une meilleure fonction rénale, mais a une fréquence plus élevée d’infections respiratoires (pneumopathie bactérienne et aspergillose pulmonaire invasive)
Cette présentation souligne également l’absence de recommandation de prise en charge standardisée en cas de survenue d’une MAT, notamment sur le choix de la reprise ou non d’un inhibiteur d’anticalcineurines.
Qualité de vie sexuelle chez les patients avant et après transplantation pulmonaire
Gaelle Weisenburger a présenté un travail mené avec Mme Alice Savary, psychologue, au sein de l’hôpital Bichat. L’impact de l’insuffisance respiratoire sur la dysfonction sexuelle est bien décrite, ainsi que l’impact de la transplantation d’organes solides, mais encore non décrite en transplantation pulmonaire. L’objectif de ce travail était de décrire la qualité de vie globale et la qualité de vie sexuelle chez les patients avant et après transplantation pulmonaire. Les patients inclus étaient soit les patients évalués en pré transplantation pulmonaire, soit les patients transplantés pulmonaires au-delà de 6 mois post transplantation et après un retour à domicile supérieur à 3 mois. La qualité de vie globale et la qualité de vie sexuelle étaient évalués par plusieurs questionnaires, certains spécifiques au genre.
209 patients ont répondu à tous les questionnaires et ont été analysés. 28,6% des patients répondaient non à la question « êtes-vous satisfaits de votre sexualité ».
Après transplantation, il était constaté une amélioration de la qualité de vie globale, mais l’absence d’amélioration sur les questionnaires spécifiques de l’anxiété et de la qualité de vie sexuelle. L’altération de la qualité de vie sexuelle était associée à l’âge et au sexe féminin ; il n’y avait pas d’association avec le délai post transplantation, ni avec la fonction respiratoire évaluée par le VEMS.
Le sujet reste peu abordé avec le personnel soignant, ce qui pourrait souligner l’intérêt d’un atelier d’ETP dédié au sujet.
Impact de l’exposition aux immunosuppresseurs pré transplantation sur le pronostic après transplantation chez les patients suivis pour PID.
Karim Tazibet a présenté ce travail rétrospectif.
Les PID sont la première indication de transplantation mais sont associées à la moins bonne survie à 5 ans. La corticothérapie haute dose est un facteur connu de mauvais pronostic, qui reste contre indiqué dans certains centres si supérieure à 20mg/jour. 209 patients ayant été exposés à au moins un immunosuppresseur biologique ou non ont été inclus. Les patients exposés étaient plus jeunes (56 vs 58 ans), et plus souvent atteints de connectivite.
L’exposition aux immunosuppresseurs pré greffe était associée à une diminution de la survie à 12 mois (HR 2,21, 1,30 – 1,76, p=0.003). En post opératoire précoce, il existait également une augmentation des transfusions, et à une surreprésentation de la dysfonction primitive de greffon (OR 3,20) et des complications bronchiques notamment des fistules bronchovasculaires (OR 9,43). Les complications infectieuses étaient également supérieures dans le groupe exposé avec notamment plus de pneumonies et plus de réactivations CMV sous prophylaxie (20% vs 5%). Il n’était pas retrouvé d’association avec la survenue d’un rejet humoral, d’un rejet aigu cellulaire ou d’une dysfonction chronique de greffon.
La mortalité à 1 an était supérieure dans le groupe exposé aux immunosuppresseurs.
Ce travail soulève un impact potentiel sur les pratiques, sur la stratégie d’intensification pré-inscription ou sur une dose seuil de corticothérapie chez les patients inscrits.
Adèle Sandot, hôpital Bichat Claude Bernard, service de pneumologie, Paris.
D’après la session « Maladies vasculaires et transplantation pulmonaire »
Gazengel P, Bunel V, El-Husseini K, Zaidan M, Lefevre E, Kessler R, Demant X, Falque L, Eschapasse E, Villeneuve T, Dauriat G, Pradère P, Mercier O, Fadel E, Picard C, Le Pavec J. Thrombotic Microangiopathy After Lung Transplantation: A Retrospective Observational Multicenter Cohort Study. JHLT Open. 2025 Jul 8;9:100335. doi: 10.1016/j.jhlto.2025.100335. PMID: 40735634; PMCID: PMC12305175.
Cette session a exploré les interactions entre grossesse et fonction respiratoire, de la physiologie normale aux situations complexes. Elle a abordé l’impact de la grossesse sur la ventilation, les enjeux du contrôle de l’asthme chez la femme enceinte et les conditions nécessaires à un projet de grossesse après transplantation pulmonaire.
Grossesse et respiration
Impact physiologique de la grossesse
Cette intervention portait sur la grossesse simple, non pathologique. La grossesse entraîne des modifications morphologiques thoraciques (élargissement de la cage thoracique, raccourcissement du thorax) sans modification du volume thoracique global. Sur le plan fonctionnel, on observe principalement une diminution de la capacité résiduelle fonctionnelle, sans altération de la compliance pulmonaire, ni du VEMS ou de la CVF. Les échanges gazeux et la force des muscles respiratoires restent globalement préservés.
Sur le plan ventilatoire, la grossesse s’accompagne d’une augmentation de la ventilation minute et du volume courant, d’une participation diaphragmatique accrue et d’une activation de la musculature expiratoire. Il existe une hyperventilation alvéolaire physiologique responsable d’une hypocapnie persistante, associée à une augmentation de la commande centrale ventilatoire.
Impact de l’asthme sur la grossesse
L’asthme est la pathologie respiratoire la plus fréquente pendant la grossesse. Son évolution est variable : 1/3 des patientes s’aggravent, 1/3 restent stables et 1/3 s’améliorent. La gravité de l’asthme avant la grossesse est un facteur prédictif d’aggravation, associée à davantage d’exacerbations, d’inobservance et d’asthmes difficiles.
Les exacerbations exposent à des complications materno-fœtales (prééclampsie, prématurité, retard de croissance intra-utérin). Elles doivent être traitées sans retard ni sous-dosage. Pourtant, les données montrent une moindre prescription de corticoïdes oraux chez les femmes enceintes à gravité égale lors d’un passage aux urgences, augmentant le risque d’hospitalisation. Un asthme mal contrôlé pourrait également avoir un impact sur la santé respiratoire future de l’enfant. Enfin, il y a un risque accru d’exacerbation lors de l’accouchement.
Grossesse post-transplantation pulmonaire
La grossesse après transplantation pulmonaire est possible mais reste à haut risque. La fertilité est souvent restaurée dans les mois suivant la greffe, alors que plus de la moitié des grossesses ne sont pas planifiées. Une préparation rigoureuse est indispensable : stabilité clinique prolongée, absence de rejet récent, fonction respiratoire satisfaisante et adaptation préalable des traitements immunosuppresseurs.
Les risques concernent la mère (infections, rejet aigu, diabète gestationnel, HTA) et le fœtus (prématurité, retard de croissance, tératogénicité). L’allaitement est contre-indiqué. Les retours d’expérience soulignent un besoin accru d’information, de soutien psychologique et de coordination entre équipes de transplantation et obstétricales. En France, près d’un tiers des grossesses post-transplantation n’aboutissent pas, probablement par défaut d’anticipation. La grossesse doit donc être pensée, préparée et accompagnée dans le cadre d’un parcours éducatif structuré.
Pierre-Yves Blanchard, infirmier en pratique avancée, service de pneumologie et oncologie thoracique, hôpital Tenon
D’après la session : A22 ; Grossesse et respiration impact de la grossesse sur la physiologie respiratoirePLANTIER Laurent, Tours Impact de l’asthme sur la grossesseBOULOUSSA Samia, ToulouseGrossesse post-transplantation : suivi et prise en chargeCETTOUR-ROSE Carole, Le Plessis-Robinson
L’interprétation des EFR chez le sujets transgenre expose à plusieurs difficultés, au premier rang desquelles le choix des normes à utiliser entre sexe assigné à l’identité la naissance ou correspondant à l’identité de genre. On vous explique tout !
Genre et transidentité
Le sexe biologique est un ensemble de facteurs déterminant si un individu est considéré biologiquement mâle, femelle ou intersexe (les chromosomes sexuels et les gènes qu’ils portent, les hormones sexuelles sécrétées et la présence de récepteurs fonctionnels à ces hormones, la présence d’organes génitaux internes et/ou externes et de caractères sexuels secondaires). Le genre, quant à lui, est une construction sociale, il fait référence à si l’individu s’identifie en tant qu’homme, femme, ou individu non binaire ; mais aussi dans une certaine mesure à comment l’individu est perçu par son entourage et comment il va être socialisé. On va parler d’une personne cisgenre quand le genre et le sexe sont alignés ou globalement alignés, et de personnes transgenres quand ce n’est pas le cas et qu’il y a une incongruence entre le genre et le sexe biologique assigné à la naissance. Si cette transidentité est accompagnée d’un inconfort ou d’une détresse, ce qui n’est pas systématique, il s’agit d’une dysphorie de genre 1, 2, 3.
Selon les chiffres du ministère des Solidarités et de la Santé en 2022, la transidentité concernerait entre 20000 et 60000 personnes en France. Les collectifs de personnes transgenres ou non binaires estiment que ces chiffres sont supérieurs. Il est donc important que la communauté médicale soit formée à recevoir les personnes transgenres pour répondre à leurs besoins. Concernant la santé respiratoire par exemple, la prévalence d’asthme et de BPCO sont augmentées dans cette population, une partie de l’explication résidant dans une consommation tabagique qui y est deux fois plus fréquente que dans la population générale. Il n’est donc pas rare que les personnes transgenres aient recours aux EFR dans leur parcours de soin.
Impact du choix des normes et autres facteurs influençant l’interprétation des EFR
L’interprétation des EFR chez le sujet transgenre peut s’avérer complexe, en premier lieu quant au choix des normes à utiliser. Un avis technique ATS/ERS sur la standardisation de la spirométrie datant de 2019 statue que le sexe assigné à la naissance doit être choisi car il est le principal déterminant des volumes pulmonaires 4. Toutefois cette recommandation n’est probablement pas satisfaisante dans tous les cas, et dans les faits ne semble pas correspondre aux pratiques. Une étude rétrospective étatsunienne sur base de données publiée l’année précédente ayant inclus 160 patient·es transgenres avec trouble ventilatoire obstructif (TVO), 80 femmes et 80 hommes, avait effectivement montré que l’utilisation du sexe assigné à la naissance permettait d’obtenir un Z-score moyen de la CVF proche de zéro, alors que l’utilisation des normes correspondant à l’identité de genre risquait de surestimer les résultats exprimés en % de la théorique chez les femmes transgenres, et des les sous-estimer chez les hommes transgenres, modifiant l’interprétation finale dans 45 % à 70 % des cas 5.
Mais dans ce travail, la prise éventuelle traitement hormonal n’avait pas été renseignée, alors que selon sa nature et l’âge de début, il pourrait potentiellement modifier les résultats des EFR. Par exemple, une étude transversale étatsunienne très récente ayant comparé 24 hommes transgenres sous testostérone à 24 hommes transgenres sans traitement, avait montré que la PEmax était significativement meilleure dans le premier groupe 6. En pratique, une autre étude rétrospective sur base de données réalisée sur un plus petit nombre de sujets (n = 17) avait montré que les normes « sexe féminin » avaient été utilisées chez 3/5 (60 %) des hommes transgenres (cas de figure correspondant à l’avis technique ATS/ERS de 2019) mais également chez 6/8 (75 %) des femmes transgenres (normes correspondant à l’identité de genre) et chez les 2 individus non binaires 7.
D’autres informations sont utiles à colliger, notamment la pratique du bandage (chest binding) chez des hommes transgenres désirant masquer leur poitrine, responsable d’une gêne respiratoire et de douleurs dorsales chez la plupart des utilisateurs, et d’une diminution des volumes respiratoires au moins lors du port du bandage (d’éventuels effets persistants sont controversés) 8, 9 , 10.
Proposition d’algorithme
L’équipe de Morgantown (West Virginia, USA) a ainsi proposé un algorithme afin d’aider au choix des normes les plus adaptées chez le sujet transgenre. Dans le cas d’un historique de traitement bloquant la puberté et d’un traitement hormonal d’affirmation de genre ayant débuté pendant la puberté, et contrairement à l’avis technique ATS/ERS de 2019, il est conseillé d’utiliser les normes correspondant à l’identité genre. Dans ce cas, un résultat supérieur à la limite supérieure de la normale chez une femme transgenre peut indiquer que les normes « sexe masculin » (sexe assigné à la naissance) aurait été plus adapté. La même remarque peut parfois s’appliquer à un résultat inférieur à la limite inférieure de la normale chez un homme transgenre, mais à mettre en balance avec une authentique altération de la fonction pulmonaire. Si les deux conditions précédemment citées ne sont pas remplies, alors le sexe assigné à la naissance doit être privilégié, tout en gardant à l’esprit qu’il existe un certain degré d’incertitude et que les résultats des EFR doivent être replacés dans le contexte (tableau clinique, indication) et comparé à d’éventuels résultats antérieurs s’ils sont disponibles 11.
Thomas Gille, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny
D’après la session plénière du vendredi 30 janvier 2026 A01 « Tout comprendre (enfin) sur sexe et genre » ; Présentation « Un peu de physiologie : nos poumons sont-ils genrés ? » (Thomas Gille, Bobigny)
La Pr Yurdagül Uzunhan est revenue en détail sur les formes à craindre des PID des myosites lors d’une session dédiée aux PID de présentation sévère engageant rapidement le pronostic vital. Quand les évoquer ? Quels sont les facteurs pronostiques ? Quels sont les préceptes de la prise en charge ?
Quand les évoquer ?
Les myopathies inflammatoires idiopathiques (MII) sont des maladies rares dont le pic d’incidence survient vers 50 ans. Les atteintes pulmonaires et cardiaques peuvent être inaugurales et menacent le pronostic vital, tout comme les atteintes du carrefour oropharyngé. L’atteinte musculaire étant inconstante, le pneumologue doit être particulièrement attentif aux atteintes cutanées qui peuvent orienter le diagnostic : papules de Gottron, ulcérations digitales, érythème lilacé des paupières, signe de la manucure, mains de mécanicien ou syndrome de Raynaud. L’atteinte pulmonaire correspond à une pneumopathie interstitielle diffuse dont le pattern évocateur estcelui d’une pneumopathie interstitielle non spécifique (PINS) associée à une pneumopathie organisée (PO). La recherche d’auto-immunité peut confirmer le diagnostic, bien qu’il existe des formes séronégatives. Entre 20 et 30% des PID de MII vont adopter une présentation rapidement progressive. Bien qu’il n’existe pas de définition validée, le début est généralement subaigu avec une détérioration respiratoire dans les 3 mois suivant le début des symptômes. Le pneumomédiastin peut être la traduction radiologique de ces formes rapidement progressives.
Quels sont les facteurs pronostiques d’une PID de MII ?
L’âge de plus de 50 ans au diagnostic, la forme amyopathique, la présentation rapidement progressive, le sérotype anti MDA-5, anti-PL7 ou PL12, l’association à des anti-RO52, l’élévation de certains marqueurs sériques (CRP > 1 mg/L, LDH > 300 UI/L, ferritinémie > 1000-1500 µg/l) sont des facteurs de mauvais pronostic à rechercher. Au cours de la MII anti-MDA5, le score pronostique MDA-FI associant sexe masculin, intensité de la dyspnée, âge, présence d’une fièvre et CRP ≥ 10 mg/L est en cours de validation. Le pronostic reste très sombre pour les formes anti-MDA5 rapidement progressive avec 80% de décès à 3 mois.
Quelle prise en charge proposer ?
La prise en charge doit être discutée de façon multidisciplinaire, si possible au cours des RCP d’urgence PID Aiguës des Connectivites (PIDAC). Elle sera adaptée au risque de PID rapidement progressive et à la sévérité clinique. Le traitement médicamenteux repose sur la combinaison de corticostéroïdes et de traitements immunosuppresseurs dont les options sont le tofacitinib (anti JAK), les inhibiteurs de calcineurine, le mycophénolate mofétil. Les échanges plasmatiques n’ont jusqu’à présent pas démontré leur efficacité. La pneumocystose doit être traitée jusqu’à preuve du contraire. Enfin, la transplantation pulmonaire doit être envisagée précocement.
Raphaël Hindré, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris, Université Paris Cité
D’après la présentation A15 Les PID de présentation sévère pour lesquelles il faut agir vite et fort
Quel poids des hospitalisations liées aux infections respiratoires basses d’origine virale (IRBv) en France ?
Lors de la session du samedi consacrée aux infections respiratoire, l’étude VINCA a apporté un éclairage actualisé sur le poids des hospitalisation liées aux infections respiratoires basses d’origine virale (IRBv) en France. Jusqu’à présent, les données disponibles étaient principalement issues d’études centrées sur un virus spécifique tel que la grippe, le virus respiratoire syncytial (VRS) et plus récemment le SARS-Co-2. VINCA propose offre une vision globale et comparative de ces infections à l’ère post-pandémique.
A partir de la base PMSI, l’étude à analysé deux années épidémiques (septembre 2022 – août 2024). Sur plus de 930 000 hospitalisations pour infections respiratoires basses, 38% étaient d’origine virale, dominées par le SARS-CoV-2, le VRS et le virus de la grippe. L’âge médian des patients était de 71 ans, avec une légère prédominance masculine, et plus des trois quarts des patients présentaient au moins une comorbidité cardiovasculaire, respiratoire ou immunodépression. Les formes sévères étaient fréquentes : près d’un tiers des patients ont nécessité un passage en réanimation et environ 5% ont présenté une exacerbation de BPCO ou d’asthme. La durée moyenne de séjour atteignait 10 jours et le taux de réhospitalisation à 90 jours était de 32% dont près de 10% pour une nouvelle infection respiratoire, et une mortalité globale de 10% survenant majoritairement lors du séjour initial. Ces résultats confirment et amplifient les données de la littérature antérieure, qui montraient déjà une mortalité et une durée d’hospitalisation élevée pour le VRS et le SARS-CoV-2, supérieures à celles observées pour la grippe saisonnière. L’étude VINCA met également en évidence une limite majeure de la surveillance actuelle : dans 40% des hospitalisations pour IRBv, aucune étiologie précise n’est identifiée, suggérant une sous-évaluation du fardeau réel.
Louise Bondeelle, service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse
D’après la session samedi 31 janvier, 11:30-13:00 | Salle 3.1 et 3.2 | Modérateurs KERJOUAN Mallorie, Rennes SCHLEMMER Frédéric, Créteil Auteurs L. Guilleminault, P. Loubet, C. Fabry-Vendrand, O. Rouxel, D. Leynaud, A. Carlicchi, I. Bureau, C. Nevoret, S. Bouée, N. Pros
Références :
1. Community and Hospital-Based Laboratory Surveillance for Influenza, Respiratory Syncytial Virus, and SARS-CoV-2 During the 2023-2024 Season, Lyon, France. Journal of Medical Virology. 2025. Chauvel C, Casalegno JS, Visseaux B, et al
2. Clinical Features and Outcomes of Viral Respiratory Infections in Adults During the 2023-2024 Winter Season.Scientific Reports. 2025. Rousogianni E, Perlepe G, Boutlas S, et al.
Des données de la cohorte internationale en vie réelle NOVELTY qui avait pour but d’évaluer l’influence du sexe sur les symptômes, la fonction pulmonaire, les facteurs de risque et les exacerbations respiratoires ont été présentées lors du congrès.
L’étude NOVELTY incluait des patients atteints d’asthme et/ou de BPCO, avec un diagnostic effectué par un médecin, suivis pendant une période pouvant aller jusqu’à 3 ans. Parmi les 11 192 patients inclus, 52% étaient des femmes, avec un âge moyen de 59 ans pour les femmes et 61 ans pour les hommes. Les hommes avaient un tabagisme cumulé plus élevée (30 vs 14 paquets-années, p < 0,001). Concernant les symptômes, les hommes signalaient plus fréquemment une toux productive chronique (33% vs 29%, p < 0,001), mais les femmes avaient un score total de qualité de vie de Saint Georges (SGRQ) plus élevé (36 vs 34, p < 0,001). Les hommes avaient un volume expiré maximal en 1 seconde (VEMS) de base plus faible (72% vs 79%, p < 0,001) mais le déclin annuel du VEMS était plus prononcé chez les femmes (−1,6% vs −1,2%, p < 0,001). Les femmes ont présenté des exacerbations moyennes plus élevées que les hommes entre l’inclusion et la troisième année de suivi (p < 0,001).
Résultats spécifiques liés à l’asthme
L’asthme était plus fréquent chez les femmes que chez les hommes (63% vs 41%, p<0,001). Ces dernières étaient plus souvent hospitalisées au cours des 12 derniers mois que les hommes (0,06 vs 0,03, p < 0,001). En revanche, concernant les marqueurs inflammatoires, les hommes présentaient des taux d’éosinophiles sanguins plus élevés à l’inclusion (0,24 vs 0,21 cellules par µL, p < 0,001) ainsi qu’une fraction exhalée du monoxyde d’azote (FeNO) supérieure (37 vs 30ppm, p < 0,001).
Résultats spécifiques liés à BPCO
Concernant la BPCO, elle était plus fréquente chez les hommes que chez les femmes (44% vs 25%, p<0,001). Les femmes atteintes de BPCO étaient plus jeunes, plus fréquemment fumeuses actives (34% vs 26%, p < 0,001), mais présentaient une exposition tabagique inférieure à celle des hommes (34 vs 48 paquets-années, p < 0,001).
Ainsi, des différences significatives et cliniquement pertinentes liées au sexe ont été observées dans la présentation clinique et l’évolution de la maladie a la fois dans l’asthme et dans la BPCO.
Marina Gueçamburu, service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux
D’après le poster PO161 « Différences selon le sexe des caractéristiques et paramètres cliniques chez les patients ayant un diagnostic médical d’asthme et/ou de BPCO dans l’étude Novelty ».
Parmi les actualités du CPLF 2026, on peut relever la présentation des recommandations de prise en charge de l’asthme sévère de l’adulte par la Pr Perottin-Collard, la Pr Taillé et le Pr Guilleminault. Il s’agit d’une première proposition, susceptible d’évoluer, car le contenu de la session concerne des recommandations en cours, non définitives.
Instaurer une biothérapie dans l’asthme sévère
Avant d’instaurer une biothérapie dans l’asthme sévère, une démarche par étape doit être appliquée afin, premièrement, de confirmer le diagnostic d’asthme. Il est donc recommandé, avant une escalade thérapeutique et/ou l’initiation d’une biothérapie, d’adopter une démarche structurée et systématique à la recherche d’un diagnostic différentiel et/ou d’une pathologie associée (Grade A). Il est recommandé de rechercher de manière systématique à l’interrogatoire et à l’examen clinique des éléments évoquant un diagnostic différentiel (dyspnée, toux, sifflements isolés et/ou invariables, signes extra thoraciques) (Grade C) ou une pathologie associée en cas de VEMS <40 %, de déclin rapide du VEMS, de DLCO réduite, d’hypoxémie persistante hors exacerbations (Grade C) ou en cas d’hyperéosinophilie ≥1,5×10⁹/L (Accord professionnel). Enfin, lorsqu’un scanner thoracique est réalisé, il est recommandé de rechercher systématiquement des atypies radiologiques (bronchectasies non cylindriques et/ou de diamètre >1,5 vaisseau, micronodulation bronchiolaire profuse, nodules pulmonaires, impactions mucoïdes denses) (Grade C).
Il est ensuite nécessaire de confirmer la sévérité de l’asthme tout en ayant évalué à chaque consultation, et avant toute modification thérapeutique, l’observance et la technique de prise (Grade C). Le bilan diagnostic d’asthme sévère doit comprendre la recherche d’une sensibilisation allergique et l’exposition domestique et/ou professionnelle aux pneumallergènes (Grade A). Les facteurs aggravant doivent être recherchés tels que l’exposition tabagique (Grade A), l’environnement domestique (irritants, moisissures) (accord professionnel) et professionnel (allergènes irritants respiratoires) (Grade B), une pathologie rhinosinusienne, un RGO, un SAOS, une obésité associée et de proposer les prises en charge adaptées (grade détaillé dans les recommandations).
La troisième étape inclut le phénotypage de l’asthme sévère avec la détermination a la fois du phénotype clinique (histoire de la maladie, comorbidités) et inflammatoire (éosinophiles, FeNO, comorbidités T2 etc) avant de débuter une biothérapie. Ce traitement doit être initié uniquement chez les patients atteints d’asthme sévère défini comme un asthme non contrôlé malgré un traitement de fond inhalé optimisé (CSI à forte dose, BLDA +/- un autre contrôleur), et après prise en charge des facteurs associés de non contrôle (technique d’inhalation, observance, comorbidités, expositions) et en présence d’au moins deux exacerbations sévères dans les 12 mois précédents (Grade A).
Enfin, concernant le choix de la biothérapie, il est recommandé de discuter de l’indication et du choix de la biothérapie au cours d’une Réunion de Concertation Asthme (RCA), de prendre en compte les préférences et les objectifs des patients lors du choix d’une biothérapie, dans le cadre d’une décision médicale partagée et de de prendre en compte les facteurs prédictifs de réponse lors du choix d’une biothérapie (Accord professionnel).
Traitements de fond dans l’asthme sévère
Il est recommandé de considérer comme option thérapeutique une triple thérapie associant CSI, BDLA et anticholinergique de longue durée d’action chez les patients asthmatiques sévères ayant au moins une exacerbation dans les 12 mois précédant (Grade A). En revanche, il est recommandé de ne pas prescrire d’anticholinergique de longue durée d’action en l’absence d’exacerbation au cours des 12 derniers mois chez des patients traités par CSI/BDLA (Grade A). Concernant l’azithromycine, il est suggéré de proposer un traitement par azithromycine en seconde intention aux patients asthmatiques sévères non contrôlés non éligibles aux biothérapies, dans le respect des contre-indications, à la posologie de 500 mg 3 fois par semaine (Grade A).
Concernant l’immunothérapie allergénique, l’initiation d’une immunothérapie allergénique sublinguale aux acariens dans l’asthme sévère doit être discutée au cas par cas en RCA chez des patients sans exacerbation, contrôlés, avec un VEMS ≥70%, y compris sous biothérapie (Accord professionnel). En dehors d’un essai thérapeutique, il est recommandé en l’état actuel des connaissances de ne pas associer une biothérapie avec une immunothérapie allergénique dans l’objectif d’arrêter la biothérapie (Accord professionnel).
Enfin, il est recommandé chez les asthmatiques sévères de calculer la dose annuelle de corticothérapie reçue en incluant les cures courtes (Accord professionnel), de diminuer de façon systématique et supervisée la corticothérapie systémique continue en utilisant des marqueurs objectifs d’activité de la maladie (Accord professionnel) et de rechercher systématiquement une insuffisance surrénalienne lors de la diminution ou du sevrage d’une corticothérapie systémique (Accord Professionnel).
Espacement des biothérapies
Il est recommandé de définir les objectifs médicaux et personnels du patient, intégrant des paramètres objectifs et chiffrés, avant l’instauration d’une biothérapie et d’évaluer la réponse au traitement par biothérapie après 6 mois de traitement sur les objectifs déterminés. Afin d’évaluer la réponse à la biothérapie, il est recommandé d’évaluer par ordre de priorité : (1) la réduction de la fréquence et de la sévérité des exacerbations et des hospitalisations, (2) la diminution du recours à la corticothérapie orale et la diminution de la dose annuelle cumulée puis (3) l’amélioration du contrôle des symptômes et de la qualité de vie, ainsi que (4) l’obtention de la meilleure fonction respiratoire possible (Accord professionnel). La décision de poursuivre ou non le traitement doit rester individuelle, partagée avec le patient, et prendre en compte la satisfaction et la tolérance (Accord professionnel).
Marina Gueçamburu,service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux
D’après la Session RD02-Recommandations 1. SPLF – Asthme sévère