Pneumologie

Bientôt un traitement endoscopique pour la bronchite chronique ?


La bronchite chronique est associée à une inflammation chronique, une obstruction des bronchioles par un mucus épais, visqueux et une clairance muco ciliaire altérée entrainant des infections respiratoires à répétition. Tout ceci est expliqué, en partie, par la présence de cellules caliciformes en plus grande proportion et un excès de mucines 1. Les thérapeutiques disponibles actuellement restent limitées.

Cette année, 2 techniques endoscopiques ont été présentées. La première, un cryospray (système RejuvenAir) délivre de petites doses mesurées de froid (-196°C) ayant pour but de geler instantanément la surface des voies respiratoires endommagées. La matrice extracellulaire reste intacte et permet un développement de cellules saines. Une étude de faisabilité prospective a été réalisée en 2020 2 sur 35 patients BPCO (GOLD 2-3). Les patients bénéficiaient de 3 endoscopies à 30 jours d’écart (durée moyenne 34,3+/-12,1 minutes) et un suivi était ensuite réalisé jusqu’à 12mois. Les résultats étaient encourageants avec une amélioration de la qualité de vie (SGRQ) et des symptômes respiratoires (CAT, Leicester Cough Quest). Il n’y avait cependant pas d’amélioration significative du test de marche de 6 minutes ni de la dyspnée mMRC. On notait 14 évènements indésirables graves à 12 mois (6 exacerbations, 2 pneumonies), tous d’évolution favorable.

La seconde, nommée « rhéoplastie bronchique » utilise un cathéter endobronchique pour appliquer des champs électriques pulsés non thermiques sur les voies respiratoires. L’objectif est également de diminuer la proportion de cellules caliciformes tout en préservant la matrice extracellulaire. Elle nécessite 2 interventions sur l’ensemble de l’arbre bronchique à 1 mois d’écart. Une réduction de 39% de la production de mucus a été observée (p<0,001) 3 ainsi qu’une réduction du taux d’exacerbation à 1 an et une amélioration des symptômes respiratoires 4 Enfin, Siurba et al présenteront à l’ERS 2022 les données à 2 ans chez 21 patients traités par cette technique aux Etats-Unis. Les premiers résultats montrent une baisse de 31% des exacerbations de BPCO modérées à sévères, une diminution moyenne du CAT de 5 +/- 6,8 points (p=0,01) et du SGRQ de 10,4 +/- 19 points (p=0,04). Les paramètres spirométriques sont quant à eux stables.

Ces techniques pourraient donc améliorer la qualité de vie des patients symptomatiques mais ont été réalisées sur de petits effectifs avec une population très sélectionnée. D’autres essais sont nécessaires avant d’envisager la mise en place en pratique courante.

Marina Gueçamburu, Service des Maladies Respiratoires, CHU Bordeaux, Bordeaux Service des Maladies Respiratoires, CHU Bordeaux


D’après la communication orale de V. Kim. The airways: The potential of bronchoscopic interventions in chronic bronchitis. Session C82 : Chronic bronchitis: biologic underpinnings, clinical implications and therapeutic opportunities

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 HTAP et maladie de Still de l’adulte : une association qui ne fait pas bon ménage !


La maladie de Still de l’adulte (MSA) est une maladie inflammatoire systémique dont la prévalence est estimée à 0,6 à 1,5 cas /100 000 habitants. Elle touche autant les hommes que les femmes. Son pronostic est principalement lié aux complications qui peuvent survenir telles que le syndrome d’activation macrophagique, l’hépatite fulminante, l’atteinte myocardique ou encore l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP). Un travail réalisé conjointement par le réseau français d’hypertension pulmonaire et celui dédié aux maladies inflammatoires systémiques et articulaires (CRI IMIDIATE) s’est intéressé aux HTAP associées à une MSA à travers toute la France.

Treize cas ont été identifiés, uniquement des femmes. Bien que petite, il s’agit de la plus grosse série mondiale d’HTAP associées à une maladie de Still de l’adulte. L’âge moyen au diagnostic de l’HTAP était de 32±12 ans. L’HTAP était toujours diagnostiquée après la MSA, avec un délai médian séparant les deux diagnostics de 2,9 ans.

Au moment du diagnostic de l’HTAP, toutes les patientes recevaient un traitement immunosuppresseur pour la MSA. Dans la majorité des cas (85%), le diagnostic de l’HTAP a été fait au cours d’une poussée de MSA. Du fait de la sévérité initiale de la décompensation cardiaque droite, un support inotrope a été administré à la moitié de la cohorte et 1 patiente a nécessité une assistance circulatoire transitoire (ECMO). La prise en charge initiale comprenait, d’une part, la majoration du traitement immunosuppresseur (bolus de corticoïdes, anti IL-1 ou anti IL-6) et, d’autre part, l’initiation d’un traitement de l’HTAP.

Après un suivi médian de 34 mois [IQR 7-42], 5 patientes sont décédées d’insuffisance cardiaque droite aiguë survenant au cours d’une poussée de MSA, malgré une amélioration hémodynamique dans les mois précédents chez trois d’entre elles. Il est important de souligner qu’une désescalade du traitement immunosuppresseur ou un échappement thérapeutique de la MSA dans les mois précédents étaient observés chez ces 5 patientes. La survie à 1 et 3 ans était de respectivement 93% et 74%.

Ce travail a permis d’identifier l’évolution concomitante de l’HTAP et de la MSA, par poussées inflammatoires, et de souligner la sévérité de l’association de ces deux maladies.

Athénaïs Boucly , Service de Pneumologie et de Soins Intensifs Thoraciques, Hôpital de Bicêtre, Le Kremlin Bicêtre


D’après la session B52: Golden Gate Park: clinical care of the PH patient, Abstract A3043

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Dépistage du cancer broncho-pulmonaire par scanner : 3, 2, 1, 1, 1, 1, 1….


La relecture centralisée des images des patients ayant des nodules classés Lung-RADS 3 et 4 permet d’améliorer leur prise en charge. Organisation et connaissance des recommandations, deux clés du succès d’un futur dépistage en France.

Le dépistage du cancer broncho-pulmonaire par scanner faible dose est aujourd’hui largement développé, notamment aux Etats-Unis. Dans l’étude présentée par H. Sterman, les auteurs soulignent que la prise en charge des nodules pulmonaires est souvent décentralisée, ce qui peut entraîner des diagnostics retardés, des soins médicaux excessifs, des dépenses accrues, une espérance de vie réduite et une détresse psychologique. La proposition des auteurs, conforme aux suggestions américaines 1 est de mettre en place un circuit patient structuré avec organisation d’une équipe multidisciplinaire capable de revoir les imageries et les données-patient ayant un dépistage positif. Cette équipe composée de chirurgiens cardiothoraciques, radiologues thoraciques, pneumologues interventionnels, oncologues médicaux, infirmières cliniciennes et personnel de recherche et administratif a permis de modifier la prise en charge de 21% des patients. On peut imaginer qu’une telle organisation centralisée permettrait aussi d’améliorer certains points relevés lors de la session A 109, dont le risque de retard de prise en charge d’un cancer et la meilleure orientation du patient en cas d’anomalie associée (dont coronaropathie, ostéoporose, stéatose, nodule thyroïdien ou anomalies médiastinales). Concernant la France, il faut noter que l’idée d’un dépistage avance puisque la HAS a récemment fait évoluer sa position 2, soulignant le risque de surdiagnostic, et encourage la mise en place d’expérimentations en vie réelle. La Société Française de Radiologie s’est félicitée de cette décision et organise depuis peu un module de formation entièrement dédié sous la responsabilité de la Société d’Imagerie Thoracique (SIT) et soutient les différents programmes en cours (CASCADE, LUCSO, ACAPULCO, dépistage aux HCL…) 3,4,5

A suivre…

Pierre-Yves Brillet, Service de radiologie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France


D’après la communication orale de Sterman DH. Changes in management and outcomes of patients screened for lung cancer with high-risk lung nodules after establishment of a multidisciplinary lung nodule review board. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205: A5079. Session D20.

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De la primo-infection à la colonisation chronique par P. aeruginosa au cours de la mucoviscidose : une affaire de virus ? 


Au cours de la mucoviscidose, la primo-infection à Pseudomonas aeruginosa est une étape cruciale dans le développement de la maladie et de ses conséquences pulmonaires. L’évolution naturelle au décours abouti progressivement à une colonisation chronique de l’arbre bronchique par P. aeruginosa (≥ 3 cultures positives consécutives sur une période de 6 mois) qui passe d’une forme planctonique à une forme organisée en biofilm. Les facteurs à l’origine de cette évolution bactérienne ne sont pas encore parfaitement élucidés.

A l’aide d’un modèle cellulaire répliquant l’épithélium respiratoire des patients atteints de mucoviscidose, l’équipe de J. Bomberger a exploré l’hypothèse selon laquelle les infections respiratoires virales pourraient induire la formation du biofilm de P. aeruginosa et une colonisation chronique de l’arbre bronchique. Ils ont ainsi mis en évidence que le virus respiratoire syncytial, le rhinovirus humain ou l’adénovirus pouvaient conduire à la création du biofilm par le biais d’une cascade de réactions cellulaires : 1) l’induction d’une réponse antivirale avec la sécrétion d’interféron de type β et λ ; 2) l’induction de l’expression des ISG (interferon-stimulated genes) ; 3) la synthèse de l’enzyme hexokinase 2 ; 4) l’induction d’un phénomène de glycolyse aérobie (effet Warburg) au niveau cellulaire ; 5) une production accrue de lactate avec une augmentation de la concentration extracellulaire de lactate. Ce milieu extracellulaire enrichi en lactate favorisant alors la création du biofilm par P. aeruginosa.

Ces résultats démontrent à nouveau la complexité des relations entre hôte, virus et bactéries aux cours des pathologies respiratoires chroniques et pourraient ouvrir la voie à de nouvelles cibles thérapeutique dans la mucoviscidose.

Damien Basille, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, Amiens


D’après la communication de J. Bomberger. Microbial co-infections in the lung and what to do about them. Session C88.

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La place de l’oxygénothérapie à haut débit à domicile reste à définir  


Si l’efficacité de l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) a été largement mise en évidence dans la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique, la place de ce traitement au domicile reste à définir dans l’insuffisance respiratoire chronique. Les études cliniques sont encore rares, portent sur de petits effectifs et analysent à court terme l’effet de l’OHD chez les patients porteurs de bronchopneumopathie chronique obstructive. Une équipe danoise a présenté à l’ATS les bénéfices de l’OHD chez 10 patients porteurs d’une fibrose pulmonaire idiopathique (FPI).

Il s’agit de patients (60% d’hommes) âgés en moyenne de 69 ± 5 ans, dont la capacité vitale est de 81 ± 16,1 % de la théorique et la DCLO de 42,5 ± 13,4% de la théorique. Ils bénéficient d’une oxygénothérapie de déambulation (40% des patients) ou permanente à un débit moyen de 2 l/min (60% des patients). Ils utilisent l’OHD la nuit avec une utilisation moyenne de 6 heures par nuit.

La distance de marche augmente de façon significative puisqu’elle passe de 393 à 441 mètres (p=0,04). La récupération de la SpO2 est plus rapide. Par contre, la sensation de dyspnée n’est pas améliorée avec un score mMRC élevé (score moyen à 3) et la qualité de vie n’est améliorée que chez 40% des patients. Les autres se plaignent du bruit ou de la température et ne souhaitent pas poursuivre l’OHD à domicile.

Cette étude confirme la faisabilité de l’OHD au domicile chez les patients porteurs d’une FPI. Les effets observés sont hétérogènes, probablement en line avec le faible nombre de patients inclus. Toutefois, l’OHD pourrait participer au maintien de l’activité physique chez les patients porteurs d’une FPI. Cette étude soulève aussi de nombreuses questions, notamment concernant le mécanisme physiopathologique sous-jacent. De futures études semblent donc nécessaires.

Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, CHU Dijon


D’après la communication U.M. Weinreich et al. The effect of domiciliary high flow nasal cannula treatment on walking distance in patients with interstitial lung disease. A pilot study. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205: A4968. Session C108.

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Utilisation d’alpha-1 antitrypsine recombinante : des résultats préliminaires encourageants


Les patients présentant un déficit profond en alpha-1 antitrypsine (AAT) sont depuis les années 1980 des candidats potentiels à l’administration intraveineuse (IV) de perfusions d’AAT d’origine humaine, sous réserve qu’ils satisfassent aux critères d’éligibilité. Néanmoins, outre leur coût, ces perfusions sont contraignantes car, dans l’idéal, elles doivent être réalisées de façon hebdomadaire et sont soumises à des problèmes d’approvisionnement. Les premiers résultats d’une étude utilisant une AAT humaine recombinante, appelée INBRX-101 optimisée pour avoir une longue demi-vie (protéine de fusion associant 2 molécules d’AAT humaine et le fragment Fc d’une immunoglobuline) ont été présentés.

Il s’agit d’une étude de phase I visant à tester la sécurité d’emploi de cette protéine et sa capacité à maintenir un taux d’AAT dans le sang dans la fourchette normale (>20 µM) avec un intervalle d’administration élargi. La phase préclinique a montré la capacité de la molécule à pénétrer dans le poumon après une perfusion IV, à inhiber l’élastase du neutrophile et à résister à l’oxydation, ce qui lui confère une demi-vie allongée.

Des doses IV uniques de 10 mg/kg (n=6), 40 mg/kg (n=6), 80 mg/kg (n=6) et 120 mg/kg (n=6) ont été administrées à 24 patients avec déficit en AAT (principalement avec phénotype ZZ). Dans une seconde partie, les patients recevaient 3 doses de 40, 80 ou 120 mg/kg toutes les 3 semaines en perfusion. L’étude pharmacocinétique a mis en évidence une demi-vie de 12 à 20 j selon les doses utilisées. Les doses 80 et 120 mg/kg ont permis d’obtenir des taux sanguins d’AAT dans la fourchette des taux normaux (23-57 µM) à 3 semaines de l’injection unique permettant d’envisager une injection toutes les 3 semaines. Une modélisation suggère qu’une injection mensuelle pourrait être satisfaisante. Jusqu’à début mai 2021, 31 patients ont reçu le traitement par voie IV avec une excellente tolérance rapportée (absence d’effets secondaires sérieux, quelques cas de fatigue et de prurit transitoires). Ces données doivent bien sûr être confirmées par des résultats à large échelle mais il y a, avec ce travail, un signal sérieux d’une avancée thérapeutique pour les patients avec déficit en AAT.

Hervé Mal, Service de pneumologie et transplantation pulmonaire, Hôpital Bichât, Paris


D’après la communication de A. Veale et al. Evaluation of safety and pharmacokinetics of the recombinant human AAT-Fc fusion protein INBRX-101 in patients with alpha-1 antitrypsin deficiency. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205: A4114

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La qualité de l’observance reste le meilleur garant de l’efficacité de la PPC sur le pronostic cardiovasculaire du SAOS


Les conditions dans lesquelles ont été réalisées les 3 principales études contrôlées dont l’objectif était d’évaluer l’influence de la PPC sur le pronostic cardiovasculaire des patients SAOS, en prévention secondaire, pourraient être à l’origine des résultats décevant de ces études réduisant l’intérêt du traitement par PPC, malgré la relation reconnue entre la présence de troubles respiratoires nocturnes et le développement de complications cardiovasculaires.

Parmi les principales critiques proférées contre ces études, on retient plus particulièrement le caractère très sélectionné des patients, en l’absence d’hypersomnie diurne, et la faible observance vis-à-vis de la PPC, en moyenne proche de 3h / nuit. C’est la raison pour laquelle W. Trzepizur et al ont recherché une relation « dose/réponse » entre l’observance des patients de la Cohorte des Pays de la Loire traités par PPC et la morbi-mortalité évaluée sur une période de suivi de 87 (59-118) mois à l’aide d’un critère composite associant les décès de toutes causes, la survenue d’une pathologie coronarienne aiguë, d’un accident vasculaire cérébral, ou la nécessité d’une revascularisation coronarienne inattendue, recueillies à partir des données de santé de la Caisse d’Assurance Maladie. Il s’agissait de patients non sélectionnés, et traités par PPC sur les indications habituellement reconnues, dont l’association entre l’observance analysée par quartiles et le critère composite d’évaluation a été calculée en utilisant un modèle de Cox proportionnel avec ajustement sur l’âge, le genre, le statut tabagique, les antécédents cardiovasculaires, de même que le niveau de vigilance diurne initial. L’originalité de cette étude tient au fait que les compliances au traitement cardiovasculaire et à la PPC ont été simultanément analysées pendant la période d’observation. Globalement, 964 des 5182 patients de cette étude ont présenté un phénomène correspondant au critère de jugement permettant de retrouver, après ajustement sur les paramètres confondants, et en prenant comme référence le quartile des patients non observants (< 4h/nuit), le risque relatif de développement d’une complication cardiovasculaire respectivement de 0,88 (0,74-1,06) pour le quartile 4 à 6 h/nuit, de 0,75 (0,62-0,91) pour le quartile 6 à 7 h/nuit et de 0,78 (0,65-0,94) pour le quartile > 7 h/ nuit (p=0,0132 pour la tendance linéaire). Parallèlement, il est intéressant de noter que l’observance vis-à-vis de la PPC était aussi significativement associée à celle vis-à-vis du traitement à visée cardiologique.

Ces résultats confirment ainsi toute l’importance de la qualité de l’observance vis-à-vis du traitement par PPC sur le pronostic cardiovasculaire du SAOS.

Jean-Claude Meurice, Service de Pneumologie, CHU de Poitiers, Poitiers


D’après la communication de W Trzepizur : CPAP adherence, mortality and cardio-vascular events in patients with OSA: Data from the Pays de la Loire sleep cohort. Am J Respir Crit Care Med 2022;205: A3734. Session C19.

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Syndrome de bronchiolite oblitérante post-allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : un moyen de le détecter précocement ?


Le syndrome de bronchiolite oblitérante (BOS) est une manifestation sévère de la réaction chronique du greffon contre l’hôte (cGVHD) au décours d’une transplantation de cellules souches hématopoïétiques. L’un des enjeux de sa prise en charge repose sur sa détection précoce afin d’en limiter les conséquences. Le suivi régulier des EFR de ces patients en laboratoire est toutefois susceptible de manquer les premières altérations fonctionnelles respiratoires.

Au sein d’une population de 169 patients greffés ayant participé à un programme d’automesure hebdomadaire de la spirométrie durant 1 an, les données de 22 patients ayant finalement développé un BOS ont été analysées. Un spiromètre portable était utilisé pour le suivi hebdomadaire au domicile. L’adhérence des patients à ce programme d’automesure était de 81,8% et il était observé une bonne corrélation avec les valeurs de spirométries relevées lors des visites de suivi (r=0,9332 ; p<0,00001).

Un déclin significatif du VEMS lors des automesures à domicile (≥ 10% sur 2 mesures successives, ou ≥ 20%) précédait le diagnostic de BOS chez 15 patients (68%). Chez ces 15 patients, le premier déclin significatif du VEMS à domicile précédait de 141 jours [IQR = 30,5 – 234,5] le diagnostic de BOS. Plusieurs raisons expliquaient l’absence de mise en évidence du déclin du VEMS par automesure chez les 7 autres patients : mauvaise observance du protocole (3), problème technique (1), discordance avec les mesures en laboratoire (1), déclin < 10% ou déclin immédiatement après le diagnostic de BOS (1).

La réalisation au domicile d’automesures de la spirométrie par les patients allogreffés de cellules souches pourrait ainsi permettre de détecter plus précocement la survenue d’une cGVHd pulmonaire et d’intervenir alors que l’altération du VEMS est moins marquée.

Damien Basille, Service de Pneumologie et Unité de Soins Continus Cardio Thoracique Vasculaire et Respiratoire, Centre Hospitalier Universitaire Amiens-Picardie, Amiens


D’après la session B40: Assessment and treatment of coD’après le poster N° 342 de M. Peha : Detection of FEV1 decline preceding bronchiolitis obliterans syndrome diagnosis in allogeneic hematopoietic stem cell transplant recipients. Am J Respir Crit Med 2022 ; 803 : A4049, Session C38.

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Les antagonistes sélectifs de P2X3, un traitement d’avenir de la toux chronique réfractaire


Les récepteurs P2X3 sont présents dans la muqueuse des voies respiratoires sur les fibres nerveuses sensorielles. Divers stimuli, dont l’inflammation, activent les fibres vagales C via les récepteurs P2X3 et initient le réflexe de toux. Ils transmettent également des signaux sensoriels et jouent ainsi un rôle prédominant dans la fonction du goût. Les antagonistes des récepteurs P2X3 sont un espoir dans le traitement de la toux chronique réfractaire ou inexpliquée. Plusieurs molécules sont en développement. Des travaux récents, concernant le chef de file, le géfapixant et le BLU-5937, un antagoniste hautement sélectif de P2X3, qui pourrait limiter les effets indésirables sur le goût, ont été présentés.

Dans les études COUGH-1 et COUGH-2, le géfapixant réduit significativement la fréquence de la toux à 12 et 24 semaines au prix de troubles du goût observés dans 58 % des cas. Pour être inclus, les patients devaient présenter une toux chronique depuis au moins un an et en moyenne, les participants toussaient depuis 11 ans. Le protocole d’une nouvelle étude de phase 3 est présenté 1 Cette fois, le traitement par géfapixant 45 mg, deux fois par jour, pendant 12 semaines, sera proposé à des patients toussant depuis moins d’un an. Les patients ayant un tabagisme supérieur à 20 PA, un rapport de Tiffeneau en-dessous de 60% et des anomalies scannographiques sont exclus. Le critère de jugement principal sera l’amélioration de la qualité de vie évaluée par le questionnaire spécifique de Leicester (LCQ).     

L’étude de phase 2b SOOTHE (NCT 04678206 2 3 inclut 249 adultes atteints de toux chronique réfractaire avec plus de 25 épisodes de toux par heure, à l’éveil. Il s’agit de femmes dans 75% des cas, dont l’âge moyen est de 61 ± 10 ans et le BMI moyen est de 28 ± 6 kg/m2. Ils sont randomisés en 4 bras pour recevoir soit le BLU-5937 à la dose de 12,5 mg ou 50 mg ou 200 mg, deux fois par jour soit le placebo. Le critère de jugement principal est la fréquence de la toux sur 24 heures après un mois de traitement.

La fréquence de la toux est significativement réduite de 43,2, 52,8 et 52,6% après un mois de traitement avec 12,5 ou 50 ou 200 mg deux fois par jour de BLU-5937, respectivement contre 28,0% dans le groupe placebo. Ainsi, 35, 44 et 48% des patients traités toussent deux fois mois, respectivement contre 14% dans le groupe placebo.

L’évaluation de la sévérité de la toux par une échelle visuelle analogique retrouve des résultats similaires. Le score est réduit de 24,7, 22,9 et 26,5 mm respectivement contre 8,3 mm dans le groupe placebo (p=0,001). La qualité de vie mesurée par le LCQ est également améliorée, avec un effet dose-réponse.

Les troubles du goût sont présents mais touchent au maximum 6,5 % des patients, avec un effet dose-dépendant. Il s’agit de dysgueusie, il n’a pas été observé de perte partielle ou totale du goût 4

Les antagonistes sélectifs de P2X3 sont prometteurs pour le traitement de la toux chronique réfractaire ou idiopathique. A l’avenir, une prise en charge minutieuse devra intervenir avant la prescription de ces traitements afin d’éviter une utilisation inadéquate.

Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, CHU Dijon


D’après la session B40: Assessment and treatment of cough and dyspnea

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Peut-on prédire la stratégie ventilatoire et le devenir des patients au cours de l’insuffisance respiratoire aiguë hypoxémique dès l’admission ?


Le recours à la ventilation mécanique invasive (VMI) ou non invasive (VNI) est fréquente au cours de l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA). Si le ROX index (« Respiratory/OXygenation index » : rapport entre SpO2/FiO2 et la fréquence respiratoire) a été utilisé pour prédire le risque d’intubation au cours de l’IRA hypoxémique sous oxygénothérapie à haut débit (OHD) 1, il n’a, à notre connaissance, jamais été évalué comme facteur prédictif à l’admission du recours à l’assistance ventilatoire « tout venant » au cours de l’IRA hypoxémique.

Le but de cette étude rétrospective monocentrique a donc été d’évaluer la corrélation entre le ROX index mesuré à l’admission en réanimation et les données globales du devenir de 75 patients atteints d’IRA hypoxémique nécessitant une assistance ventilatoire. Une analyse par corrélation de Pearson a été appliquée pour déterminer l’impact du ROX index sur les paramètres de devenir. L’âge moyen était de 68,4 ± 18,6 ans avec 64% d’hommes et un ROX index moyen à l’admission de 12,4 ± 9,8. Trente et un pourcents des patients étaient sous OHD, 58% nécessitaient une VNI et 59% une VMI. La durée moyenne de séjour en réanimation et à l’hôpital était respectivement de 6,9 ± 14 jours et 11,9 ± 15 jours. Soixante-quatre pourcents des patients sont sortis vivants de l’hôpital. Les corrélations entre le ROX index à l’admission et le devenir étaient les suivantes : recours à la VMI (r=0,236, p=0,04); recours à la VNI (r=-0,236, p=0,01); durée de séjour en réanimation (r=0,043, p=0,7); durée de séjour intra-hospitalier (r=0,05, p=0,6); mortalité (r=-0,15, p=0,2).

Le ROX index mesuré dès l’admission pourrait donc être utile pour juger du recours à la VNI et/ou à la VMI au cours de l’IRA hypoxémique, alors qu’aucune corrélation significative n’a été observée entre ce ROX index précoce et les durées de séjour ou la mortalité. Si des études de cohortes complémentaires prospectives et de plus grande envergure seront nécessaires pour conforter ces résultats, le clinicien doit cependant se rappeler que la VNI n’est plus recommandée dans l’IRA hypoxémique. D’autre part, à côté d’une valeur seuil de ROX index à un temps donné, la dynamique d’évolution de celui-ci (delta ROX) au cours des premières heures de prise en charge pourrait en fait s’avérer davantage pertinente pour prédire le « devenir ventilatoire » des patients en IRA hypoxémique.

Christophe Girault, Service de Médecine Intensive et Réanimation, CHU-Hôpitaux de Rouen


D’après la communication de Anil Kumar M., et al. The utility of the respiratory rate-oxygenation (ROX) index at admission in acute hypoxic respiratory failure patients. Am J Respir Crit Care Med 2022; 205: A4301. Session C48.

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