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Impact du Dupilumab dans le cadre de l’ABPA

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

L’ERS a été l’occasion de présenter les premiers résultats de l’étude de phase II LIBERTY ABPA AIRED (NCT04442269) sur les effets du dupilumab sur la fonction respiratoire des patients souffrant d’aspergillose bronchopulmonaire allergique (ABPA).

L’Aspergillose BronchoPulmonaire Allergique (ABPA) est une maladie pulmonaire rare caractérisée par une réponse immunitaire complexe de type 2 dirigée spécifiquement à l’encontre du champignon du genre Aspergillus et plus particulièrement d’Aspergillus fumigatus. Le principal objectif de la prise en charge de l’ABPA est de contrôler la maladie et de réduire la survenue des exacerbations de la maladie (Plan National de Diagnostic et de Soins 2021). La prise en charge au long cours repose en particulier sur l’utilisation de la corticothérapie orale d’une part et sur les antifongiques d’autre part.

La conduite à tenir suggérée pour les patients résistants à ces traitements ou pour lesquels ces traitements de première intention ne peuvent pas être utilisés (effets secondaires) évolue depuis l’arrivée des biothérapies dans l’asthme sévère. Les derniers avis d’expert (méthode DELPHI) ISHAM-ABPA 2024 publiés dans l’European Respiratory Journal suggèrent l’adjonction d’une biothérapie aux traitements de fond à visée de réduction des exacerbations et d’épargne cortisonique mais avec un faible niveau de preuve faute d’études robustes sur le sujet.

Nous avons eu l’occasion durant le congrès de voir les premiers résultats de l’étude de phase II LIBERTY ABPA AIRED (NCT04442269) qui apporte des données intéressantes et pertinentes sur le sujet.

Le dupilumab améliore significativement la fonction respiratoire des patients souffrant d’ABPA.

L’objectif principal de l’essai LIBERTY ABPA AIRED était d’évaluer les effets du dupilumab sur la fonction respiratoire des patients souffrant d’ABPA. Etaient inclus dans l’étude les patients de plus de 12 ans avec un asthme non contrôlé (≥ 1 exacerbation sévère l’année précédente ou corticothérapie orale au long cours à faible dose) respectant les critères diagnostiques de l’ABPA selon ISHAM 2013. Les patients inclus étaient randomisés dans 2 groupes selon un ratio 1/1 : dupilumab 300 mg ou placebo s.c. toutes les 2 semaines. Le critère principal de jugement était le changement du VEMS pré-bronchodilatateur par rapport à l’inclusion à la 24e semaine.

Un total de 62 adultes avec asthme et ABPA ont été randomisés : 35 ont reçu le dupilumab et 27 le placebo. Une amélioration statistiquement significative du VEMS a été observée à la 24e semaine sous dupilumab par rapport au placebo (+ 201 mL IC95 77–326 mL, p = 0,002). Il est à noter que cet effet était observé dès la 2e semaine et se maintenait jusqu’à la 52e semaine (+ 259 mL IC95 140-380 mL, p < 0,001).

Effets intéressants sur le plan de la qualité de vie, de la réduction de la corticothérapie et de la réponse IgE.

Concernant les critères secondaires de jugement, la puissance statistique de l’étude n’a pas été suffisante pour démontrer une réduction significative du taux annualisé d’exacerbation sévère (p = 0,0627) bien qu’une tendance intéressante ait été observée (-57%) avec un taux de 0,695 / an (IC95 0,35-1,36) dans le groupe dupilumab contre 1,551 / an dans le groupe placebo (IC95 0,75-3,22). En revanche, une amélioration significative et cliniquement pertinente du score total du Questionnaire de Saint-Georges était observée dans le groupe dupilumab en comparaison avec le placebo : – 16 points (IC95 -25,63 ; -6,39) pour une différence minimale cliniquement significative de -4 points. Parallèlement, une proportion significativement supérieure (p < 0,01) de patients sous dupilumab réduisait de plus de 50% la posologie de leur corticothérapie orale d’entretien (12/14 patients vs 2/7) voire la stoppait complètement (10/14 patients vs 1/7, p < 0,05).

Sur le plan mécanistique, nous avons eu l’occasion de voir des données intéressantes sur le plan immunologique. En effet, le dupilumab réduisait significativement en comparaison avec le placebo la concentration d’IgE totales (- 55,5% ; p < 0,0001 ; IC95 -68,9 ; -42,6) ainsi que celle des IgE spécifiques anti-Aspergillus fumigatus (- 48 % ; p < 0,0001 ; IC95 – 67,9 ; – 28,9). Ces éléments suggèrent un impact effectif du dupilumab sur les mécanismes immunologiques de la maladie.

La tolérance du dupilumab dans ce contexte d’asthme associé à une ABPA était bonne, comparable avec les données disponibles dans l’asthme sévère.


D’après la session : Cutting-edge trial data on biologics for airway diseases: asthma, COPD, chronic rhinosinusitis with nasal polyps and chronic cough Dupilumab efficacy in patients with asthma and allergic bronchopulmonary aspergillosis


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Tezepelumab dans la polypose naso-sinusienne : efficacité selon la présence d’un syndrome de Widal

Camille Rolland-Debord, service de Pneumologie, CHU Clermont-Ferrand

Le traitement de la polypose naso-sinusienne sévère reste difficile malgré les traitements par corticoïdes et la chirurgie, surtout en présence d’une maladie respiratoire exacerbée par l’aspirine (AERD, syndrome de Widal). L’essai de phase 3 WAYPOINT montre que le blocage de la voie TSLP par le tezepelumab améliore significativement les symptômes et réduit les recours thérapeutiques, avec des résultats comparables chez les patients avec ou sans AERD 1

Waypoint en sous-groupe

La polypose naso-sinusienne (PNS) sévère entraîne une congestion nasale persistante et une perte d’odorat, avec un retentissement majeur sur la qualité de vie. Elle est fréquemment associée à l’asthme et, chez environ un quart des patients, à une AERD, qui aggrave la sévérité et complique la prise en charge. L’étude WAYPOINT a évalué le tezepelumab, anticorps monoclonal ciblant la cytokine TSLP. Quatre cent huitadultes atteints de PNS sévère non contrôlée ont été randomisés pour recevoir tezepelumab ou placebo pendant 52 semaines. Parmi eux, 71 présentaient une AERD et 337 n’en présentaient pas. Les patients avec AERD étaient légèrement plus jeunes (48,2 ans contre 50,1 ans) et plus souvent des femmes (45 % contre 33 %). Les scores initiaux montraient une atteinte sévère et comparable, avec un score moyen de polypes à 6,1, un score de congestion à 2,6, un SNOT-22 de 74,7 avec AERD contre 67,4 sans, et un score scannographique de Lund-Mackay de 20,1 contre 18,4.

Amélioration des symptômes et réduction des recours thérapeutiques

À 52 semaines, le tezepelumab a réduit significativement le score endoscopique des polypes d’environ 2 points de plus que le placebo, aussi bien chez les patients avec AERD (–2,01 ; p < 0,0001) que chez ceux sans (–2,09 ; p < 0,0001). La congestion nasale s’est améliorée de façon comparable (–1,14 avec AERD et –1,02 sans ; p < 0,0001), tout comme la perte d’odorat (–1,09 et –0,99 ; p < 0,0001). Le score SNOT-22 a diminué d’environ 27 points dans les deux groupes, avec des améliorations significativement supérieures au placebo. Le scanner a confirmé une réduction significative de l’atteinte sinusienne, avec une baisse du score de Lund-Mackay de 7,0 points avec AERD et de 5,4 sans. Enfin, le score total des symptômes a diminué de 7,7 et 6,8 points respectivement, toujours significativement par rapport au placebo.

Chez les patients avec AERD, 1/34 (2,9 %) patient traité par tezepelumab a eu besoin d’une chirurgie et/ou d’une corticothérapie systémique, contre 11/ 37 (31,7 %) sous placebo. Sans AERD, les événements sont survenus chez 5 /169 (6,8 %) sous tezepelumab, contre 51/168 (31,4 %) sous placebo.

Conclusion

Le tezepelumab a montré une efficacité dans la polypose naso-sinusienne sévère, indépendamment de la présence d’une AERD. La question reste ouverte quant à l’influence de l’asthme sur la réponse au traitement. Des essais randomisés comparant polypose isolée et polypose associée à l’asthme seraient utiles pour mieux cibler les indications cliniques.


D’après le poster ID 5663 Efficacy of tezepelumab in adults with severe, uncontrolled chronic rhinosinusitis with nasal polyps and comorbid NSAID-exacerbated respiratory disease (WAYPOINT)

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Biologiques et asthme sévère : une efficacité chez les fumeurs et ex-fumeurs

Camille Rolland-Debord, service de Pneumologie, CHU Clermont-Ferrand

L’étude SHARP est la plus grande analyse en vie réelle évaluant l’efficacité des thérapies biologiques chez des patients atteints d’asthme sévère selon leur statut tabagique. Les résultats montrent une amélioration significative du contrôle de l’asthme, des exacerbations, de la qualité de vie et de la fonction respiratoire, quel que soit l’historique tabagique.

Une étude en vie réelle à grande échelle

L’étude SHARP s’est déroulée en deux volets. La première partie était une étude observationnelle, rétrospective utilisant les données de 16 registres européens de l’asthme sévère. Les patients inclus étaient des adultes atteints d’asthme sévère, ayant initié un traitement biologique (omalizumab, benralizumab, mepolizumab ou dupilumab) et disposant d’un suivi d’au moins un an.

La deuxième partie de l’étude consistait en une enquête prospective, réalisée en mai 2024 auprès de cliniciens européens impliqués dans les registres SHARP.

Des bénéfices cliniques dans tous les groupes

Au total, 3769 patients ont été inclus. Les groupes étaient globalement similaires, avec toutefois un âge légèrement plus jeune et un FeNO plus bas chez les fumeurs actifs.

 
Après un an de traitement, les non-fumeurs (N=2282) présentent une amélioration du contrôle de l’asthme de +219 %, une réduction des exacerbations de -69 %, un gain de qualité de vie (AQLQ) de +20 % et une hausse du VEMS de +7,5 %. Les ex-fumeurs, qu’ils aient une exposition inférieure (N=505) ou supérieure à 10 paquets-année (N=766), obtiennent des résultats très proches sur ces quatre paramètres. Chez les fumeurs actifs (N=136, seulement), l’efficacité est notable avec +200 % de contrôle, -61 % d’exacerbations, +4,2 % de VEMS et surtout une progression marquée de l’AQLQ (+118 %), permettant de rejoindre le niveau des autres groupes malgré une qualité de vie initialement plus basse.

Des réticences persistantes chez les cliniciens

L’enquête parallèle menée auprès des cliniciens a montré que 13 % d’entre eux se déclaraient réticents à prescrire un biologique à un patient fumeur actif, principalement en raison d’une perception de moindre efficacité liée au tabagisme.

Conclusion

Cette étude suggère que les patients atteints d’asthme sévère répondent de manière comparable aux biologiques, indépendamment de leur statut tabagique. La sous-prescription observée chez les fumeurs semble davantage liée aux représentations cliniques qu’à une inefficacité réelle. Les auteurs rappellent toutefois la nature rétrospective de l’étude et l’absence de comparabilité directe entre les différentes molécules.


D’après la session D 179Severe asthma: from the underlying mechanism to clinical remission Session TagsClinical Translational, presentation Evidence of efficacy of biologics in smokers with severe asthma in the SHARP CRC registry Jérémy Charriot (France)

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Impact du genre sur le syndrome d’apnées du sommeil et les désordres métaboliques associés

Virginie Ferry, service de pneumologie, hôpital Bichat Claude Bernard, Paris.

Le SAS et l’obésité peuvent affecter différemment les individus, notamment selon leur sexe. Cette étude tente de mettre en évidence ces différences avec un modèle murin.

Le SAS est très fréquent chez les patients obèses. Par ailleurs le SAS est un facteur de risque de développer une obésité, un diabète et des pathologies cardiovasculaires. A l’inverse, les perturbations métaboliques peuvent affecter le SAS. Il existe ainsi une relation bidirectionnelle entre ces deux entités. Il semble néanmoins exister des différences de genre sur ces relations.

Objectif :
L’essai vise donc à explorer ces différences de genre avec un modèle murin.

Méthode :
Des souris mâles et femelles étaient réparties dans deux groupes : l’un avec un régime riche en graisse et l’autre recevant un régime pauvre en graisse, et cela pendant 10 semaines. Puis ces souris ont été exposées soit à une hypoxie intermittente (HI ; mimant un SAOS) ou à une concentration d’oxygène de l’air ambiant standard (FiO2 21%) pendant 16 semaines.

A la 26e semaine, toutes les souris étaient placées pendant 24h dans une cage métabolique, permettant de mesurer leur dépense énergétique, les échanges respiratoires et leur activité motrice. Leur poids ainsi que leur index de masse grasse était également mesurés.

Conclusion :
Le SAS et l’obésité sont deux pathologies avec des effets métaboliques sur la santé. Ce modèle murin mettait en évidence une différence entre les sexes sur le métabolisme, la réponse à l’obésité et aux hypoxies.

Les mâles semblaient plus sensibles aux hypoxies combinées aux régimes riches en graisses, tandis que le sexe féminin semblait montrer une protection relative, même si les hypoxies semblaient impacter le métabolisme sous un régime riche en graisse. Cette étude est tout d’abord originale par son design, notamment dans la représentation des deux sexes dans les modèles animaux. Elle va dans le sens de la nécessité de réaliser une prise en charge personnalisée du SAS, avec prise en compte du sexe dans les conseils donnés aux patients.


D’après la session transitioning from basic science to transitional research in sleep-disorders breathing, et la communication « Sex-specific metabolic and behavioral consequences of obesity and intermittent hypoxia in a murine OSA model », M.Badran, University of Missouri.

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SAHOS et obésité  : des lésions dangereuses

Vanessa Bironneau, service de Pneumologie, CHU de Poitiers.

Il existe une interconnexion entre l’obésité et le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS). L’objectif global est de promouvoir une prise en charge holistique du SAHOS chez les patients obèses, axée sur la réduction de la gravité du SAHOS via la gestion de l’obésité (perte de poids, médicaments anti-obésité), l’amélioration de l’espérance de vie, de la fonction physique et de la qualité de vie des patients et la rémission des complications de l’obésité (hypertension, diabète, maladies cardiaques). 

L’obésité, encore mal comprise et sous-estimée, est définie par l’OMS comme une maladie chronique associée à plus de 200 complications, dont le SAHOS, qu’elle contribue à développer en tant que cause sous-jacente.  L’obésité est définie par un IMC ≥ 30kg/m2. Cependant, ce marqueur est insuffisant car il ne prend pas en compte la distribution du tissu adipeux. Le tour de taille correspond à un risque accru lorsqu’il est >88 cm chez les femmes et >102 cm chez les hommes (graisse abdominale inflammatoire et dysfonctionnelle). Le rapport tour de taille/taille avec un seuil pathologique ≥0,5 (commun aux deux sexes) pour les patients avec IMC >27 kg/m², améliore l’évaluation du risque cardiométabolique.  Le SAHOS est le trouble du sommeil organique le plus fréquent, caractérisé par une obstruction des voies aériennes supérieures pendant le sommeil. Ses facteurs de risque non modifiables incluent :  l’âge, le sexe, les antécédents génétiques et les traits anatomiques (macroglossie, rétrognatisme).

L’obésité et le SAHOS interagissent dans les 2 sens via des complications cardiométaboliques :  l’hypertension, le diabète de type 2, les maladies cardiaques, en notant que les associations de plusieurs comorbidités accélèrent le risque de décès prématuré.

Dépistage et diagnostic du SAHOS dans l’obésité

Les signes cliniques du SAHOS sont souvent masqués par d’autres plaintes (fatigue, maux de tête) ou signalés par les proches, nécessitant une vigilance accrue des professionnels de soins primaires.  Différents scores existent pour nous aider dans le dépistage du SAHOS parmi lesquels nous retrouvons le STOPBANG. Ce score prend en compte des données épidémiologiques, morphologiques ainsi que des symptômes cliniques comme le ronflement. Un score ≥ 3 signe un risque élevé de SAHOS. Pour confirmer le diagnostic, la réalisation de polysomnographie en hospitalisation (référence) est limitée par les délais d’accès. La polygraphie à domicile est proposée comme alternative, permettant un diagnostic plus rapide. Elle est intégrée dans un algorithme de prise en charge.

Prise en charge thérapeutique

Si la pression positive continue (PPC) permet de diminuer de façon significative l’index d’apnées hypopnées (IAH), elle améliore légèrement la pression artérielle, la sensibilité à l’insuline et la glycémie chez les patients en prédiabète, mais n’a pas d’effet sur la glycémie des diabétiques de type 2 ni sur la mortalité.  Par ailleurs, l’adhésion à la PPC est souvent faible. Il est donc nécessaire d’expliquer clairement au patient les bénéfices attendus (la réduction du risque cardiovasculaire), de réaliser un suivi régulier et d’adapter le matériel pour améliorer le confort.

La perte de poids va réduire l’IAH mais la perte de poids par modifications du mode de vie induit un « état post-obésité » : hormones régulatrices du poids modifiées, dépense énergétique réduite, réponse cérébrale exacerbée aux signaux alimentaires, et persistance de l’environnement obésogène (difficile à éviter dans les sociétés occidentales). Ce phénomène explique les rechutes fréquentes, justifiant l’usage de médicaments anti-obésité.  Malgré les conseils de perte de poids classiques, les patients atteints d’un SAHOS y parviennent rarement, même avec des dispositifs de suivi. C’est pourquoi de nouvelles approches thérapeutiques sont nécessaires.  Pami elles, nous retrouvons la tirzepatide qui a récemment fait ses preuves en diminuant jusqu’à 20% le poids, et entrainant une baisse de l’IAH 27 à 30 évènements/heure. La somnolence et la qualité de vie étaient significativement améliorées. Tout ceci a même permis pour 52% des patients d’arrêter la PPC. Cette molécule a quelques effets secondaires dont principalement des effets gastro-intestinaux (diarrhée, nausées, constipation), mais gérables. L’adhésion à long terme reste à évaluer. 

Quel que soit le traitement proposé, le succès thérapeutique dépend de la compliance et du suivi régulier : le diagnostic et l’initiation du traitement ne suffisent pas ; un suivi rigoureux est indispensable pour vérifier l’adhésion et ajuster la stratégie. 

Conclusion

L’obésité est une maladie chronique complexe et une cause clé du SAHOS. Le SAHOS est une pathologie fréquente et sous-diagnostiquée, avec des conséquences cardiovasculaires majeures. Les troubles du sommeil, en particulier le SAHOS, sont un enjeu majeur de santé publique sous-diagnostiqué. Grâce à des outils simples (STOP-BANG), une polygraphie à domicile accessible et une collaboration interprofessionnelle renforcée, il est possible de détecter et traiter ces patients plus efficacement. L’évaluation combinée (IMC, tour de taille) et la prise en charge multidisciplinaire (traitement symptomatique du SAHOS associé à la gestion de l’obésité) sont essentielles pour améliorer le pronostic des patients. De plus, les avancées thérapeutiques, notamment les agonistes GLP-1, ouvrent de nouvelles perspectives pour casser le cycle vicieux obésité-SAHOS. La clé réside dans une approche de médecine de précision, associée à un suivi étroit, et améliorer la prise en charge des patients.


D’après la session Industry evening symposium: New Horizons on the Pharmacological Management of OSA
The Link Between Obesity and OSA Eveline Dirinck (Belgium) OSA screening and diagnosis: who, when and how Xavier Cos (Spain)
Management of OSA: Pharmacological and Beyond Christoph Schöbel (Germany)

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La télémédecine et la VNI : le futur ? Non… Déjà le présent !

Vanessa Bironneau, service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

La Ventilation non invasive (VNI) a toute sa place dans la prise en charge de nombreuses pathologies respiratoires depuis plus de 50 ans. Alors que la télémédecine est déjà utilisée depuis plusieurs années pour les patients traités par pression positive continue, quelle est la place de cette nouvelle technologie pour la VNI alors que sa valeur ajoutée reste à clarifier ?

La télémédecine pour la VNI est un enjeu notamment pour 2 éléments principaux : l’initiation de la VNI à domicile et le suivi régulier des patients au long cours. SI le retour patient est souvent très positif, le niveau de preuve de cette technologie pour la VNI est globalement limité. La question réglementaire reste présente avec notamment la protection des données patients.

La télésurveillance aujourd’hui 

L’objectif final de la télésurveillance est d’améliorer l’observance thérapeutique, de réduire les hospitalisations inutiles, de personnaliser les soins (notamment en phase d’initiation) et de maintenir des résultats cliniques positifs.  Il est donc conseillé d’utiliser la télésurveillance dès l’instauration de la VNI. Grâce à des alertes, il va être possible d’intervenir très précocement auprès du patient en cas de mauvaise observance, d’anomalies de la fréquence respiratoire ou de désaturations. Ces interventions permettent de corriger les réglages de la VNI à distance, évitant ainsi les hospitalisations. 

Les données de la littérature et notamment celles de l’étude EVENT1 montrent que la télésurveillance des patients sous VNI améliore la compliance du patient, réduit les évènements résiduels (apnées) et améliore la gestion des fuites du masque ;  avec des bénéfices durables sur 6 mois. Cependant, une approche multidisciplinaire est la clef de la réussite. En effet, une prise en charge efficace nécessite une équipe pluridisciplinaire (médecins, kinésithérapeutes, infirmières, psychiatres et travailleurs sociaux) afin d’assurer non seulement la gestion médicale, mais aussi la qualité de vie sociale du patient.

La télésurveillance demain 

Il est nécessaire de pouvoir poursuivre les recherches sur cette thématique notamment concernant le traitement des données (algorithmes avancés/IA pour l’analyse de grandes quantités de données), l’évaluation de l’efficacité et du coût-efficacité, la recherche de marqueurs, de “bons indicateurs” de suivi en télésurveillance, prédictifs de stabilité / détérioration de la prise en charge (ex. prédiction d es exacerbations) et enfin l’harmonisation internationale devant des pratiques actuellement très disparates en fonction des pays.

Conclusion :

La ventilation mécanique à domicile connaît une croissance mondiale, due à l’augmentation des maladies respiratoires chroniques. Sa réussite dépend de l’adaptation individuelle, de l’approche multidisciplinaire et de l’intégration de technologies comme la télésurveillance et l’IA. L’évolution des équipements (connectivité, portabilité) et la poursuite de la recherche permettront de transformer cette prise en charge, dans un objectif de qualité et d’efficience pour les patients et les systèmes de santé.


D’après la session Personalised Non Invasive Ventilation : Unlocking the Value From Initiation to Optimisation : Practical Strategies for Setting Up and Managing Home Ventilation Maria José Araújo Cunha Guimarães (Palmeira – Stº Tirso, Portugal) An effective digitalised approach in ventilated patients Ulla Anttalainen (Paimio, Finland)

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Science fondamentale : Avancées en réparation pulmonaire

Louise Bondeelle, service de Pneumologie, Hôpitaux universitaires de Genève, Suisse

Lors de cette session dédiée à la recherche fondamentale, plusieurs travaux ont porté sur les mécanismes de réparation pulmonaire et les perspectives de thérapies régénératives innovantes.

Les présentations ont mis en évidence la complexité des interactions cellulaires impliquées dans la régénération pulmonaire après lésion, soulignant que le processus de réparation résulte d’un dialogue finement coordonné entre différents types cellulaires.


Un modèle d’organoïdes humains dérivés de cellules pulmonaires adultes a permis d’explorer l’impact de l’inflammation sur la régénération alvéolaire. Il a été montré que certaines cytokines, comme l’interféron gamma, peuvent avoir des effets contrastés délétères pour les cellules alvéolaires de type 1 mais stimulant pour la prolifération des cellules de type 2, essentielles à la réparation cellulaire.

Parallèlement, des avancées ont été rapportées dans le domaine des cellules souches et des thérapies régénératives, avec le développement de protocoles standardisées d’isolement et de différenciation. Ces approches visent à rapprocher la recherche expérimentale de l’application clinique et ouvrent la voie à de nouvelles options pour les patients atteints de maladies pulmonaires chroniques.

En résumé, cette session a souligné les progrès récents dans la compréhension des mécanismes régénératifs pulmonaires et les perspectives offertes par les thérapies cellulaires et tissulaires. Ces travaux constituent une étape importante vers des stratégies de réparation innovantes et potentiellement transposables à la pratique clinique dans les années à venir. Une conférence spécifiquement dédiée aux avancées en science fondamentale se tiendra en mars prochain, dans le cadre de la Conference in Lung Science organisée par l’ERS.


D’après la session 10:15-11:455C _ 279 Sympo Repairing the lung: from single cells and tissue organisation to regenerative therapy 

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Le treprostinil : premier traitement inhalé efficace dans la FPI !

Raphaël Hindré, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny

Le treprostinil, analogue de la prostacycline, qui présente en dehors de son action vasodilatatrice artérielle pulmonaire, une action anti fibrosante, a été évalué sous forme inhalée dans l’étude de phase III TETON-2 chez des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique (FPI).

Méthodologie 

Il s’agissait d’un essai international, randomisé, contrôlé contre placebo, en double aveugle. Ont été inclus des patients atteints de FPI avec une CVF ≥ 45%, pouvant être déjà sous antifibrosants. Le treprostinil inhalé (3 bouffées, soit 18 mcg, 4 fois / jour) était comparé au placebo. Le critère de jugement principal était la variation de la CVF à 52 semaines.

Population étudiée 

597 patients randomisés (224/298 ont complété les 52 semaines de traitement dans le bras tréprostinil). Les groupes étaient homogènes : âge moyen de 72 ans, 80% d’hommes, 4 ans de durée moyenne d’évolution de la maladie, CVF à 77% et DLCO à 47% de la théorique. 75% des patients recevaient un antifibrosant.

Moins de déclin de CVF à 52 semaines dans le groupe treprostinil

A 52 semaines, le déclin de CVF était significativement moindre sous treprostinil avec une différence de +95,6 mL vs placebo (IC 95% 52-139 ; p<0,0001). L’effet apparaissait dès la 16ème semaine et persistait. Le bénéfice était aussi observé chez les patients déjà traités par antifibrosants (nintedanib : -115 vs -43 mL, p=0,0075 ; pirfenidone : -188 vs -52 mL, p=0,0003). Concernent les critères secondaires, le treprostinil inhalé réduisait de 29% la survenue d’une aggravation clinique (HR 0,71 (IC 95% : 0,53-0,95) ; p=0,02), critère composite défini par le décès, l’hospitalisation de cause respiratoire ou le déclin relatif ≥10% de la CVF prédite. En revanche, il n’y avait pas de réduction significative des exacerbations aiguës, ni de la mortalité à 52 semaines. La qualité de vie évaluée par le KBILD questionnaire diminuait significativement moins dans le groupe treprostinil (-1 vs -2,6, p=0,01), de même que la DLCO (-2,8 vs -4,1% de la valeur théorique, p=0,004). Concernant la tolérance, la toux était l’effet indésirable le plus fréquent (48% dans le groupe treprostinil vs 24% dans le groupe placebo) suivi par les céphalées.

En conclusion :

L’essai TETON-2 démontre que le tréprostinil inhalé est le premier traitement inhalé efficace dans la FPI, réduisant de façon significative le déclin de la CVF et de la qualité de vie, tout en étant bien toléré. Néanmoins, aucun bénéfice n’a été démontré sur la mortalité ou la prévention des exacerbations aiguës.


D’après la session ID 108, Emerging clinical trials in pulmonary fibrosis Presentation ID 1254 : TETON phase 3 clinical trials of inhaled treprostinil in the treatment of idiopathic pulmonary fibrosis

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Recommandations ERS / EULAR sur le dépistage, le diagnostic et le traitement des PID de connectivites

Raphaël Hindré, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny

Après 5 années de travail, l’écriture de plus de 1000 pages de recommandations, la collaboration de 26 médecins comprenant pneumologues, rhumatologues, radiologue, anatomopathologiste ainsi que des patients experts, les professeurs Bruno Crestani et Anna Maria Hoffmann-Vold ont présenté une synthèse des principaux axes de ces recommandations.

Dépistage

Le scanner thoracique haute résolution reste l’outil de choix pour le dépistage. Ni l’EFR, insuffisamment sensible, ni l’échographie thoracique, dont les critères diagnostiques sont hétérogènes, ne sont recommandées. En cas de sclérodermie systémique (SSc), connectivite mixte (MCTD) et myopathies inflammatoires idiopathiques (IIM), le dépistage sera systématique. En cas de polyarthrite rhumatoïde (PR) ou de syndrome de Sjögren (SjD) le dépistage est recommandé en présence de facteurs de risque. Ils varient selon la connectivite. Ils se résument en facteurs démographiques (âge élevé, sexe masculin, tabagisme pour la PR ou longue durée d’évolution pour la SSc), biologiques (CRP élevée, anticorps) et l’existence d’atteintes extra pulmonaires. Aucune recommandation n’a pu être faite sur le rythme du dépistage.  

Diagnostic

Les facteurs de risque de progression doivent être déterminés au diagnostic en cas de SSc, PR et IIM. Pour cela, en plus de l’évaluation clinique, des explorations biologiques (CRP, recherche d’auto-anticorps, ferritine pour les IIM), fonctionnelles respiratoires (EFR + TM6), scanographiques (pattern et extension de la PID) doivent être réalisées ainsi qu’une évaluation par les spécialistes concernés des atteintes extra thoraciques. Le LBA n’a de place que pour exclure un diagnostic alternatif ou une infection. La biopsie pulmonaire n’a pas d’indication pour le diagnostic de la PID.

Suivi

Il est recommandé de répéter l’EFR chaque 3 à 6 mois durant les premières années (5 ans pour la SSc, 2 ans pour les MCTD, 1 an pour les autres) puis tous les 6 à 12 mois. Le scanner thoracique doit être répété tous les 1 à 2 ans pour l’ensemble des PID de connectivites hors MCTD où il est préférable de le renouveler à 3-6 mois, particulièrement pour ceux à haut risque. Le suivi du TM6 est également préconisé. En cas de suspicion de progression l’EFR et le scanner devront être réalisés.

Traitement

Les recommandations thérapeutiques sont détaillées par des algorithmes spécifiques à chaque étiologie. Globalement, un traitement immunosuppresseur (IS) est toujours recommandé soit seul soit en association pour les formes à haut risque de progression ou en cas d’atteinte multi organe sévère. La gamme des IS comprend le mycophenolate mofetil, le rituximab, le cyclophosphamide et plus spécifiquement le tocilizumab pour la SSc-ILD avec atteinte cutanée diffuse, l’abatacept ou les JAK inhibiteurs dans la PR.

Le nintedanib est indiqué seul ou en association avec un IS en cas de forme progressive ou avant progression dans les formes à haut risque de SSc-ILD. Pour la PR-ILD la pirfenidone est recommandée en cas de pattern de PIC indépendamment du phénotype progressif.


D’après la session ID 185 : connective tissue diseases with interstitial lung involvement Antoniou et al, ERS / EULAR clinical practice guidelines for connective tissue disease-associated interstitial lung disease. European Respiratory Journal, 2025. 2500896

Recommandations ERS / EULAR sur le dépistage, le diagnostic et le traitement des PID de connectivites Lire la suite »

Après l’intestin, le poumon: le microbiote dévoile ses secrets dans les pneumopathies immuno-induites et post-radiques

Vincent Fallet, service de Pneumologie, hôpital Tenon, Paris

Le rôle du microbiote intestinal dans la réponse aux immunothérapies est désormais bien établi. Une étude présentée à l’ERS 2025 s’intéresse cette fois au microbiote pulmonaire, et met en lumière la sur-représentation de Prevotella melaninogenica dans les pneumopathies immuno-induites et post-radiques. Ces résultats exploratoires invitent à mieux comprendre l’implication du microbiote respiratoire dans ces toxicités.

Les pneumopathies liées aux inhibiteurs de checkpoint et celles post-radiques représentent des toxicités pulmonaires redoutées. Leur physiopathologie reste mal comprise, notamment dans l’interaction avec le microbiote respiratoire.

Une équipe chinoise a présenté une étude prospective incluant 61 patients (23 pneumopathies immuno-induites ou post-radiques et 38 pneumonies infectieuses sur cancer pulmonaire). Le séquençage métagénomique des lavages broncho-alvéolaires a révélé une abondance significativement accrue de Prevotella melaninogenica dans les pneumopathies immuno-/post-radiques, où elle constituait l’espèce dominante.

Prevotella melaninogenica, commensale habituelle et faiblement inflammatoire dans le microbiote pulmonaire sain, peut dans certains contextes devenir opportuniste et contribuer à une dysrégulation immunitaire. Dans cette étude, son enrichissement était associé à une lymphocytose alvéolaire mais aussi à une lymphopénie périphérique. Ce profil évoque une possible association entre le microbiote bronchique et la physiopathologie de ces pneumopathies.

Les analyses de diversité du microbiote (alpha et bêta) n’ont pas montré de différences globales entre les 2 groupes. Mais d’autres signatures se distinguaient: P. melaninogenica  et Cytomegalovirus humanbeta5 étaient plus fréquents dans les pneumopathies immuno- induites et post-radiques, tandis que Neisseria subflava et Porphyromonas pasteri étaient retrouvées dans les pneumonies infectieuses.

L’enrichissement de P. melaninogenica dans l’arbre bronchique, associé à une lymphopénie périphérique suggère une implication possible du microbiote pulmonaire dans la physiopathologie des pneumopathies immuno- et radio-induites.

Mais cette étude présente plusieurs limites: effectif réduit, monocentrique, absence de comparaison avec des sujets sains ou des patients après résolution de la pneumopathie. Des travaux complémentaires, sur des cohortes indépendantes et avec un suivi longitudinal, seront nécessaires pour préciser si P. melaninogenica est un simple témoin ou un acteur de la toxicité pulmonaire liée aux traitements anticancéreux.


D’après la communication orale X. Wu – Late Breaking Abstract – High level of Prevotella melanogenic in the lower respiratory microbiota of Checkpoint inhibitor pneumonitis and radiation pneumonitis – session Translating in the “omics” milky way of lung cancer ERS 2025

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