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BPCO et insuffisance cardiaque gauche à fraction d’éjection préservée

Le Pr Lamblin a présenté dans cette session l’insuffisance cardiaque gauche à fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) préservée.

Il a d’abord rappelé les dernières définitions de l’insuffisance cardiaque, qui reposent sur l’association de symptômes ou de signes cliniques (notamment la dyspnée) et soit une élévation des peptides natriurétiques (BNP ou NT-proBNP), soit la présence de signes de congestion pulmonaire ou systémique.

Sur cette base, on distingue trois catégories d’insuffisance cardiaque (IC) :

  • IC à FEVG réduite,
  • IC à FEVG modérément réduite,
  • IC à FEVG préservée (> 50 %).

Dans l’IC à FEVG réduite, c’est principalement le cœur qui est malade et qui entraîne les complications cliniques. À l’inverse, dans l’IC à FEVG préservée, ce sont souvent les comorbidités du patient — par exemple l’hypoxémie chez les patients atteints de BPCO, l’obésité, l’hypertension artérielle — qui contribuent secondairement à l’atteinte cardiaque.

Comme évoqué précédemment, le dosage du BNP et du NT-proBNP constitue un outil précieux pour le dépistage de ces patients, avec des seuils proposés de 35 pg/mL pour le BNP et de 125 pg/mL pour le NT-proBNP. Il convient toutefois d’interpréter ces valeurs avec prudence, en tenant compte des variations physiologiques liées à l’âge (qui tend à augmenter les seuils) ou à l’obésité (qui les abaisse), ainsi que de certaines situations cliniques comme l’insuffisance rénale ou la fibrillation auriculaire.

Enfin, nous apprenons que l’échocardiographie peut être mise en défaut dans ce contexte. En effet, par définition, la FEVG est conservée, les pressions de remplissage (E/e’) ne sont pas nécessairement élevées, et une évaluation multiparamétrique fine est souvent indispensable, parfois au cours d’un test d’effort, pour étayer le diagnostic.

Ainsi, il est tout à fait possible d’observer un tableau de décompensation cardiaque avec une échocardiographie apparemment normale.

À l’état stable, des scores prédictifs peuvent également être utiles, comme le score H₂FPEF (poids, HTA, fibrillation auriculaire, hypertension pulmonaire, âge > 60 ans, pressions de remplissage élevées) ou le score européen.

Ce diagnostic est d’autant plus important que des traitements existent, notamment les antagonistes des récepteurs de l’aldostérone, qui semblent particulièrement pertinents dans cette situation.


D’après la session du Vendredi 30/01 16h30 18h00 Session interaction cœur Poumon – Pr LAMBLIN

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Dépistage du syndrome d’apnées obstructives du sommeil : quels prérequis ?

Il convient de rappeler que selon l’OMS, le dépistage par définition s’applique à des sujets asymptomatiques. La question sous-jacente est l’intérêt à identifier les sujets à haut risque d’anomalies respiratoires du sommeil (AROS). Par ailleurs, le test de dépistage n’est pas un test diagnostique et peut donc reposer sur un simple questionnaire, et se justifie s’il existe un impact pronostique de la PPC sur la survie, et sur les symptômes que ces sujets n’auront par définition pas. Or il se trouve que les AROS sont fréquents en population générale, ainsi que l’a montrée la cohorte HypnoLaus, concernant 83% des adultes de plus de `40 ans pour un seuil d’IAH à 5/h, et plus de 40% pour un seuil d’IAH à 15/h 1. Par ailleurs, la validation des questionnaires (Berlin, STOP-BANG, NoSAS) a été faite pour un seuil d’IAH à 15/h, ils ont donc été construits pour détecter les AROS, et non pour déterminer quels patients bénéficieraient d’un traitement par PPC ou OAM. De plus, leurs performances ne sont pas les mêmes dans l’ensemble de la population (âge, genre influent sur leurs performances diagnostiques). Le rôle des nouvelles technologies dans le dépistage n’a pas été présenté dans cette session, car leur place n’est pas encore déterminée, faut de niveau de preuve suffisant pour la plupart des dispositifs.

Du fait de la fréquence des AROS, de l’absence d’outil validé pour un dépistage en population générale, de l’absence d’étude montrant un bénéfice de la PPC sur le pronostic en population générale, il est proposé de ne pas réaliser de dépistage en population générale, que ce soit par des questionnaires ou des examens complémentaires. La question se pose par la suite dans certaines situations à risque (comorbidités cardiovasculaires ou respiratoires, périopératoire ou grossesse).

Dans les comorbidités cardiovasculaires (FA, HTA, coronaropathie, AVC, insuffisance cardiaque), il n’est globalement pas recommandé de réaliser un dépistage systématique chez les sujets asymptomatiques, en dehors de l’HTA résistante ou non dipper.  De même, dans l’obésité, il n’est pas recommandé de dépister systématiquement en l’absence de signes cliniques car il n’existe pas de littérature sur l’impact des AROS sur le pronostic, hors hypoventilation alvéolaire. En revanche, le pronostic défavorable du syndrome obésité hypoventilation alvéolaire et l’amélioration franche du pronostic sous ventilation (PPC comprise) sont démontrées, et il est donc recommandé (comme en 2010), de réaliser une gazométrie artérielle en air ambiant chez les sujets avec IMC > 35 kg/m2, dyspnéiques, ou avec SpO2 < 94% à l’éveil.

Dans la BPCO ou en situation périopératoire, compte tenu du faible niveau de preuve sur l’impact de la PPC sur le pronostic, il n’est pas recommandé de dépister systématiquement, mais en cas d’utilisation d’un questionnaire, le STOP-BANG est le plus adapté.

Pendant la grossesse, la prévalence des AROS augmente et il existe une association entre les AROS et le risque de complications maternelles et fœtales. Trois essais randomisés sont négatifs sur l’impact de la PPC, et un essai non randomisé est positif dans une population de grossesse à haut risque de complications (HTA et prééclampsie) . A l’heure actuelle, le sujet n’est donc pas tranché et les recommandations françaises seront probablement alignées sur les recommandations nord-américaines 2       Heinzer R, Vat S, Marques-Vidal P, Marti-Soler H, Andries D, Tobback N, et al. Prevalence of sleep-disordered breathing in the general population: the HypnoLaus study. Lancet Respir Med 2015;3:310–8. https://doi.org/10.1016/S2213-2600(15)00043-0. [2]       Dominguez JE, Cantrell S, Habib AS, Izci-Balserak B, Lockhart E, Louis JM, et al. Society of Anesthesia and Sleep Medicine and the Society for Obstetric Anesthesia and Perinatology Consensus Guideline on the Screening, Diagnosis, and Treatment of Obstructive Sleep Apnea in Pregnancy. Obstet Gynecol 2023;142:403–23. https://doi.org/10.1097/AOG.0000000000005261.].


D’après la session du vendredi 30/01 RD03, Recommandations 2, syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil, épisode 1 : définitions, diagnostic et dépistage

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Aux frontières du nodule, l’aventure continue…

C’est sous le soleil – temporairement – radieux de Lille que s’est ouverte, vendredi 30 janvier, la première journée du 30ᵉ Congrès de Pneumologie de Langue Française (CPLF). Après une matinée consacrée aux cours de perfectionnement, la conférence inaugurale, interrogeant l’impact du dérèglement climatique sur la santé, a donné le ton. Si la prise en compte de ce bouleversement environnemental s’imposera, de gré ou de force, à mesure que les ressources mondiales en combustibles fossiles s’épuisent, chaque acteur de la santé respiratoire est d’ores et déjà invité à questionner ses pratiques : leur impact environnemental, mais aussi le rôle d’influenceur qu’il exerce auprès des patients et de la société.

La première présentation, assurée par le Pr Marie Wislez, était dédiée aux différences femmes-hommes dans le dépistage. Elle a rappelé que les femmes restent très nettement sous-représentées dans la majorité des grandes études de dépistage menées jusqu’à présent, à l’exception notable de l’étude CASCADE, dont le recrutement exclusivement féminin est désormais terminé. Ce constat contraste avec un message fort : le bénéfice du dépistage par scanner low dose apparaît clairement supérieur chez les femmes. Deux hypothèses principales émergent pour expliquer cette différence. La première repose sur des disparités histologiques, les femmes développant quasi exclusivement des adénocarcinomes, au pronostic globalement plus favorable, et très peu de carcinomes épidermoïdes ou à petites cellules. La seconde concerne le poids des comorbidités, significativement moindre chez les femmes, influençant directement le bénéfice net du dépistage. L’étude CASCADE, spécifiquement dédiée à la population féminine, devrait prochainement apporter des éléments de réponse déterminants.

Le Dr LEDERLIN a ensuite rappelé un message essentiel de pratique quotidienne : les nodules semi-solides persistants sont toujours suspects et nécessitent une surveillance attentive, répétée et prolongée. L’analyse de leur temps de doublement volumétrique, et en particulier de l’évolution de leur composante solide, est centrale pour en apprécier le potentiel invasif. Afin d’affiner l’évaluation du risque, plusieurs critères morphologiques complémentaires sont désormais intégrés dans les programmes de dépistage : présence de clartés aériques internes, bronchogramme intranodulaire, hétérogénéité de la structure interne, indentation pleurale, spiculations, contact avec la paroi d’une bulle, contours concaves ou encore taille supérieure à 3 cm. Autant d’éléments qui rappellent que l’analyse qualitative du nodule reste indissociable des mesures quantitatives.

Enfin, le Pr LEMESLE a abordé la question de la découverte fortuite des calcifications coronariennes et de la mesure du score calcique, sous trois angles complémentaires : pronostique, diagnostique et thérapeutique. Le score calcique apparaît avant tout comme un marqueur global de mauvaise santé, permettant de prédire le risque d’événements cardiovasculaires. Plus surprenant, une augmentation du score calcique est également associée à une hausse de la mortalité par cancer, indépendamment de facteurs de confusion tels que le tabagisme. Sur le plan diagnostique, son utilisation doit s’inscrire dans une évaluation clinique et paraclinique préalable, afin d’estimer la probabilité prétest de risque cardiovasculaire et d’en juger la pertinence. En revanche, les données restent insuffisantes pour définir des seuils décisionnels clairs ou des stratégies thérapeutiques standardisées en cas de score élevé, renforçant le rôle central de l’évaluation clinique, biologique et électrocardiographique dans l’interprétation de ce paramètre.

Cette session a brillamment illustré que le dépistage du cancer du poumon ne saurait se résumer à une simple chasse aux nodules. Différences de genre, analyse fine des nodules semi-solides, évaluation cardiovasculaire opportuniste : le scanner low dose s’impose comme un véritable outil de médecine préventive intégrée. Aux frontières du nodule, c’est bien une vision plus globale du patient qui se dessine, confirmant que le succès du dépistage reposera autant sur la rigueur radiologique que sur l’intelligence clinique et multidisciplinaire.


D’après la présentation de la Session A11 : le dépistage du cancer du poumon, il n’y a pas que les nodules…– 30/01/26

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Le dépistage du cancer du poumon version French Touch : comment prendre la bonne IMPULSION?

C’est sous le soleil – temporairement – radieux de Lille que s’est ouverte, vendredi 30 janvier, la première journée du 30ᵉ Congrès de Pneumologie de Langue Française (CPLF). Après une matinée consacrée aux cours de perfectionnement, la conférence inaugurale, interrogeant l’impact du dérèglement climatique sur la santé, a donné le ton. Si la prise en compte de ce bouleversement environnemental s’imposera, de gré ou de force, à mesure que les ressources mondiales en combustibles fossiles s’épuisent, chaque acteur de la santé respiratoire est d’ores et déjà invité à questionner ses pratiques : leur impact environnemental, mais aussi le rôle d’influenceur qu’il exerce auprès des patients et de la société.

À l’heure où le dérèglement climatique est désormais bien installé, le temps est venu de mettre l’accent sur la prévention secondaire. A ce titre, l’implémentation du dépistage du cancer du poumon apparaît comme un investissement majeur, exigeant un engagement constant de la communauté pneumo-radiologique. C’est précisément l’ambition du programme pilote IMPULSION, appelé à structurer et sécuriser le déploiement du dépistage en France.

Les Drs Pierre BOMBARON et Jacques LE TREUT ont animé un atelier de grande qualité dédié au dépistage du cancer du poumon par scanner thoracique à faible dose, en faisant une promotion convaincante du programme national IMPULSION. Celui-ci sera initialement déployé dans cinq régions pilotes avant une généralisation progressive à l’ensemble du territoire.

La population cible est clairement définie avec les principales caractéristiques suivantes : sujets fumeurs actifs ou sevrés, âgés de 50 à 74 ans, avec un tabagisme ≥ 20 paquets-années, un performance status (PS) de 0–1, absence de dyspnée mMRC4, absence de symptôme évocateur de cancer pulmonaire. Un point central du programme réside dans l’intégration systématique d’une prise en charge tabacologique dès l’inclusion, rappelant que le dépistage ne saurait être dissocié d’une stratégie globale de réduction du risque.

L’évaluation du risque de cancer du poumon repose sur une analyse rigoureuse des lésions nodulaires solides ou semi-solides détectées au scanner basse dose: taille, volume, morphologie, mais également dynamique évolutive, conformément aux recommandations de l’European Society of Thoracic Imaging (ESTI). Au-delà des nodules, le dépistage se veut multiparamétrique, intégrant des informations à forte valeur ajoutée clinique telles que la présence de calcifications coronariennes, d’un emphysème ou encore de signes d’ostéoporose, renforçant ainsi la dimension préventive globale de l’examen.

Avec le programme IMPULSION, le dépistage du cancer du poumon entre dans une nouvelle ère en France : structurée, multidisciplinaire et résolument tournée vers la prévention globale. Au-delà de la détection précoce des cancers, il s’agit d’un véritable changement de paradigme, plaçant le pneumologue et le radiologue au cœur d’une démarche proactive, intégrant sevrage tabagique, évaluation cardiovasculaire et santé osseuse. Une French Touch ambitieuse, qui pourrait bien donner l’impulsion décisive pour réduire durablement la mortalité du cancer le plus meurtrier en France et dans le monde


D’après la présentation de la Session AT01 : le dépistage du cancer du poumon – 30/01/26

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Diagnostiquer le SAHOS : tout une histoire

Les symptômes
Les symptômes du SAHOS sont souvent non spécifiques et subjectifs, avec une présentation clinique hétérogène entre les patients. L’objectif sera donc de classifier ces symptômes selon leur lien de causalité avec le SAHOS pour guider le diagnostic :

  • Catégorie 1 : les indices d’obstruction des voies aériennes supérieures qui reflètent directement le collapsus des voies aériennes. On y retrouve les ronflements sévères/quotidiens (fréquents mais peu spécifiques, plus spécifiques chez la femme), les apnées constatées par l’entourage et les suffocations nocturnes.
  • Catégorie 2 : les indices d’altération du sommeil secondaires aux événements respiratoires. Ils comprennent le sommeil non réparateur, la somnolence diurne excessive (symptôme clé, avec évaluation de son retentissement sur la vie quotidienne et les risques d’accidents), et l’insomnie (peut être primaire ou comorbide au SAHOS : “insomnie et apnée du sommeil ou COMISA”).
  • Catégorie 3 : les indices mixtes, en lien avec l’obstruction et l’altération du sommeil. Cette catégorie comprend les céphalées matinales (bilatérales, survenant dans les 4 premières heures après le réveil, spontanément résolutives), la nycturie et les sueurs nocturnes (dégradent la qualité du sommeil).
  • Catégorie 4 :  les indices indirects : Lien de causalité discuté (trop fréquents en population générale ou études contradictoires). Exemples : fatigue, altération de l’humeur, troubles cognitifs, baisse de la libido.
  • Ces symptômes doivent être évalués en fonction de leur retentissement global (familial, social, professionnel). Il est nécessaire de rechercher d’autres causes expliquant mieux la symptomatologie.

Les examens diagnostiques et la stratégie

Il n’y a eu aucune nouveauté ces dernières années concernant les examens à réaliser et leur conditions. On retrouve donc les mêmes éléments que ceux des recommandations de 2010.
La polygraphie ventilatoire (PV) est recommandée en première intention pour son moindre coût, son accessibilité sur tout le territoire et sa rentabilité dans la majorité des cas. La polysomnographie (PSG) sera envisagée en première intention si une autre pathologie du sommeil est suspectée ou chez les sujets jeunes non obèses présentant plus d’hypopnées éveillantes non désaturantes (risque de non-conclusion par polygraphie). En cas de discordance électro clinique lors d’une PV, on complétera systématique par une polysomnographie (PSG). En cas de discordance avec la PSG, il pourra être discuter de la réitérer.

Évaluation de la sévérité
L’index d’apnées hypopnées (IAH) est un biomarqueur insuffisant. L’évaluation de la sévérité doit se faire sur l’impact symptomatique (détresse ou handicap cliniquement significatif) et le risque pour la santé (présence de comorbidités).

L’objectif de ces recommandations est de guider la pratique clinique vers une prise en charge individualisée, axée sur l’impact symptomatique et les risques pour la santé du patient, plutôt que sur des marqueurs biologiques isolés comme l’IAH.


D’après la communication « diagnostic » présentée par Cécile L’HEVEDER (Brest), session RD03 – Recommandation 2. Syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil, épisode 1 : définition, diagnostic et dépistage

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Symptômes : quelles interventions non médicamenteuses pour soulager ?

Fatigue et dyspnée

La fatigue est un symptôme multidimensionnel. Au-delà de la fatigue physique, la fatigue émotionnelle correspond à un état persistant, décrit notamment en post-Covid, associant troubles cognitifs, émoussement affectif et irritabilité. Chez les patients atteints de BPCO, elle peut altérer l’engagement dans les programmes de réadaptation respiratoire. Elle s’inscrit dans un contexte de dyspnée chronique, souvent associée à une forte charge émotionnelle (peur, anxiété, culpabilité, sentiment d’injustice), pouvant aller jusqu’au traumatisme psychologique.

La dyspnée peut être améliorée par l’activité physique, mais l’anxiété liée à l’effort constitue un frein majeur. Cette dyspnée comporte des dimensions sensorielles et affectives, justifiant des approches non pharmacologiques ciblées. L’équipe de la clinique du souffle de Lodève a ainsi évalué l’apport de l’hypnose, visant à agir sur les composantes sensorielles, affectives et traumatiques de la dyspnée, tout en favorisant l’autonomie et les comportements de santé.

Il s’agissait d’une étude randomisée monocentrique comparant une réadaptation respiratoire multidisciplinaire seule à une réadaptation associée à cinq séances d’hypnose et d’apprentissage de l’autohypnose (n=106). La dyspnée diminuait à 3 mois dans les deux groupes, avec une ré-ascension à 6 mois, plus modérée dans le groupe hypnose. Un meilleur maintien de l’activité physique était également observé à 3 mois dans ce groupe. Bien que négative, l’étude suggère un intérêt potentiel de l’hypnose en réadaptation respiratoire, à confirmer par des études multicentriques.

Chron Respir Dis. 2024 Jan-Dec:21:14799731241255135. doi: 10.1177/14799731241255135.Relevance of multidimensional dyspnea assessment in the context of pulmonary rehabilitation Virginie Molinier, Espérance Moine, Pauline Caille, Nathalie Fernandes, François Alexandre, Nelly Heraud

Anxiété pendant la fibroscopie bronchique et de réalité virtuelle

La fibroscopie bronchique vigile peut être mal vécue, générant anxiété, inconfort et douleurs. L’équipe de soins intensifs de pneumologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou a évalué l’intérêt de la réalité virtuelle (RV), déjà associée à une réduction de la douleur et de l’anxiété dans d’autres contextes de soins invasifs.

Cette étude randomisée comparait une fibroscopie bronchique standard à une fibroscopie associée à l’utilisation d’un casque de RV, appliqué après l’anesthésie locale. Le dispositif proposait plusieurs environnements immersifs, choisis par le patient, avec une induction hypnotique rapide et un port maintenu pendant toute la procédure.

Au total, 120 patients ont été inclus dans 4 centres sur 23 mois. Les résultats, dont l’objectif principal était la réduction de l’anxiété maximale autoévaluée, sont attendus en 2026. Cette approche non médicamenteuse, simple à déployer et ne nécessitant pas de formation spécifique, pourrait ouvrir des perspectives pour d’autres gestes invasifs en pneumologie.

NCT05973201 Evaluation of Virtual Reality to Reduce Anxiety, Pain and Duration of Non-emergency Vigile Bronchial Fibroscopy (AVATAR)

Effets indésirables des inhibiteurs du check point : comment en parler ?

Les inhibiteurs de checkpoint immunitaire (ICI), bien que dépourvus des toxicités classiques de la chimiothérapie, exposent à des effets indésirables auto-immuns parfois sévères. Les équipes du Centre de cancérologie de l’Ouest et de l’Institut Curie ont évalué l’impact d’un programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) sur la survenue de toxicités de grade ≥3, ainsi que sur la qualité de vie.

Cette étude randomisée comparait une prise en charge avec ETP à une prise en charge standard (répartition 2:1). Le programme, standardisé à l’aide de la mallette éducative REPERE, comportait 2 à 5 séances selon les centres. Au total, 412 patients ont été inclus dans 14 centres sur 2,5 ans.

L’incidence des toxicités était similaire dans les deux groupes (537 toxicités rapportées, dont 62 de grade ≥3). L’étude est donc négative sur son critère principal. Néanmoins, à 12 mois, les patients ayant bénéficié de l’ETP rapportaient une meilleure qualité de vie, une amélioration des dimensions fonctionnelles et moins de fatigue, sans différence sur l’anxiété et la dépression. Les patients exprimaient également une meilleure compréhension des effets indésirables, y compris retardés. Certains résultats complémentaires sont encore attendus.

NCT03948724 Impact of Therapeutic Patient Education on the Toxicity of Immune Checkpoint Inhibitors in Oncology


D’après la session : A13 ; Symptômes respiratoires : les mots des maux du quotidien

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Evolutions récentes dans le traitement de la tuberculose pulmonaire

Les traitements de la tuberculose ont connu ces dernières années une simplification majeure, avec des protocoles plus courts et entièrement oraux adaptés au profil de résistance. Pour la tuberculose sensible, le schéma combinant Isoniazide, rifapentine, moxifloxacine et pyrazinamide sur 4 mois est désormais recommandé par les sociétés américaines chez l’adulte et l’adolescente, réduisant d’un tiers la durée du traitement classique. Chez l’enfant présentant une tuberculose pulmonaire non sévère, des schémas courts sont également validés. Pour la tuberculose multirésistante ou résistante à la rifampicine, les schémas entièrement oraux de 6 mois offrent une efficacité supérieure et une meilleure tolérance que les anciens protocoles injectables, avec des taux de succès thérapeutiques supérieur à 85-90%. Toutefois, en France, l’indisponibilité de la rifapentine limite l’application de ces recommandations. Chez l’enfant de moins de 14 ans et la femme enceinte, l’utilisation de ces schémas reste limitée aux protocoles expérimentaux, car les données sur la sécurité sont encore insuffisantes. Des essais en cours visent à déterminer les doses pédiatriques optimales et à valider la tolérance de ces associations. En pratique, en France, l’absence de disponibilité de la rifapentine limite l’application des recommandations internationales pour les formes sensibles et la prudence reste de mise pour les enfants et les femmes enceintes.


D’après la présentation A6 Modérateurs BLANC François-Xavier, Nantes TRITAR Fatma, Tunis Orateur : MAITRE Thomas, Paris

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Place de la corticothérapie dans la prise en charge des patients immunodéprimés non-VIH hospitalisés pour pneumocystose

La pneumocystose demeure une infection sévère chez les patients immunodéprimés non-VIH, avec une mortalité élevée. Alors que le bénéfice des corticoïdes est bien établi chez les patients VIH, leur rôle dans les autres contextes d’immunosuppression reste incertain. Les auteurs ont présenté une étude rétrospective monocentrique menée au CHU de Caen, incluant 101 patients hospitalisés pour pneumocystose entre 2013 et 2024, dont 39 ont reçu une corticothérapie adjuvante. Le critère principal était la mortalité à 30 jours, complété par le suivi à 90 jours et un an, ainsi que l’incidence des infections secondaires. La corticothérapie n’a pas été associée à un bénéfice significatif sur la mortalité , la durée d’oxygénothérapie ou les risques infectieux. Les facteurs pronostiques principaux étaient l’âge et la gravité initiale, la corticothérapie ne ressortant pas comme protectrice. Ces résultats rejoignent une partie de la littérature qui souligne la complexité de l’utilisation des corticoïdes hors VIH. Les données les plus récentes, notamment l’essai randomisé PIC1, montrent que l’administration précoce de corticostéroïdes n’améliore par la mortalité à 28 jours, mais réduit la mortalité à 90 jours, sans augmenter les infections secondaires ni les effets indésirables majeurs. Les analyses observationnelles et méta-analyses antérieures2, 3,4suggèrent que la corticothérapie pourrait être bénéfique chez les patients présentant une hypoxémie sévère alors qu’elle n’apporte pas d’avantage, voir pourrait augmenter la mortalité chez les patients moins sévères ou recevant des doses élevées. Cette étude rappelle que les recommandations issues de la population VIH ne peuvent pas être extrapolées sans nuance.


D’après la présentation VIDAL Claude, Tours GOSSET-WOIMANT Marine, Pontoise
Auteurs : C. Bialkowski, A. Briant, K. Campbell, L. Seyer, P. Cuchet, A. Justet, E. Bergot, F. Rivière

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Pneumopathies aiguës communautaires : un traitement de plus en plus court ?

Les PAC chez l’adulte, hors réanimation, peuvent désormais bénéficier de traitements antibiotiques plus courts. Les données récentes, issues d’essais randomisés et de méta-analyses, montrent qu’une durée de 3 à 5 jours est cliniquement non inférieure à des traitements plus longs dès lors que le patient atteint une stabilité clinique, définie par l’absence de fièvre, une fréquence cardiaque <100/min, une fréquence respiratoire <24/min, une saturation >90% et une pression artérielle systolique >90mmHg. L’arrêt précoce des antibiotiques ne s’accompagne pas d’augmentation des rechutes ni des complications et permet de réduire la pression de sélection et l’émergence de résistances bactériennes. Les recommandations françaises et internationales préconisent une durée standard de 5 jours pour la majorité des patients hospitalisés stables, avec possibilité de raccourcir à 3 jours si la stabilité clinique est obtenue rapidement. Les durées prolongées restent réservées aux patients présentant des complications, une infection à Staphylococcus aureus ou Pseudomonas aeruginosa ou une immunosuppression. L’utilisation de biomarqueurs comme la CRP peut guider l’arrêt mais la décision repose avant tout sur l’évaluation clinique du patient. L’approche individualisée, adaptée à la sévérité et à la réponse clinique, aujourd’hui comme la stratégie optimale. Elle permet de maintenir l’efficacité thérapeutique tout en réduisant la durée d’exposition aux antibiotiques, limitant ainsi le risque, les effets secondaires et l’émergence de résistance.


D’après la présentation A06 Modérateurs BLANC François-Xavier, Nantes TRITAR Fatma, Tunis, Orateur : BASILLE Damien

1.Discontinuing Β-Lactam Treatment After 3 Days for Patients With Community-Acquired Pneumonia in Non-Critical Care Wards (PTC): A Double-Blind, Randomised, Placebo-Controlled, Non-Inferiority Trial.Lancet. 2021. Dinh A, Ropers J, Duran C, et al.
2.Short Treatment Duration for Community-Acquired Pneumonia.
Current Opinion in Infectious Diseases. 2023. Dinh A, Crémieux AC, Guillemot D.
3.The Evidence Base for the Optimal Antibiotic Treatment Duration of Upper and Lower Respiratory Tract Infections: An Umbrella Review. The Lancet. Infectious Diseases. 2025. Kuijpers SME, Buis DTP, Ziesemer KA, et al.

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La prise en charge de l’endométriose n’est pas qu’une affaire de gynécologue : quand le pneumologue doit-il évoquer l’endométriose thoracique ?

Quand faut-il y penser ?
La prévalence de l’endométriose thoracique n’est pas connue et est difficile à estimer car asymptomatique dans la majorité des cas. L’âge moyen au diagnostic est de 35 ans et survient dans 80% des cas chez des patientes atteintes d’endométriose pelvienne.
Les symptômes cliniques apparaissent le plus souvent pendant les règles : on parle alors de manifestations cataméniales. Cependant, ils peuvent aussi se manifester en dehors de cette période, et sont dans ce cas qualifiés de symptômes associés à l’endométriose.
Quelles sont les présentations cliniques de l’endométriose thoracique ?

  • Le pneumothorax cataménial, forme la plus fréquente, survient généralement 24 heures avant ou 72 heures après le début des menstruations. Il est souvent récidivant au fil des cycles. Dans plus de 90% des cas il survient à droite. La théorie communément admise est que les cellules endométriales se déplacent au gré des fluides péritonéaux et vont s’accumuler au niveau du ligament falciforme hépatique qui est un cul de sac, puis traversent le diaphragme, se retrouvant ainsi dans l’hémithorax droit. En cas de suspicion de pneumothorax cataménial, une IRM diaphragmatique doit être proposée qui peut est fréquemment normale. Le diagnostic de certitude se fait par la découverte de tissu endométrial en thoracoscopie, qui correspond à des lésions de petites taille, bleutées à violacées.
  • L’hémothorax cataménial ou épanchement pleural droit. Il est le plus souvent de faible abondance mais peut être massif.
  • La hernie diaphragmatique par perforation ou déhiscence diaphragmatique, généralement sans lésion d’endométriose visible.
  • La douleur thoracique chronique associée à l’endométriose sans épanchement ni pneumothorax retrouvés.

Quelle prise en charge proposer ?

Toute suspicion d’endométriose thoracique requiert un bilan gynécologique complet comprenant une IRM abdomino-pelvienne. Concernant la prise en charge est médico-chirurgicale 1, après une exploration minutieuse de la cavité thoracique, le chirurgien pourra exciser les tissus endométriaux, réparer les éventuelles séquelles et réaliser une symphyse pleurale chimique. Les AINS et les traitements hormonaux à base de progestérone doivent être discutés avec le gynécologue.

Ainsi, tout pneumothorax droit récidivant chez une femme jeune doit faire évoquer une endométriose thoracique, même en l’absence d’endométriose connue.


D’après la présentation « Endométriose thoracique» réalisée par la Pr Elodie Blanchard, session A08 – Maladies rares et genre.

La prise en charge de l’endométriose n’est pas qu’une affaire de gynécologue : quand le pneumologue doit-il évoquer l’endométriose thoracique ? Lire la suite »

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