SPLF Webmaster

Eve Webmaster

Quel traitement de première ligne choisir dans la sarcoïdose pulmonaire : corticoïdes ou immunosuppresseurs ?

Marlies Wijsenbeek a rappelé que le traitement d’une sarcoïdose pulmonaire n’est pas systématique, une surveillance active pouvant être proposée.

Quand traiter ?

L’initiation d’un traitement est justifiée en cas d’altération de la qualité de vie ou de risque de dysfonction d’organe ou de mortalité. La décision doit être partagée avec le patient après discussion des bénéfices attendus et effets indésirables potentiels.

Comment traiter ?

  • Les corticostéroïdes demeurent le traitement de première intention selon les guidelines ERS 1. Toutefois, le risque de rechute à l’arrêt (20 à 80%) impose souvent un traitement prolongé, avec des effets indésirables même pour des faibles doses (< 7,5 mg/jour) : pathologies cardiovasculaires, diabète, infections, ostéoporose, hypertension. L’essai Indien comparant une « faible » dose de prednisone 20mg / jour versus 40 mg/jour n’a pas montré de différence d’efficacité, de rechute ni d’effets secondaires 2.
  • Le méthotrexate, jusqu’ici proposé en seconde ligne (ou en première ligne en cas d’obésité ou de diabète), a été évalué dans l’essai PREDMETH 3. Cet essai contrôlé randomisé de non-infériorité comparait la prednisone initiée à 40 mg/jour (avec décroissance jusqu’à 15mg/jour à 3 mois) au méthotrexate initié à 15 mg/semaine (majoré jusqu’à 25mg/semaine en cas de bonne tolérance) pour le traitement de première ligne de la sarcoïdose pulmonaire avec CVF < 90% ou DLCO < 70% ou présentant un déclin > 5% de CVF ou > 10% de DLCO dans les 12 derniers mois. A 24 mois, le gain de CVF était similaire. Toutefois, l’amélioration de la fonction respiratoire et de la qualité de vie était plus rapide sous prednisone (dès 1 mois), mais transitoire, alors que l’effet du méthotrexate était plus progressif (jusqu’au 6ième mois) et semblait se maintenir. La prise de poids, l’insomnie, l’augmentation de l’appétit étaient les effets indésirables fréquents sous prednisone ; la nausée, la fatigue, les douleurs abdominales et les perturbations des tests hépatiques étaient ceux fréquents sous méthotrexate.


En conclusion le choix du traitement de première ligne dépend du contexte :

  • En cas de sarcoïdose menaçante, à risque vital : les stéroïdes d’action rapide seront préférés.
  • En cas d’altération de la qualité de vie, le méthotrexate semble être une alternative valable à proposer au patient.

Raphaël Hindré, service d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny


D’après la session

Quel traitement de première ligne choisir dans la sarcoïdose pulmonaire : corticoïdes ou immunosuppresseurs ? Lire la suite »

Actualités dans l’HTP associée aux maladies respiratoires

Les plus grands experts européens de l’HTP se sont retrouvés sur scène pour cette session centrée sur l’HTP du groupe 3. Diagnostic, physiopathologie, classification, thérapeutique : toutes les problématiques du quotidien des cliniciens ont été discutées et certaines solutions ont émergé.

Quel intérêt pour les traitements de l’HTP dans l’HTP associée aux maladies respiratoires ?
Lucilla Piccari (Espagne)

La prise en charge thérapeutique d’une HTP de groupe 3 est complexe et repose sur le traitement de la maladie respiratoire sous-jacente, certaines mesures générales et, dans certains cas précis, un traitement de l’HTP.

Les résultats des dernières études randomisées contrôlées s’intéressant à ce sujet sont décevantes, échouant pour la plupart à montrer un effet bénéfique du traitement de l’HTP, à la fois dans le groupe 3.1 (HTP associée à la BPCO et/ou à l’emphysème) et 3.2 (HTP associée aux PID) 1. L’étude INCREASE est cependant la première étude à montrer un effet bénéfique sur le test de marche de six minutes chez des patients atteints d’HTP du groupe 3.2 traités par treprostinil inhalé versus placebo et suscite une vague d’espoir pour ces patients. L’absence de données hémodynamiques dans l’étude princeps et l’absence d’amélioration du test de marche dans la phase ouverte, chez les patients nouvellement traités, soulève néanmoins des réserves concernant son efficacité en vie réelle.

Les études rétrospectives, sur registre, suggèrent la possibilité d’utilisation de ces traitements sous couvert d’une surveillance accrue, en centre expert. Ainsi, dans l’HTP du groupe 3.2, il peut être proposé un traitement par treprostinil inhalé en cas d’HTP sévère (i.e., résistance vasculaire pulmonaire supérieure à 4 unités woods). Dans l’HTP associée à la BPCO, le traitement doit se faire au cas par cas, en attendant les résultats des deux grandes études randomisées contrôlées en cours qui permettrons, nous l’espérons, de répondre à cette problématique. La priorité doit être donnée au  phénotypage des patients du groupe 3 pour leur proposer le traitement le plus adapté possible.

Le point de vue moléculaire dans l’HTP de groupe 3
Martin Kolb (Canada)

Dans la fibrose pulmonaire, les cellules endothéliales pulmonaires ne sont plus considérées comme de simples spectateurs innocents mais semblent jouer un rôle majeur dans le développement de la maladie. Les altérations de l’endothélium pulmonaire reflétées par la perte de signalisation BMPR2 et leur capacité à se différencier en myofibroblastes, récemment confirmées, en sont des arguments 2.

Cependant, les essais cliniques ciblant le compartiment vasculaire pulmonaire dans la fibrose pulmonaire idiopathique ont, pour le moment, des résultats discordants ne permettant pas de conclusion. Les résultats de l’étude TETON-2, qui ont fait l’objet d’un communiqué de presse du laboratoire en faveur de résultats positifs, seront présentés au cours de ce congrès et permettront d’apporter à coup sûr des éléments de discussion qui seront très importants. Cibler le compartiment vasculaire pulmonaire et les cellules endothéliales pulmonaires pourrait ainsi se révéler efficace dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique, particulièrement à des stades avancés de la maladie, comme déjà suggéré par les études INSTAGE et INCREASE.

Le phénotype respiratoire dans l’hypertension artérielle pulmonaire
Marius Hoeper (Allemagne)

La problématique principale qui agite les cliniciens dans le monde de l’HTP depuis quelques années est de réussir à distinguer l’HTAP idiopathique de l’HTP du groupe 3 (i.e., associée aux maladies respiratoires et/ou à l’hypoxie). Dans certains cas, l’identification formelle d’une HTP de groupe 3 est rendue difficile par l’absence d’atteinte fonctionnelle respiratoire franche et l’absence d’atteinte radiologique évidente. Le phénotype respiratoire de l’HTAP idiopathique correspond à un sous-groupe de patients le plus généralement masculins, âgés, avec une exposition tabagique significative et une DLCO basse (inférieure à 45%). Ces patients, bien qu’ils soient classés dans le groupe 1 répondent mal aux traitements de l’HTAP et ont une survie moindre, proche de celle des patients du groupe 3 3.

L’analyse des données d’imagerie des patients inclus dans le registre ASPIRE met en évidence la présence d’anomalies (emphysème et atteinte interstitielle) non sévères. L’hypothèse soulevée est celle de la présence d’un « syndrome emphysème-fibrose microscopique » et donc infra-radiologique, sans atteinte fonctionnelle autre qu’une altération de la DLCO. Cette séduisante hypothèse est soutenue par des données histopathologiques mais nécessite des travaux dédiés pour la confirmer, ce qui impliquerait éventuellement une prise en charge différente pour ces patients. En attendant, il convient de bien différencier l’HTAP « classique » de l’HTAP idiopathique de phénotype respiratoire, tant ces deux sous-groupes de patients ne cessent de s’éloigner.

Simon Valentin, département de Pneumologie, CHRU de Nancy


D’après la session ID 80 : Questions brûlantes à propos de l’hypertension pulmonaire associée aux maladies respiratoires.

Actualités dans l’HTP associée aux maladies respiratoires Lire la suite »

Sarcoïdose et cancer

Existe-t-il un lien entre sarcoïdose et survenue de cancers ? Deux études rétrospectives de régions différentes présentées en session poster semblent mettre en évidence ce fait.

Étude des différences de caractéristiques cliniques et thérapeutiques entre les patients ayant une sarcoïdose simple et ceux ayant une sarcoïdose associée à une néoplasie.

Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique avec inclusion de patients ayant reçu un diagnostic de sarcoïdose entre 01/2016 et 10/2024 dans le centre de Padova en Italie, divisé en 2 groupes : atteints de cancers ou non.

Un total de 210 patients ont été inclus : 36 patients (17,14%) étaient atteints de cancers et 5 avaient 2 cancers (avant et après inclusion), soit 41 cas d’occurrences de cancers chez des patients atteints de sarcoïdose.

On observait une forte prévalence de mélanomes (8 cas) et d’hémopathies malignes (8 cas). Les patients qui avaient un antécédent de néoplasie développaient une sarcoïdose plus tardive (54 versus 49 ans), mais nécessitaient également de traitements plus légers (moins de symptômes au diagnostic et moins de nécessité de seconde ligne de traitement) pour la contrôler. 

Cette étude mettait en évidence un lien entre sarcoïdose et cancer, mais également des différences entre les patients ayant un diagnostic de néoplasie associée à une sarcoïdose et ceux développant une sarcoïdose isolée.

Étude rétrospective d’après les registres de santé suédois

Cette étude  sur la cohorte nationale suédoise incluait des patients qui avaient au moins 2 visites comptabilisées en lien avec le diagnostic de sarcoïdose entre 2003 et 2023. Cette population était appariée en 10 pour 1 avec des sujets de la population générale sur l’âge, le sexe, l’année et la région de résidence. La notion de néoplasie était colligée d’après le Registre des Cancers et le Registre National Suédois (mais les patients avec histoire de cancer pré-existant à l’inclusion étaient exclus).

Le suivi était assuré à partir du deuxième contact médical dans le contexte de sarcoïdose, jusqu’au diagnostic d’un cancer ou jusqu’à la date de clôture de l’étude au 31 Décembre 2024.

11438 patients atteints de sarcoïdose et 131 780 patients témoins ont été inclus. Il existait un HR pour l’apparition des néoplasies de 1.31 (avec un intervalle de confiance compris entre 1.25-1.37), d’autant plus important :

  • proche du diagnostic de sarcoïdose (notamment dans la première année après le diagnostic de sarcoïdose)
  • pour les hémopathies malignes (HR 2.27) versus les tumeurs solides (HR 1.13), et plus particulièrement les lymphomes de Hodgkin et non Hodgkiniens ainsi que les tumeurs thyroïdiennes.

En revanche l’ HR était similaire entre les patients qu’ils soient traités ou non pour une sarcoïdose.

Cette étude mettait en évidence un risque accru de 30% de néoplasies chez les sujets atteints de sarcoïdose par rapport à la population générale.

L’aspect intéressant de ces deux études, malgré des lieux géographiques différents (et l’on connait l’existence d’un gradient Nord-Sud pour la sarcoïdose) est la similarité des caractéristiques des populations ainsi que des résultats similaires.

Virginie Ferry, service de Pneumologie, hôpital Bichat Claude Bernard, Paris.


D’après la session P-35 du Dimanche 28/10 Poster session: Translational science in interstitial lung disease 1
PA1887 Clinical and Therapeutic differences of Sarcoid patients with and without Malignancy Nicol Bernardinello (Trecenta (RO), Italy), Irene Begher, Elisabetta Cocconcelli, Elisabetta Balestro, Paolo Spagnolo

PA1886 Incidence of malignancy after sarcoidosis diagnosis: a nationwide matched cohort study in SwedenElizabeth V. Arkema (Stockholm, Sweden), Nurgul Batyrbekova, Martin Larsson, Ingrid Glimelius, Susanna Kullberg

Sarcoïdose et cancer Lire la suite »

Le Syndrome d’apnées du sommeil central :  de A à Z…. Et bien plus encore !

Plusieurs mécanismes physiopathologiques variés sont à l’origine de l’apparition d’un syndrome d’apnées du sommeil central (SASc). De ces mécanismes vont dépendre les prises en charge actuelles et futures. Qu’en est-il de la place de la ventilation auto asservie (ASV) notamment chez le patient insuffisant cardiaque ?

Physiopathologie et étiologies du SASc

Le SASc résulte d’une altération de la régulation ventilatoire pendant le sommeil, liée à 3 mécanismes:

– le retard circulatoire : les changements de pO₂ et pCO₂ sont perçus plus tardivement par les chémorécepteurs, entraînant un délai dans l’activation du tronc cérébral et une perturbation de la ventilation

– l’hyper sensibilité des chémorécepteurs : elle amplifie la réponse ventilatoire aux variations de CO₂, favorisant des sursauts de ventilation (hyperventilation) suivis d’apnées. 

–  le déséquilibre de la ventilation : oscillations entre hyperventilation et hypoventilation dues à une régulation instable du tronc cérébral. 

De plus, il faut noter le rôle de la réserve en CO2 (différence entre le niveau actuel de CO₂ artériel et le seuil d’apnée). En effet, une réserve de CO₂ réduite augmente le risque d’apnée. Lors du SAHOS, la ventilation nette accrue (due aux efforts respiratoires contre les obstructions) réduit également cette réserve, expliquant des phénomènes mixtes (SAHOS+ SASc).

Concernant le SAS émergent (SASc apparaissant sous traitement par PPC dans le SAHOS), il y a plusieurs hypothèses sur les mécanismes physiopathologiques :

– Un déséquilibre chimique : La PPC améliore la ventilation, abaissant la pCO₂ jusqu’au seuil de déclenchement de la respiration. En dessous de ce seuil, le centre respiratoire s’inactive, provoquant des apnées centrales. 

–  une sensibilité accrue des récepteurs chimiques : lors d’un SAHOS sévère, les épisodes d’hypoxémie et d’hypercapnie chroniques augmentent la sensibilité des récepteurs chimiques. Après traitement, cette hypersensibilité persiste, entraînant une hyperventilation excessive et une baisse de CO₂, déclenchant des apnées centrales. 

– Les réveils et fluctuations du tonus musculaire : Les micro-réveils induisent une hyperventilation post-éveil, abaissant le CO₂ et déclenchant des apnées centrales. De plus, les fluctuations du tonus des muscles des voies aériennes supérieures (VAS) peuvent favoriser des événements centraux si l’anatomie des VAS est altérée. 

– Les récepteurs de stretch pulmonaires (complexe Hering-Breuer) : une pression pour la PPC excessive pourrait stimuler ces récepteurs, réduisant la ventilation. 

Ces mécanismes rentrent en jeu dans les différentes étiologies du SASc parmi lesquels on retrouve : les opioïdes (diminuant la sensibilité des chémorécepteurs et l’activité des muscles ventilatoires, induisant une instabilité du contrôle respiratoire), les autres médicaments (baclofène, oxybate de sodium ou triclopidine : perturbation des récepteurs aux CO2), la haute altitude (hypoxémie et hyperventilation chronique), l’insuffisance cardiaque (surcharge liquidienne et activation du système nerveux sympathique perturbent la régulation respiratoire), les AVC (affectant les centres respiratoires) et les causes idiopathiques (cause inconnue, avec une prévalence sous-estimée).

Les options thérapeutiques 

La ventilation (PPC, ASV) va agir sur la dilatation des VAS (réduction du travail respiratoire, diminution de l’hyperventilation post-apnée et stabilisation de la ventilation à long terme en augmentant la réserve de CO₂), l’amélioration des échanges gazeux (recrute les compartiments pulmonaires non ventilés, réduit l’hypoxémie et diminue le drive hypoxique, normalisant la sensibilité chimique) et sur l’impact cardiaque (réduit la postcharge du ventricule gauche, améliore la fonction cardiaque et diminue la congestion pulmonaire, limitant la stimulation du tronc cérébral).

Outre ce traitement mécanique, on peut également agir sur le seuil de micro éveils mais les traitements chimiques n’ont pas prouvé leur efficacité jusqu’à présent. Enfin, nous pouvons tenter de moduler la sensibilité chimique en agissant sur la réserve de CO₂ et le gain ventilatoire (ex : acétazolamide), sur la sensibilité des chémorécepteurs (diminution pondérale) et sur l’élargissement de la réserve au CO2 (ex : les agonistes des récepteurs GABA comme certaines benzodiazépines). Nous pouvons également essayer de stimuler les centres respiratoires (ex théophylline).

Dans le cadre du SAS émergent, il faut tout d’abord optimiser la ventilation par PPC (fuite), adapter les pressions (compromis entre disparition des apnées obstructives et apparition des apnées centrales), et la ventilation par ASV. L’oxygénothérapie peut avoir sa place en cas d’hypoxémie importante.

Cas particuliers de l’insuffisance cardiaque (IC):

La prévalence du SASc dans l’IC est de 20 à30% (plus élevée chez les patients avec FEVG altérée), avec un risque de mortalité multiplié par deux dans les formes sévères. La prise en charge de ces patients porte sur l’optimisation du traitement de l’IC sous-jacente et surla ventilation, avecen première ligne :a PPC ; puis l’ASV si la PPC a échoué (symptômes persistants, IAH non contrôlé) ou dans les cas de SASc pure. Selon les dernières recommandations de l’ERS, l’ASV est recommandée : 

   – Chez les patients avec FEVG >40% (IC avec fonction systolique préservée) ; 

   – Chez les patients avec FEVG 35-40% (suivi étroit, outils de monitoring) ; 

   – Chez les patients avec FEVG <35% : uniquement si symptômes invalidants et absence d’alternative, en centre expert. 

Quels traitements dans le futur ?

Différentes molécules ont été étudiées (Acétazolamide, Théophylline), avec des résultats très variables. La stimulation du nerf phrénique aura peut-être sa place dans le traitement du SASc dans les prochaines années.

Conclusion :

Le SASc est une pathologie hétérogène, avec des traitements adaptés à chaque étiologie. La ventilation auto asservie semble retrouver une place plus importante dans cette prise en charge. Les avancées récentes (stimulation phrénique, nouveaux médicaments) ouvrent des perspectives, mais nécessitent plus de données cliniques pour valider leur efficacité dans des populations variées, pour une médecine de plus en plus personnalisée. 

Vanessa Bironneau, service de Pneumologie, CHU  de Poitiers


D’après la session : State of the art session: Sleep and breathing disorders Central sleep apnoea: from pathophysiology over phenotypes to updated treatment recommendations. New recommendations for the treatment of central sleep apnoea Understanding the pathophysiology of CSA as the basis for treatment selection : Winfried J. Randerath (Solingen, Germany)
New ERS statement on the treatment of CSA with adaptive servo-ventilation Esther Irene Schwarz (Zürich, Switzerland)
Managing treatment-emergent CSA: when and how? Raphael Heinzer (Lausanne, Switzerland)
New interventional studies in other forms of CSA Johan Verbraecken (Edegem (Antwerp), Belgium)

Le Syndrome d’apnées du sommeil central :  de A à Z…. Et bien plus encore ! Lire la suite »

Cancers pulmonaires et réanimation : des visions encore divergentes

Qui doit aller en réanimation? Face aux cancers pulmonaires métastatiques, oncologues, réanimateurs et urgentistes ne parlent pas toujours le même langage. Une enquête nationale met en lumière ces divergences.

Longtemps perçus comme “non éligibles” à la réanimation, les patients atteints de cancer pulmonaire métastatique voient aujourd’hui leur situation évoluer. L’amélioration spectaculaire des traitements du CBNPC et du CPC rebat les cartes: les soins intensifs sont désormais régulièrement proposés… mais pas toujours selon les mêmes critères.

Pour mieux comprendre cette évolution, une équipe française de Clermont-Ferrand a mené une enquête nationale prospective auprès de 305 médecins – réanimateurs (56%), oncologues (34%) mais aussi urgentistes (7%). Neuf vignettes cliniques fictives ont été soumises, représentant trois profils de patients (CBNPC 1ʳᵉ ligne, CBNPC 2ᵉ ligne, CPC 1ʳᵉ ligne), chacun confronté à trois situations d’urgence : aplasie fébrile, pneumopathie infectieuse, obstruction tumorale.

Les résultats montrent des pratiques très contrastées :

  • Face à une aplasie fébrile, l’admission en soins intensifs est largement proposée (88% pour un CBNPC en 1ʳᵉ ligne, 81% en 2ᵉ ligne, 64% pour un CPC).
  • Pour une pneumopathie, les avis sont partagés: environ 60% en 1ʳᵉ ligne, mais à peine 40% pour les autres situations.
  • En cas d’obstruction tumorale, l’option réanimation devient minoritaire (44%, 32% et 23%).

Qu’est-ce qui pèse dans la balance? Principalement l’état général du patient (PS, 63,5%), la réversibilité de la complication (60,9%) et l’efficacité attendue du traitement anticancéreux (39,6%). Oncologues et réanimateurs se montrent globalement alignés, tandis que les urgentistes apparaissent plus restrictifs, notamment dans les scénarios les plus sévères.

L’accès aux soins intensifs reflète désormais l’espoir porté par les nouvelles options thérapeutiques dans le cancer pulmonaire métastatique. Mais l’hétérogénéité des décisions souligne l’urgence de construire des protocoles partagés, de renforcer la concertation multidisciplinaire et de former les équipes à ces situations de plus en plus fréquentes.

Vincent Falletservice de pneumologie, hôpital Tenon, Paris


D’après la communication M Herbreteau – Defining intensive care status in metastatic lung cancer patients: a French survey – Poster ID 793 session Poster-32 The quality of life of lung cancer patients and therapeutic options in special populations ERS 2025

Cancers pulmonaires et réanimation : des visions encore divergentes Lire la suite »

Astegolimab dans la BPCO : résultats de l’essai de phase IIb ALIENTO

Les résultats de l’essai de phase IIb ALIENTO dans la BPCO, étudiant l’astegolimab, une biothérapie ciblant les alarmines, ont été présentés par Neil Greening (Royaume-Uni)

A l’ère de la médecin personnalisée, il existe un réel essor des biothérapies dans la BPCO. Différentes voies de l’inflammation peuvent être ciblées dont celles des alarmines. Ces dernières, incluant l’interleukine (IL)-33 et la Thymic Stromal Lymphopoietin (TSLP), sont sécrétées par l’épithélium respiratoire en réponse à une agression et peuvent activer la voie de l’inflammation de type 1 et de type 2. L’astegolimab, un anti ST2, cible le récepteur à l’IL33. Les résultats de l’essai de phase IIb ALIENTO ont été présentée par Neil Greening (Royaume-Uni)

Design de l’étude

Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé incluant 1301 adultes atteints de BPCO âgés de 40 à 90ans, tabagiques actifs ou sevrés à plus de 10 paquets-années, ayant un volume expiré maximal en 1 seconde (VEMS) compris entre 20 et 80%, une dyspnée ≥ 2 selon l’échelle modifiée du Medical Research Council (mMRC) et présentant des exacerbations fréquentes (au moins 2 exacerbations modérées ou sévères sur 12 mois). Il n’y avait aucun critère basé sur l’éosinophilie. Les participants étaient randomisés en 3 groupes : astegolimab 476mg sous cutané toutes les 2 semaines ou toutes les 4 semaines versus placebo. A l’inclusion, 79% des patients avaient une triple thérapie inhalée, 50% des patients avaient des éosinophiles inférieurs à 150 cellules/µL, 38% entre 150 et 300 cellules/µL, 52,7% avaient une bronchite chronique et 35% étaient fumeurs actifs.

Un résultat positif sur le critère de jugement principal

L’essai retrouvait un résultat positif sur le critère de jugement principal avec réduction significative du taux d’exacerbations modérées à sévères estimé à 15% dans le groupe astegolimab administré toutes les 2 semaines, versus placebo (p=0,049). Ce résultat n’était pas significatif dans le groupe avec une administration toutes les 4 semaines. Le bénéfice était d’autant plus marqué dans les sous-groupes de patients ayant des exacerbations fréquentes ou ayant nécessité une hospitalisation. Il n’existait pas de différence significative selon le sous-groupe d’éosinophilie (<150, > 150, < 300 ou > 300cellules/µL). Concernant les critères de jugement secondaires, il n’existait pas de différence significative sur la qualité de vie mesurée par le score de St Georges, les symptômes selon le score E-RS et la fonction respiratoire. Les effets secondaires étaient similaires dans les deux groupes.

Ainsi, les résultats d’ALIENTO concordent avec ceux d’ARNASA, bien que cette dernière n’ait pas mis en évidence de résultat statistiquement significatif. Les biothérapies ciblant les alarmines pourraient avoir une place dans la prise en charge des patients atteints de BPCO, mais il reste à préciser les caractéristiques des patients susceptibles d’en bénéficier ainsi que le schéma optimal d’administration

Marina Gueçamburuservice des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux


D’après Late Breaking Abstract – Randomised, placebo-controlled trial of astegolimab for COPD with frequent exacerbations: ALIENTO, Neil Greening (Leicester, United Kingdom)

Astegolimab dans la BPCO : résultats de l’essai de phase IIb ALIENTO Lire la suite »

Amlitelimab dans l’asthme modéré à sévère

Praveen Akuthota (Etats-Unis) a rapporté les résultats d’un essai controlé randomisé étudiant dans l’asthme l’amlitelimab, un anticorps monoclonal humain se liant à l’OX40L et agissant sur l’équilibre entre les lymphocytes T pro inflammatoires et régulateurs.

L’amlitelimab est un anticorps monoclonal humain se liant à l’OX40L des cellules présentatrices d’antigène empêchant ainsi leur interaction avec OX40 (co stimulation) situé sur les lymphocytes T activés, sans pour autant avoir un effet déplétif. Son rôle serait de rétablir l’équilibre entre les lymphocytes T pro inflammatoires et régulateurs.

Design de l’étude

Praveen Akuthota (Etats-Unis) a rapporté les résultats d’un essai contrôlé randomisé incluant 437 patients atteints d’asthme modéré à sévère présentant au moins une exacerbation sévère l’année passée et un volume expiré maximal en 1 seconde (VEMS) pré bronchodilatateur entre 40 et 80%. Les patients étaient stratifiés sur l’éosinophilie, avec un seuil de 300 cellules/µL et randomisés en 4 groupes : amlitelimab 62,5mg, 125mg, 250mg vs placebo toutes les 4 semaines pendant 6 mois puis toutes les 12 semaines jusqu’à la semaine 60. Le critère de jugement principal était le taux annuel d’exacerbation sévère à la semaine 48 et les critères de jugement secondaire incluaient le changement du VEMS et le contrôle de l’asthme selon le questionnaire ACQ-5.

Une étude positive sur le critère de jugement principal

A l’inclusion, les patients avaient en moyenne 52 ans, un VEMS pré bronchodilatateur de 60%, une éosinophilie sanguine de 220 cellules/µL (280cellules/µL dans le groupe 125mg), une fraction exhalée du NO de 25ppb et présentaient 2 exacerbations par an.

Concernant le critère de jugement principal, l’amlitelimab à la posologie de 125mg permettait une réduction significative du taux d’exacerbation sévère à 48 semaines de 47,8% (0,31 versus 0,60, p=0,01). Concernant les critères de jugement secondaire, une amélioration significative du VEMS était retrouvé à la posologie de 125mg (0,19 vs 0,09, p=0,02) et 250mg (0,18 vs 0,09, p=0,05) et était maintenu jusqu’à la semaine 60. De même, il existait une amélioration significative du score ACQ-5 (-1,25 vs -0,83 p=0,002) à la posologie de 250mg et cet effet était maintenu jusqu’à la semaine 60.

Ensuite, les auteurs se sont intéressés au sous-groupe de patients présentant un profil inflammatoire mixte défini par une éosinophilie supérieure à 300 cellules/µL et des polynucléaires neutrophiles supérieurs à 4000 cellules/µL. Parmi les 68 patients, l’amlitelimab permettait une réduction significative des exacerbations et une amélioration du score ACQ-5 à la posologie de 125 et de 250mg. Une amélioration significative du VEMS était retrouvée à la posologie de 125mg.

Le traitement était bien toléré et les effets secondaires fréquemment rapportés incluaient une infection COVID 19, bronchite sinusite et des céphalées mais n’étaient pas significativement différent entre le groupe placebo et traitement.

Marina Gueçamburuservice des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux


D’après Late Breaking Abstract – Amlitelimab phase 2 clinical trial results in patients with moderate-to-severe asthma, Praveen Akuthota (Etats-Unis)

Amlitelimab dans l’asthme modéré à sévère Lire la suite »

Quoi de neuf sur le depemokimab dans l’asthme sévère associé à la rhinite chronique avec polypose nasosinusienne ?

Cette session a présenté les résultats d’études attendues sur le depemokimab dans l’asthme sévère associée à la rhinite chronique avec polypose nasosinusienne

Le depemokimab réduit significativement les exacerbations chez les patients asthmatiques sévères présentant une rhinite chronique avec polypose nasosinusienne associée.

Le depemokimab est un anticorps monoclonal humanisé ciblant l’interleukine 5 et dont la structure de la région Fc a été modifiée pour augmenter sa demi-vie. Pour mémoire, dans l’essai SWIFT-1/2 publié dans le NEJM en 2024, le depemokimab, administré à une posologie de 100 mg sc tous les 6 mois, a démontré son efficacité dans la réduction des exacerbations sévères (≈ 50%) chez les patients souffrant d’asthme sévère éosinophilique (≥ 150/µL à l’inclusion ou ≥ 300/µL sur l’année précédente) 1

Les analyses en sous-groupe de l’essai de Phase III SWIFT-1/2 se sont intéressées au sous-groupe des patients asthmatiques sévères présentant une rhinite chronique avec polypose nasosinusienne. Dans le groupe des patients asthmatiques avec une polypose nasosinusienne « CRSwNP » (n=113), 80 patients ont reçu du depemokimab et 33 du placebo tandis que dans le groupe des patients présentant un asthme isolé « Asthma-only » (n=649), 422 ont reçu le depemokimab et 227 du placebo. Il n’y avait pas de différence significative concernant le nombre d’exacerbation sévère dans l’année précédant l’inclusion.

Au décours de l’essai, Il a été observé une réduction significative de 69% (IC95% : 42-83) du nombre d’exacerbations, chez les patients du groupe « CRSwNP » traités par depemokimab en comparaison avec le placebo, contre une réduction de 51% (IC95% 36-62) dans le groupe « Asthma-only » (depemokimab vs placebo). Il est à noter néanmoins que les patients du groupe « CRSwNP » avaient un taux annualisé d’exacerbation durant l’étude plus élevé que ceux du groupe « asthma-only » (1.61/an IC95% 0.99-2.6/an vs 1.03/an IC95% 0.85-1.26/an). Parmi les critères secondaires, le groupe « CRSwNP » traité par depemokimab démontrait une amélioration statistiquement significative du score du Questionnaire de Saint-Georges (-8.32 IC95% -15.77,-0.88) ainsi que du score de contrôle de l’asthme ACQ-5 (-0.76 IC95% -1.23,-0.28) en comparaison avec le groupe placebo bien que les différences cliniquement pertinentes n’aient pas été atteintes (MCID à -4 et -0.5 respectivement). Aucune différence significative n’a été observée pour les variations de VEMS.

Le depemokimab entraîne une réduction rapide et persistante des symptômes liés à la polypose nasosinusienne.

Au-delà des effets sur l’asthme lui-même, nous avons obtenu ce jour des informations intéressantes concernant les effets du depemokimab sur la PNS elle-même. Ces données sont issues des essais de phase III ANCHOR-1/2 dont l’objectif principal était d’évaluer les effets du depemokimab à 52 semaines chez les patients présentant une rhinite chronique avec une PNS imparfaitement contrôlée (Nasal Polyp Score ou NPS ≥ 5) et une obstruction nasale modérée à sévère (nasal obstruction Visual Response Scale ≥ 2) sur le score endoscopique (NPS) et sur l’obstruction nasale (VRS). L’article de Gevaert et al. publié cette année dans le Lancet a démontré que le depemokimab améliorait significativement à 52 semaines de traitement le score endoscopique NPS ainsi que l’obstruction nasale rapportée par les patients 2.

Aujourd’hui, il nous a été présenté des résultats d’analyses secondaires concernant la cinétique d’action du depemokimab sur l’obstruction nasale et la perte d’odorat rapportée par les patients. Une amélioration significative de l’obstruction nasale rapportée par les patients était observée dès la 3ème semaine chez les patients traités par depemokimab en comparaison avec ceux traités par placebo et se poursuivait jusqu’à la 52ème semaine. Une cinétique comparable était observée concernant l’amélioration de la perte d’odorat rapportée par les patients (visual response scale). Il est à noter néanmoins qu’un important effet placebo était observé avec près de 40% de patients répondeurs sur le critère d’obstruction nasale et 20% concernant la perte d’odorat dans le groupe contrôle.

Au total, le depemokimab présente un intérêt dans la prise en charge des patients asthmatiques sévères présentant une rhinite chronique avec polypose nasosinusienne associée tant sur les effets sur l’asthme que sur la polypose nasosinusienne.

Dorian Hassounservice d’explorations fonctionnelles, CHU de Nantes


D’après les communications suivantes de la session : Cutting-edge trial data on biologics for airway diseases: asthma, COPD, chronic rhinosinusitis with nasal polyps and chronic cough Twice-yearly depemokimab demonstrates efficacy in patients with asthma and comorbid chronic rhinosinusitis with nasal polyps (CRSwNP): Phase III SWIFT-1/2 studies Enrico Marco Heffler (Italy)

Quoi de neuf sur le depemokimab dans l’asthme sévère associé à la rhinite chronique avec polypose nasosinusienne ? Lire la suite »

Y a-t-il un bénéfice à l’utilisation du nintedanib dans la fibrose pulmonaire post COVID ? Résultats de l’essai Nintecor.

Le Dr Guillaume Beltramo a présenté les résultats de l’essai français multicentrique NINTECOR qui évaluait le nintedanib (150 mg, 2 fois / jour) versus placebo (randomisation 1 :1) dans la fibrose pulmonaire post COVID-19.

Dans l’étude Nintecor, les patients étaient inclus à 3 ± 1 mois après une hospitalisation pour pneumonie à Sars-Cov-2 confirmée (PCR ou sérologie), en présence de séquelles fibreuses ≥ 10% et d’une DLCO ≤ 70%.  Les patients avec une PID pré existante étaient exclus. Le critère de jugement principal était le déclin de la CVF à 12 mois (mL).

Population étudiée

135 patients ont été inclus et 66 ont été traités par nintedanib. Les caractéristiques initiales étaient comparables entre groupes : âge moyen 64 ans, 72% d’hommes, 52% de fumeurs, IMC moyen à 28 kg/m2, CVF à 73% de la valeur théorique, DLCO à 48%. Huit patients sous nintedanib recevaient de l’oxygène à l’inclusion contre sept dans le groupe placebo. Concernant la sévérité de l’infection à COVID-19, 50% des patients ont bénéficié de VNI et 61% de ventilation mécanique (durée moyenne 32 jours). Près de 90% des patients ont bénéficié d’une corticothérapie durant l’hospitalisation initiale.

Des résultats négatifs

A 12 mois, les données étaient disponibles pour 56 patients sous nintedanib et 63 sous placebo.  La CVF a progressé de façon identique dans les deux groupes (+330 ± 448 mL ; p=0,89). Aucune différence significative n’a été observé sur la DLCO, l’extension des anomalies scanographiques ni les scores de qualité de vie.  Le nintedanib était bien toléré et il n’y avait pas de différence concernant les effets indésirables graves entre les deux groupes.

Conclusion

L’instauration du nintedanib à 3 mois d’une pneumonie COVID-19 avec séquelles interstitielles n’améliore pas la fonction respiratoire ni la qualité de vie à 12 mois par rapport au placebo. Ces résultats rejoignent ceux d’essais récents évaluant la pirfenidone 1 ou le nintedanib 2 dans cette même indication, ne soutenant pas l’utilisation des antifibrosants pour les fibroses post COVID.

Raphaël Hindréservice d’explorations fonctionnelles, Hôpital Avicenne, Bobigny


D’après la presentation ID 1157, session 28.09 : Interstitial lung disease of know causes : risk factors, detection and management.

Y a-t-il un bénéfice à l’utilisation du nintedanib dans la fibrose pulmonaire post COVID ? Résultats de l’essai Nintecor. Lire la suite »

Transplantation de cellules progénitrices, une piste pour guérir l’emphysème ?

L’emphysème se caractérise par une destruction irréversible des alvéoles pulmonaires, sans traitement curatif disponible à ce jour. Toutefois, le poumon possède des cellules progénitrices dotées d’un potentiel de régénération, en particulier les cellules basales p63+, qui pourraient être exploitées à des fins thérapeutiques

En 2024, un premier essai démontrant la possibilité d’isoler des cellules basales progénitrices par fibroscopie avec brossage au niveau des bronches segmentaires et sous segmentaires, de les cultiver pendant 3 à 5 semaines puis de les réimplanter au cours d’une seconde fibroscopie a été publié. Cet essai incluait 20 patients atteints de BPCO GOLD 2 à 4, âgés de 40 à 75 ans et ayant une DLCO inférieure à 80%.  Trois patients étaient inclus dans le groupe contrôle et 17 dans le groupe intervention. Au cours de la seconde fibroscopie, 2 millilitres de suspension cellulaire contenant 0,7 à 5,2 x 10^6 cellules par kilogramme de poids corporel étaient déposées dans 20 segments pulmonaires. Les patients devaient maintenir une position verticale et éviter de tousser dans les 2 heures suivant la procédure. Les résultats montraient une amélioration significative de la DLCO à 12 semaines (p=0,001).

Cette année, Wei Zuo (Shangai, Chine) a présenté les données de la phase 2 contrôlée, randomisée incluant 58 patients atteints de BPCO, quasi-exclusivement des hommes, ayant une DLCO entre 30% et 80% de la valeur prédite. Parmi eux, 2% étaient GOLD 1, 8% GOLD 2, 40% GOLD 3 et 50% GOLD 4. Le VEMS médian était de 0,92L et 80% étaient des anciens fumeurs.

Les résultats montrent une amélioration significative de la DLCO et une augmentation du volume alvéolaire à 24 et 52 semaines sans que la technique de mesure du volume alvéolaire ne soit précisée. De même, une amélioration faible mais significative du score COPD Assessment test et de la dyspnée selon mMRC étaient retrouvés à 24 et 52 semaines. En revanche, il n’existait pas d’amélioration du volume expiré en 1 seconde (VEMS) ni de la capacité vitale forcée (CVF) ce que les auteurs expliquaient par le fait que les cellules transplantées favorisaient principalement la régénération alvéolaire, sans impact significatif sur les petites voies aériennes. Enfin, l’analyse scanographique montrait une réduction de l’emphysème au niveau des bases, probablement liée à l’effet de la gravité lors de la réimplantation des cellules basales.

Concernant la tolérance, le risque d’exacerbation était augmenté (48% vs 24%) de même que la dyspnée (36% vs 12%) et la toux (28% vs 8%).

Cet essai de phase II ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques dans l’emphysème. Cependant, cette technique doit être évaluée sur des cohortes plus larges, en tenant compte d’une sélection rigoureuse des patients en raison des effets indésirables potentiels, ainsi que des enjeux éthiques et réglementaires liés aux méthodes de culture utilisées.

Marina Gueçamburuservice des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux


D’après, Autologous transplantation of airway basal stem cells in COPD patients: A randomized, single-blind, placebocontrolled phase 2 trial, Wei Zuo (Shangai, Chine).

Transplantation de cellules progénitrices, une piste pour guérir l’emphysème ? Lire la suite »

Retour en haut
SPLF-APPLI

GRATUIT
VOIR