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Effets à long terme de la réadaptation à l’exercice chez les patients atteints d’HTAP équilibrée.

Simon Valentin, département de Pneumologie, CHRU de Nancy

Zoom sur la réussite française de cette rentrée 2025 : les résultats de l’étude FONCE-HTAP.

Faut-il proposer une réadaptation à l’exercice à nos patients atteints d’HTAP ? Les avis sont souvent partagés sur cette question. L’étude académique FONCE-HTAP (financée par le PHRC), dont l’objectif était d’évaluer l’efficacité et la tolérance à long terme d’un programme de réadaptation à l’exercice d’une durée de trois mois chez des patients atteints d’HTAP, permet d’apporter des éléments de réponse avec un excellent niveau de preuve.

Cette étude randomisée contrôlée multicentrique française a inclus des patients prévalents, atteints d’HTAP « stabilisée », dans 9 centres du réseau français. L’originalité de cette étude repose sur sa randomisation selon le design de Zelen (dites « à double consentement »), permettant de construire un bras contrôle aveugle de l’intervention thérapeutique. En pratique, les patients inclus signaient un premier consentement pour participer à une étude de cohorte, sur 12 mois, avec un suivi respiratoire rapproché puis les patients étaient randomisés à leur insu en deux bras (groupe réadaptation et groupe contrôle) sans qu’aucune mention de réadaptation n’ait été apportée initialement. Les patients randomisés dans le bras « réadaptation » devaient donner un deuxième consentement pour recevoir l’intervention. Le critère de jugement principal était le temps d’endurance à 75 % de la charge maximale, mesuré lors d’une épreuve d’effort à douze mois (soit 9 mois après la fin du programme de réadaptation).

Quarante-neuf patients ont été inclus et 47 randomisés dans l’étude : 26 dans le bras contrôle et 21 dans le bras réadaptation (parmi lesquels un patient a refusé de participer à la réadaptation). Leur âge moyen était de 54 ± 7 ans, dont 27 femmes (55,1 %). La majorité des patients étaient atteints d’HTAP idiopathique (n=35, 71,4 %) avec une hémodynamique pulmonaire « stabilisée » : PAPm moyenne à 37 ± 1 mm Hg avec un index cardiaque moyen à 3,0 L/min/m2. A l’inclusion, le temps médian d’endurance était de 6,0 minutes (3,4 – 10,2) dans le groupe réadaptation et de 5,8 minutes (4,9 – 10,9) dans le groupe contrôle. A 12 mois, il augmentait à 7,4 minutes (5,0 – 21,3) avec la réadaptation, contre 4,6 minutes (3,5 – 9,9) dans le groupe contrôle p=0,047). Les patients du groupe réadaptation avaient tendance à être plus fréquemment à faible risque de mortalité à un an à l’issue de l’étude (n=20, 95,2 %) par rapport au groupe contrôle (n=15, 71,4%). L’aggravation clinique (i.e., progression de l’HTAP ou transplantation ou admission non programmée pour HTAP ou décès) était notée chez un patient dans le groupe réadaptation (4,8 %) versus 7 patients dans le groupe contrôle (28,0 %), RR=0,17 (0,02 – 1,27). Enfin, la tolérance du programme de réadaptation était excellente, sans aggravation clinique observée ni décès. Les données hémodynamiques pulmonaires et de test de marche de six minutes n’étaient pas différentes entre les deux groupes.

Cette étude multicentrique prospective, incluant un design permettant de se protéger du biais de déception, montre un effet positif sur le temps d’endurance mesuré à 12 mois, d’un programme de réadaptation à l’exercice d’une durée de trois mois, chez des patients prévalents atteints d’HTAP, avec des données rassurantes sur la tolérance d’un tel programme. Les patients du groupe réadaptation avaient tendance à présenter moins d’aggravation clinique de leur HTAP.


D’après la session Poster PS-38 : Pulmonary arterial hypertension: risk assessment and impact of current and newly developed treatments. Laurent Bertoletti (France)


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Sotatercept dans l’HTAP : des résultats positifs chez les patients avec HTAP diagnostiquée depuis moins d’un an

Marianne Riou, service de Pneumologie, hôpitaux universitaires de Strasbourg

Les résultats de l’étude de phase 3 HYPERION ont été présentés mardi matin lors d’une session « Clinical trials : ALERT 3 » et rendus public dans la foulée sur le site du NEJM.

Il s’agit de la 3ème étude de phase 3 montrant un bénéfice du Sotatercept dans l’HTAP, après les études STELLAR et ZENITH, cette fois-ci chez des patients incidents, avec diagnostic de l’HTAP depuis moins d’un an, en classe fonctionnelle NYHA II-III et avec un score de risque REVEAL Lite 2 ≥ 6 ou un score de risque COMPERA 2.0 ≥ 2 (risque au moins intermédiaire faible). Les patients ont été randomisés en 2 bras : sotatercept (0,3 mg/kg puis 0,7 mg/kg SC toutes les 3 semaines) versus placebo, en complément du traitement habituel de l’HTAP (bi- ou trithérapie spécifique, stable depuis au moins 90 jours avant l’inclusion).

Le critère d’évaluation principal était un critère composite d’aggravation clinique incluant les décès toutes causes confondues, les hospitalisations ≥ 24 heures pour aggravation de l’HTAP, la nécessité d’une septostomie atriale ou d’une transplantation pulmonaire, ou la détérioration du test de marche de 6 minutes associée à une aggravation de la dyspnée et/ou à des symptômes ou signes d’insuffisance cardiaque droite et/ou la nécessité d’ajouter un traitement de l’HTAP. Compte tenu des résultats positifs de l’étude ZENITH et de l’ensemble des données disponibles concernant le sotatercept, il a été décidé par le comité directeur et le sponsor d’arrêter l’étude HYPERION plus précocement que prévu.

Au total, 320 patients ont été inclus (160 dans chaque bras), majoritairement des femmes (70 à 75%) avec HTAP idiopathique (54 à 64%) mais aussi avec HTAP associée à une connectivite (24 à 36%). Les patients étaient plus âgés que dans les autres études précédemment publiées (âge moyen 55-57 ans) et présentaient, pour la majorité, au moins une comorbidité (dans environ 65 à 70% des cas) dont 41 à 45% d’hypertension artérielle, 30 à 32% d’obésité et 21 à 23% de diabète.  72% des patients étaient traités par bithérapie spécifique de l’HTAP et 64% étaient à risque intermédiaire faible à l’inclusion.

Le critère de jugement principal est revenu positif, avec une diminution de 76% du risque d’aggravation clinique dans le bras Sotatercept (HR 0,24, p<0,0001) avec un effet observé dès la 3ème injection. Le bénéfice était retrouvé quel que soit le type d’HTAP ou le niveau de risque initial, y compris intermédiaire faible.

Concernant les critères de jugement secondaires, seuls les deux premiers sont revenus positifs à savoir : 1/ un critère composite incluant une amélioration du test de marche de 6 minutes d’au moins 30 mètres, une diminution du NT-proBNP d’au moins 30% ou < 300 pg/ml et un passage en classe fonctionnelle  NYHA I ou II et 2/ une diminution du score REVEAL lite 2 ≤ 5.

La tolérance du Sotatercept était conforme aux études précédentes, avec en premier lieu des événements hémorragiques (41%), pour la majorité non sévères.

Ainsi, ces données soutiennent la possibilité d’un recours plus précoce au Sotatercept dans l’algorithme de prise en charge de l’HTAP y compris chez des patients moins sévères à risque intermédiaire faible.


D’après la session ID 436 ; Présentation ID5340 : Vallerie McLaughin, CT Abstract – Efficacy and safety of sotatercept in patients with newly diagnosed pulmonary arterial hypertension at intermediate-to-high risk of mortality: Results from Phase 3 HYPERION study Article disponible : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2508170?query=featured_home


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Données de trois études de vie réelle sur l’utilisation des biothérapies chez les patients asthmatiques sévères avec BPCO associée

Marina Gueçamburu, service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux

Peu de données existent à ce jour concernant l’efficacité des biothérapies chez les patients habituellement exclus des essais cliniques c’est-à-dire les patients asthmatiques tabagiques actifs ou les patients présentant à la fois un asthme et une BPCO. Cette année à l’ERS, 3 études en vie réelle ont été présentées.

Un premier travail français, l’étude BENEFIT, a évalué les patients atteints d’asthme sévère, avec ou sans BPCO associée, traités par benralizumab depuis au moins 12 mois, à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS). Parmi les 10 224 patients ayant initié un traitement entre 2019 et 2023, 4 997 reçu du benralizumab pendant plus de 12 mois, dont 859 présentaient une BPCO associée. Ces derniers étaient plus souvent des hommes (52 % vs 42,7 %), plus âgés à l’initiation du traitement (66,5 ans vs 60,5 ans en moyenne) et présentaient davantage de comorbidités cardiovasculaires (64,1 % vs 36 %).

Le benralizumab a permis une diminution significative des exacerbations annuelles dans les deux groupes (incident rate ratio (IRR) 0,73 ; intervalle de confiance 95% (IC95%) 0,72-0,75, p<0,0001 dans le groupe asthme sévère et IRR 0,84 ; IC95% 0,81-0,88 ; p<0,0001 dans le groupe asthme associé à une BPCO). De même, une réduction significative des doses cumulées de corticoïdes oraux a été observée, aussi bien chez les patients asthmatiques sévère isolés (-1023mg en moyenne) que chez ceux ayant une BPCO associée (-1087,4 mg en moyenne). De plus, la consommation globale de soins (traitements, passage aux urgences, hospitalisations pour asthme) était diminuée dans les deux populations. Une limite importante de l’étude réside toutefois dans l’absence de données concernant le tabagisme, la fonction respiratoire et les caractéristiques détaillées des patients atteints de BPCO.

Ensuite, Sammy Adam Ameri (Danemark) a présenté une étude similaire menée sur le registre des patients atteints d’asthme sévère au Danemark (DSAR). Parmi les 390 patients, 93 avaient des caractéristiques compatibles avec une BPCO à savoir un rapport volume expiré maximal en 1 seconde (VEMS)/ capacité vitale forcée (CVF) inférieur à 70%, un âge supérieur à 40 ans et un tabagisme actif ou sevré à plus de 10 paquets années. Les patients présentant une BPCO associée étaient significativement plus âgés (61 vs 58 ans), plus fréquemment des hommes (68% vs 57%), recevaient davantage une triple thérapie inhalée (72 % vs 57 %) et avaient moins fréquemment des éosinophiles sanguins supérieurs à 300/µL (25 % vs 40 %).

Les résultats ont montré une réduction annuelle significative des exacerbations sous dupilumab (0,41 vs 2,39 dans le groupe asthme sévère seul et 0,82 vs 2,2 dans le groupe asthme + BPCO), de manière comparable entre les deux populations (p = 0,10). De même, une diminution des doses de corticoïdes oraux et une amélioration des symptômes évalués par le score ACQ‑6 ont été observées dans les deux groupes. En revanche, le taux de réponse complète, défini par l’absence d’exacerbation et de corticothérapie orale, était significativement plus élevé chez les patients asthmatiques sévères isolés par rapport à ceux présentant un asthme associé à une BPCO (71,9 % vs 51,2 %, p = 0,0005).

Enfin, David Echaverria (Espagne) a comparé l’efficacité du mépolizumab et du dupilumab chez des patients asthmatiques sévères associé ou non à une BPCO dans une étude monocentrique, rétrospective (142 patients sous mépolizumab et 70 sous dupilumab). La réponse aux biothérapies était évaluée selon l’échelle EXACTO (incluant les exacerbations, le score ACT, la consommation de corticoïdes oraux, le VEMS) et la rémission clinique selon le consensus SEPAR-REMAS (ACT≥20, absence de traitement de secours, absence d’exacerbation et de corticoïdes oraux, VEMS≥80%, sur une durée supérieure à 12 mois).

Parmi les patients inclus, 20 avaient un asthme associé à une BPCO, 10 étaient traités par mépolizumab et 10 par dupilumab. Les patients avec un asthme et une BPCO étaient plus fréquemment des hommes (90% vs 36%, p<0,001), avaient une fonction respiratoire plus altéré (VEMS à 55,9% vs 70,6%, p<0,03) et un taux de réponse au traitement plus faible (14,2% vs 60%, p<0,03). Dans le groupe dupilumab, ils  présentaient également plus de reflux gastro œsophagien (46% vs 16%, p<0,04), sans différence significative sur la fonction respiratoire, la réponse au traitement et le taux de rémission clinique. Une des limite majeure de ce travail était le manque de détail concernant les traitements associés aux biothérapies, le tabagisme et les exacerbations.

Ainsi, bien que ces trois études présentent plusieurs biais, elles soulignent l’importance des données de vie réelle et suggèrent un bénéfice potentiel du dupilumab, du mépolizumab et du benralizumab chez une population généralement exclue des essais cliniques : les patients présentant à la fois un asthme et une BPCO.


D’après French claims database study in patients with severe asthma w/wo COPD using benralizuma: BENEFIT study
Efficacy of Dupilumab in Patients with Severe Asthma and Co-existing COPD
Effectiveness of treatment with mepolizumab and dupilumab in patients with asthma-COPD overlap (ACO) compared to patients with severe uncontrolled asthma (SUA) without COPD.


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Des nouvelles sur les effets au long cours du benralizumab

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

Le benralizumab est un anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur de l’IL-5, indiqué en France pour la prise en charge de l’asthme sévère éosinophilique. Il a fait la preuve de son efficacité sur la réduction des exacerbations sévères ainsi que sur le sevrage cortisonique. Cette année, nous avons eu des informations supplémentaires concernant les effets au long cours du Benralizumab chez les patients asthmatiques sévères.

Le Benralizumab améliore significativement, au long cours (2 ans) et en vie réelle, le contrôle de l’asthme.

Le benralizumab a fait la preuve de son efficacité sur la réduction des exacerbations sévères ainsi que sur le sevrage cortisonique 1 , 2 , 3 . XALOC-2 est une étude internationale (Allemagne, Belgique, Canada et Suisse) prospective en ouvert dont l’objectif principal était de déterminer chez les patients asthmatiques sévères traités les effets en vie réelle du benralizumab sur le contrôle de l’asthme et l’obtention de la rémission. Un total de 534 patients a été inclus dans l’étude. Les données de 152 d’entre eux ont été analysées concernant l’obtention à la 112e semaine de la rémission clinique à 3 critères (3-CR) définie ici par l’absence d’exacerbation sous traitement, l’absence de recours à la corticothérapie orale et un asthme contrôlé avec un score ACQ-6 <1,5. Ces mêmes critères ont été évalués avec un seuil plus strict d’ACQ-6 ≤ 0,75.

A la 112e semaine, 41 % des 152 patients sous benralizumab respectaient les critères 3-CR contre 42 % des 267 patients dont les données étaient disponibles à la 56e semaine. Ces proportions tombaient à 25 % à 56 semaines et 25 % à 112 semaines en utilisant la définition 3-CR avec ACQ-6 ≤ 0,75. Parmi ces 152 patients, 29 patients ayant reçu préalablement une autre biothérapie (absence de détails sur lesquelles) étaient identifiés. La proportion de patients atteignant les critères 3-CR (ACQ-6 < 1,5) était plus faible à 112 semaines dans cette sous-population en comparaison avec les 123 patients naïfs de biothérapie : 24,1 % vs 44,7 %.

Concernant le contrôle de l’asthme, le score médian de l’ACQ-6 était de 3,0 (IC95 2,2-3,8) à l’inclusion (n=516), diminuant à 1,2 (IC95 0,6-2,3) à la 56e semaine (n=363) et restant stable à 1,2 (0,5-2,2) à la 112e semaine (n=209). Une proportion importante de patients, 78,7 % à 56 semaines et 79 % à 112 semaines présentait une amélioration cliniquement significative de l’ACQ (MCID ≥ – 0,5) en comparaison avec l’inclusion. Enfin, à l’aide d’un modèle mixte linéaire à mesures répétées, les auteurs ont pu estimer les différentes trajectoires du score de l’ACQ-6 au cours du temps malgré les données manquantes. Ainsi, il a été observé que l’amélioration du score ACQ concernait la majorité des sous-groupes définis à l’inclusion (naïf ou non de biothérapie, exacerbation fréquente, corticothérapie orale d’entretien, rhinite chronique avec polypose nasosinusienne, FENO élevée, obésité) à l’exception des patients présentant une éosinophilie < 300/µL.

Comment prédire le maintien de la rémission au long cours chez les patients traités par Benralizumab ?

Les résultats d’une analyse post-hoc menée sur les essais SIROCCO, CALIMA et BORA nous ont été présentés concernant le maintien de la rémission au long cours 4 , 5. Les patients inclus dans cette analyse étaient ceux présentant un asthme sévère éosinophilique qui n’avait pas de corticothérapie orale au long cours. La rémission clinique des patients inclus dans SIROCCO et CALIMA a été évaluée toutes les 4 semaines pendant 48 à 56 semaines avant d’être inclus dans l’étude d’extension BORA et d’être réévaluée après 56 semaines supplémentaire. La rémission clinique était dans cette analyse définie par l’association d’un ACQ-6 < 1.5, l’absence d’exacerbation et l’absence de recours à la corticothérapie orale.

Un total de 636 patients provenant des études SIROCCO et CALIMA ayant été inclus secondairement dans BORA a été évalué concernant l’obtention de la rémission au cours du suivi. Parmi ceux-ci, 148 patients n’avaient jamais atteint les critères de rémission, 237 patients avaient moins de 3 visites où la rémission clinique était objectivée et 251 patients avaient au moins 3 visites où la rémission clinique était atteinte. 

Dans l’étude d’extension BORA, 170 patients ayant participé aux études SIROCCO ou CALIMA répondaient aux critères de rémission clinique au terme des 56 semaines de l’étude d’extension. Parmi ces patients, 72.9 % avaient déjà répondu à ces critères sur au moins 3 visites réalisées durant l’année précédente (SIROCCO/CALIMA). Ces patients avaient significativement plus d’éosinophiles à l’inclusion initiale (SIROCCO/CALIMA) et une plus grande probabilité d’avoir un VEMS ≥ 65% de la valeur prédite.

Ces éléments suggèrent que la persistance de la rémission durant la première année de traitement est associée à une poursuite de la rémission durant la seconde année de traitement. Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer la validité de cette hypothèse en condition de vie réelle et rechercher d’autres facteurs prédictifs.


D’après le poster : Biologics for asthma and allergic rhinitis: novel trial data Predicting long-term remission with benralizumab in severe eosinophilic asthma (SEA): Post-hoc analysis of SIROCCO, CALIMA, BORA Session poster : Remission/stability in airway diseases: how to achieve and what is next? Asthma control and clinical remission in severe eosinophilic asthma (SEA) after 2 years of benralizumab treatment: prospective real-world data from XALOC-2


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Impact du Dupilumab dans le cadre de l’ABPA

Dorian Hassoun, service des explorations fonctionnelles, CHU de Nantes

L’ERS a été l’occasion de présenter les premiers résultats de l’étude de phase II LIBERTY ABPA AIRED (NCT04442269) sur les effets du dupilumab sur la fonction respiratoire des patients souffrant d’aspergillose bronchopulmonaire allergique (ABPA).

L’Aspergillose BronchoPulmonaire Allergique (ABPA) est une maladie pulmonaire rare caractérisée par une réponse immunitaire complexe de type 2 dirigée spécifiquement à l’encontre du champignon du genre Aspergillus et plus particulièrement d’Aspergillus fumigatus. Le principal objectif de la prise en charge de l’ABPA est de contrôler la maladie et de réduire la survenue des exacerbations de la maladie (Plan National de Diagnostic et de Soins 2021). La prise en charge au long cours repose en particulier sur l’utilisation de la corticothérapie orale d’une part et sur les antifongiques d’autre part.

La conduite à tenir suggérée pour les patients résistants à ces traitements ou pour lesquels ces traitements de première intention ne peuvent pas être utilisés (effets secondaires) évolue depuis l’arrivée des biothérapies dans l’asthme sévère. Les derniers avis d’expert (méthode DELPHI) ISHAM-ABPA 2024 publiés dans l’European Respiratory Journal suggèrent l’adjonction d’une biothérapie aux traitements de fond à visée de réduction des exacerbations et d’épargne cortisonique mais avec un faible niveau de preuve faute d’études robustes sur le sujet.

Nous avons eu l’occasion durant le congrès de voir les premiers résultats de l’étude de phase II LIBERTY ABPA AIRED (NCT04442269) qui apporte des données intéressantes et pertinentes sur le sujet.

Le dupilumab améliore significativement la fonction respiratoire des patients souffrant d’ABPA.

L’objectif principal de l’essai LIBERTY ABPA AIRED était d’évaluer les effets du dupilumab sur la fonction respiratoire des patients souffrant d’ABPA. Etaient inclus dans l’étude les patients de plus de 12 ans avec un asthme non contrôlé (≥ 1 exacerbation sévère l’année précédente ou corticothérapie orale au long cours à faible dose) respectant les critères diagnostiques de l’ABPA selon ISHAM 2013. Les patients inclus étaient randomisés dans 2 groupes selon un ratio 1/1 : dupilumab 300 mg ou placebo s.c. toutes les 2 semaines. Le critère principal de jugement était le changement du VEMS pré-bronchodilatateur par rapport à l’inclusion à la 24e semaine.

Un total de 62 adultes avec asthme et ABPA ont été randomisés : 35 ont reçu le dupilumab et 27 le placebo. Une amélioration statistiquement significative du VEMS a été observée à la 24e semaine sous dupilumab par rapport au placebo (+ 201 mL IC95 77–326 mL, p = 0,002). Il est à noter que cet effet était observé dès la 2e semaine et se maintenait jusqu’à la 52e semaine (+ 259 mL IC95 140-380 mL, p < 0,001).

Effets intéressants sur le plan de la qualité de vie, de la réduction de la corticothérapie et de la réponse IgE.

Concernant les critères secondaires de jugement, la puissance statistique de l’étude n’a pas été suffisante pour démontrer une réduction significative du taux annualisé d’exacerbation sévère (p = 0,0627) bien qu’une tendance intéressante ait été observée (-57%) avec un taux de 0,695 / an (IC95 0,35-1,36) dans le groupe dupilumab contre 1,551 / an dans le groupe placebo (IC95 0,75-3,22). En revanche, une amélioration significative et cliniquement pertinente du score total du Questionnaire de Saint-Georges était observée dans le groupe dupilumab en comparaison avec le placebo : – 16 points (IC95 -25,63 ; -6,39) pour une différence minimale cliniquement significative de -4 points. Parallèlement, une proportion significativement supérieure (p < 0,01) de patients sous dupilumab réduisait de plus de 50% la posologie de leur corticothérapie orale d’entretien (12/14 patients vs 2/7) voire la stoppait complètement (10/14 patients vs 1/7, p < 0,05).

Sur le plan mécanistique, nous avons eu l’occasion de voir des données intéressantes sur le plan immunologique. En effet, le dupilumab réduisait significativement en comparaison avec le placebo la concentration d’IgE totales (- 55,5% ; p < 0,0001 ; IC95 -68,9 ; -42,6) ainsi que celle des IgE spécifiques anti-Aspergillus fumigatus (- 48 % ; p < 0,0001 ; IC95 – 67,9 ; – 28,9). Ces éléments suggèrent un impact effectif du dupilumab sur les mécanismes immunologiques de la maladie.

La tolérance du dupilumab dans ce contexte d’asthme associé à une ABPA était bonne, comparable avec les données disponibles dans l’asthme sévère.


D’après la session : Cutting-edge trial data on biologics for airway diseases: asthma, COPD, chronic rhinosinusitis with nasal polyps and chronic cough Dupilumab efficacy in patients with asthma and allergic bronchopulmonary aspergillosis


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Tezepelumab dans la polypose naso-sinusienne : efficacité selon la présence d’un syndrome de Widal

Camille Rolland-Debord, service de Pneumologie, CHU Clermont-Ferrand

Le traitement de la polypose naso-sinusienne sévère reste difficile malgré les traitements par corticoïdes et la chirurgie, surtout en présence d’une maladie respiratoire exacerbée par l’aspirine (AERD, syndrome de Widal). L’essai de phase 3 WAYPOINT montre que le blocage de la voie TSLP par le tezepelumab améliore significativement les symptômes et réduit les recours thérapeutiques, avec des résultats comparables chez les patients avec ou sans AERD 1

Waypoint en sous-groupe

La polypose naso-sinusienne (PNS) sévère entraîne une congestion nasale persistante et une perte d’odorat, avec un retentissement majeur sur la qualité de vie. Elle est fréquemment associée à l’asthme et, chez environ un quart des patients, à une AERD, qui aggrave la sévérité et complique la prise en charge. L’étude WAYPOINT a évalué le tezepelumab, anticorps monoclonal ciblant la cytokine TSLP. Quatre cent huitadultes atteints de PNS sévère non contrôlée ont été randomisés pour recevoir tezepelumab ou placebo pendant 52 semaines. Parmi eux, 71 présentaient une AERD et 337 n’en présentaient pas. Les patients avec AERD étaient légèrement plus jeunes (48,2 ans contre 50,1 ans) et plus souvent des femmes (45 % contre 33 %). Les scores initiaux montraient une atteinte sévère et comparable, avec un score moyen de polypes à 6,1, un score de congestion à 2,6, un SNOT-22 de 74,7 avec AERD contre 67,4 sans, et un score scannographique de Lund-Mackay de 20,1 contre 18,4.

Amélioration des symptômes et réduction des recours thérapeutiques

À 52 semaines, le tezepelumab a réduit significativement le score endoscopique des polypes d’environ 2 points de plus que le placebo, aussi bien chez les patients avec AERD (–2,01 ; p < 0,0001) que chez ceux sans (–2,09 ; p < 0,0001). La congestion nasale s’est améliorée de façon comparable (–1,14 avec AERD et –1,02 sans ; p < 0,0001), tout comme la perte d’odorat (–1,09 et –0,99 ; p < 0,0001). Le score SNOT-22 a diminué d’environ 27 points dans les deux groupes, avec des améliorations significativement supérieures au placebo. Le scanner a confirmé une réduction significative de l’atteinte sinusienne, avec une baisse du score de Lund-Mackay de 7,0 points avec AERD et de 5,4 sans. Enfin, le score total des symptômes a diminué de 7,7 et 6,8 points respectivement, toujours significativement par rapport au placebo.

Chez les patients avec AERD, 1/34 (2,9 %) patient traité par tezepelumab a eu besoin d’une chirurgie et/ou d’une corticothérapie systémique, contre 11/ 37 (31,7 %) sous placebo. Sans AERD, les événements sont survenus chez 5 /169 (6,8 %) sous tezepelumab, contre 51/168 (31,4 %) sous placebo.

Conclusion

Le tezepelumab a montré une efficacité dans la polypose naso-sinusienne sévère, indépendamment de la présence d’une AERD. La question reste ouverte quant à l’influence de l’asthme sur la réponse au traitement. Des essais randomisés comparant polypose isolée et polypose associée à l’asthme seraient utiles pour mieux cibler les indications cliniques.


D’après le poster ID 5663 Efficacy of tezepelumab in adults with severe, uncontrolled chronic rhinosinusitis with nasal polyps and comorbid NSAID-exacerbated respiratory disease (WAYPOINT)

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Biologiques et asthme sévère : une efficacité chez les fumeurs et ex-fumeurs

Camille Rolland-Debord, service de Pneumologie, CHU Clermont-Ferrand

L’étude SHARP est la plus grande analyse en vie réelle évaluant l’efficacité des thérapies biologiques chez des patients atteints d’asthme sévère selon leur statut tabagique. Les résultats montrent une amélioration significative du contrôle de l’asthme, des exacerbations, de la qualité de vie et de la fonction respiratoire, quel que soit l’historique tabagique.

Une étude en vie réelle à grande échelle

L’étude SHARP s’est déroulée en deux volets. La première partie était une étude observationnelle, rétrospective utilisant les données de 16 registres européens de l’asthme sévère. Les patients inclus étaient des adultes atteints d’asthme sévère, ayant initié un traitement biologique (omalizumab, benralizumab, mepolizumab ou dupilumab) et disposant d’un suivi d’au moins un an.

La deuxième partie de l’étude consistait en une enquête prospective, réalisée en mai 2024 auprès de cliniciens européens impliqués dans les registres SHARP.

Des bénéfices cliniques dans tous les groupes

Au total, 3769 patients ont été inclus. Les groupes étaient globalement similaires, avec toutefois un âge légèrement plus jeune et un FeNO plus bas chez les fumeurs actifs.

 
Après un an de traitement, les non-fumeurs (N=2282) présentent une amélioration du contrôle de l’asthme de +219 %, une réduction des exacerbations de -69 %, un gain de qualité de vie (AQLQ) de +20 % et une hausse du VEMS de +7,5 %. Les ex-fumeurs, qu’ils aient une exposition inférieure (N=505) ou supérieure à 10 paquets-année (N=766), obtiennent des résultats très proches sur ces quatre paramètres. Chez les fumeurs actifs (N=136, seulement), l’efficacité est notable avec +200 % de contrôle, -61 % d’exacerbations, +4,2 % de VEMS et surtout une progression marquée de l’AQLQ (+118 %), permettant de rejoindre le niveau des autres groupes malgré une qualité de vie initialement plus basse.

Des réticences persistantes chez les cliniciens

L’enquête parallèle menée auprès des cliniciens a montré que 13 % d’entre eux se déclaraient réticents à prescrire un biologique à un patient fumeur actif, principalement en raison d’une perception de moindre efficacité liée au tabagisme.

Conclusion

Cette étude suggère que les patients atteints d’asthme sévère répondent de manière comparable aux biologiques, indépendamment de leur statut tabagique. La sous-prescription observée chez les fumeurs semble davantage liée aux représentations cliniques qu’à une inefficacité réelle. Les auteurs rappellent toutefois la nature rétrospective de l’étude et l’absence de comparabilité directe entre les différentes molécules.


D’après la session D 179Severe asthma: from the underlying mechanism to clinical remission Session TagsClinical Translational, presentation Evidence of efficacy of biologics in smokers with severe asthma in the SHARP CRC registry Jérémy Charriot (France)

Biologiques et asthme sévère : une efficacité chez les fumeurs et ex-fumeurs Lire la suite »

Impact du genre sur le syndrome d’apnées du sommeil et les désordres métaboliques associés

Virginie Ferry, service de pneumologie, hôpital Bichat Claude Bernard, Paris.

Le SAS et l’obésité peuvent affecter différemment les individus, notamment selon leur sexe. Cette étude tente de mettre en évidence ces différences avec un modèle murin.

Le SAS est très fréquent chez les patients obèses. Par ailleurs le SAS est un facteur de risque de développer une obésité, un diabète et des pathologies cardiovasculaires. A l’inverse, les perturbations métaboliques peuvent affecter le SAS. Il existe ainsi une relation bidirectionnelle entre ces deux entités. Il semble néanmoins exister des différences de genre sur ces relations.

Objectif :
L’essai vise donc à explorer ces différences de genre avec un modèle murin.

Méthode :
Des souris mâles et femelles étaient réparties dans deux groupes : l’un avec un régime riche en graisse et l’autre recevant un régime pauvre en graisse, et cela pendant 10 semaines. Puis ces souris ont été exposées soit à une hypoxie intermittente (HI ; mimant un SAOS) ou à une concentration d’oxygène de l’air ambiant standard (FiO2 21%) pendant 16 semaines.

A la 26e semaine, toutes les souris étaient placées pendant 24h dans une cage métabolique, permettant de mesurer leur dépense énergétique, les échanges respiratoires et leur activité motrice. Leur poids ainsi que leur index de masse grasse était également mesurés.

Conclusion :
Le SAS et l’obésité sont deux pathologies avec des effets métaboliques sur la santé. Ce modèle murin mettait en évidence une différence entre les sexes sur le métabolisme, la réponse à l’obésité et aux hypoxies.

Les mâles semblaient plus sensibles aux hypoxies combinées aux régimes riches en graisses, tandis que le sexe féminin semblait montrer une protection relative, même si les hypoxies semblaient impacter le métabolisme sous un régime riche en graisse. Cette étude est tout d’abord originale par son design, notamment dans la représentation des deux sexes dans les modèles animaux. Elle va dans le sens de la nécessité de réaliser une prise en charge personnalisée du SAS, avec prise en compte du sexe dans les conseils donnés aux patients.


D’après la session transitioning from basic science to transitional research in sleep-disorders breathing, et la communication « Sex-specific metabolic and behavioral consequences of obesity and intermittent hypoxia in a murine OSA model », M.Badran, University of Missouri.

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SAHOS et obésité  : des lésions dangereuses

Vanessa Bironneau, service de Pneumologie, CHU de Poitiers.

Il existe une interconnexion entre l’obésité et le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS). L’objectif global est de promouvoir une prise en charge holistique du SAHOS chez les patients obèses, axée sur la réduction de la gravité du SAHOS via la gestion de l’obésité (perte de poids, médicaments anti-obésité), l’amélioration de l’espérance de vie, de la fonction physique et de la qualité de vie des patients et la rémission des complications de l’obésité (hypertension, diabète, maladies cardiaques). 

L’obésité, encore mal comprise et sous-estimée, est définie par l’OMS comme une maladie chronique associée à plus de 200 complications, dont le SAHOS, qu’elle contribue à développer en tant que cause sous-jacente.  L’obésité est définie par un IMC ≥ 30kg/m2. Cependant, ce marqueur est insuffisant car il ne prend pas en compte la distribution du tissu adipeux. Le tour de taille correspond à un risque accru lorsqu’il est >88 cm chez les femmes et >102 cm chez les hommes (graisse abdominale inflammatoire et dysfonctionnelle). Le rapport tour de taille/taille avec un seuil pathologique ≥0,5 (commun aux deux sexes) pour les patients avec IMC >27 kg/m², améliore l’évaluation du risque cardiométabolique.  Le SAHOS est le trouble du sommeil organique le plus fréquent, caractérisé par une obstruction des voies aériennes supérieures pendant le sommeil. Ses facteurs de risque non modifiables incluent :  l’âge, le sexe, les antécédents génétiques et les traits anatomiques (macroglossie, rétrognatisme).

L’obésité et le SAHOS interagissent dans les 2 sens via des complications cardiométaboliques :  l’hypertension, le diabète de type 2, les maladies cardiaques, en notant que les associations de plusieurs comorbidités accélèrent le risque de décès prématuré.

Dépistage et diagnostic du SAHOS dans l’obésité

Les signes cliniques du SAHOS sont souvent masqués par d’autres plaintes (fatigue, maux de tête) ou signalés par les proches, nécessitant une vigilance accrue des professionnels de soins primaires.  Différents scores existent pour nous aider dans le dépistage du SAHOS parmi lesquels nous retrouvons le STOPBANG. Ce score prend en compte des données épidémiologiques, morphologiques ainsi que des symptômes cliniques comme le ronflement. Un score ≥ 3 signe un risque élevé de SAHOS. Pour confirmer le diagnostic, la réalisation de polysomnographie en hospitalisation (référence) est limitée par les délais d’accès. La polygraphie à domicile est proposée comme alternative, permettant un diagnostic plus rapide. Elle est intégrée dans un algorithme de prise en charge.

Prise en charge thérapeutique

Si la pression positive continue (PPC) permet de diminuer de façon significative l’index d’apnées hypopnées (IAH), elle améliore légèrement la pression artérielle, la sensibilité à l’insuline et la glycémie chez les patients en prédiabète, mais n’a pas d’effet sur la glycémie des diabétiques de type 2 ni sur la mortalité.  Par ailleurs, l’adhésion à la PPC est souvent faible. Il est donc nécessaire d’expliquer clairement au patient les bénéfices attendus (la réduction du risque cardiovasculaire), de réaliser un suivi régulier et d’adapter le matériel pour améliorer le confort.

La perte de poids va réduire l’IAH mais la perte de poids par modifications du mode de vie induit un « état post-obésité » : hormones régulatrices du poids modifiées, dépense énergétique réduite, réponse cérébrale exacerbée aux signaux alimentaires, et persistance de l’environnement obésogène (difficile à éviter dans les sociétés occidentales). Ce phénomène explique les rechutes fréquentes, justifiant l’usage de médicaments anti-obésité.  Malgré les conseils de perte de poids classiques, les patients atteints d’un SAHOS y parviennent rarement, même avec des dispositifs de suivi. C’est pourquoi de nouvelles approches thérapeutiques sont nécessaires.  Pami elles, nous retrouvons la tirzepatide qui a récemment fait ses preuves en diminuant jusqu’à 20% le poids, et entrainant une baisse de l’IAH 27 à 30 évènements/heure. La somnolence et la qualité de vie étaient significativement améliorées. Tout ceci a même permis pour 52% des patients d’arrêter la PPC. Cette molécule a quelques effets secondaires dont principalement des effets gastro-intestinaux (diarrhée, nausées, constipation), mais gérables. L’adhésion à long terme reste à évaluer. 

Quel que soit le traitement proposé, le succès thérapeutique dépend de la compliance et du suivi régulier : le diagnostic et l’initiation du traitement ne suffisent pas ; un suivi rigoureux est indispensable pour vérifier l’adhésion et ajuster la stratégie. 

Conclusion

L’obésité est une maladie chronique complexe et une cause clé du SAHOS. Le SAHOS est une pathologie fréquente et sous-diagnostiquée, avec des conséquences cardiovasculaires majeures. Les troubles du sommeil, en particulier le SAHOS, sont un enjeu majeur de santé publique sous-diagnostiqué. Grâce à des outils simples (STOP-BANG), une polygraphie à domicile accessible et une collaboration interprofessionnelle renforcée, il est possible de détecter et traiter ces patients plus efficacement. L’évaluation combinée (IMC, tour de taille) et la prise en charge multidisciplinaire (traitement symptomatique du SAHOS associé à la gestion de l’obésité) sont essentielles pour améliorer le pronostic des patients. De plus, les avancées thérapeutiques, notamment les agonistes GLP-1, ouvrent de nouvelles perspectives pour casser le cycle vicieux obésité-SAHOS. La clé réside dans une approche de médecine de précision, associée à un suivi étroit, et améliorer la prise en charge des patients.


D’après la session Industry evening symposium: New Horizons on the Pharmacological Management of OSA
The Link Between Obesity and OSA Eveline Dirinck (Belgium) OSA screening and diagnosis: who, when and how Xavier Cos (Spain)
Management of OSA: Pharmacological and Beyond Christoph Schöbel (Germany)

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La télémédecine et la VNI : le futur ? Non… Déjà le présent !

Vanessa Bironneau, service de Pneumologie, CHU  de Poitiers

La Ventilation non invasive (VNI) a toute sa place dans la prise en charge de nombreuses pathologies respiratoires depuis plus de 50 ans. Alors que la télémédecine est déjà utilisée depuis plusieurs années pour les patients traités par pression positive continue, quelle est la place de cette nouvelle technologie pour la VNI alors que sa valeur ajoutée reste à clarifier ?

La télémédecine pour la VNI est un enjeu notamment pour 2 éléments principaux : l’initiation de la VNI à domicile et le suivi régulier des patients au long cours. SI le retour patient est souvent très positif, le niveau de preuve de cette technologie pour la VNI est globalement limité. La question réglementaire reste présente avec notamment la protection des données patients.

La télésurveillance aujourd’hui 

L’objectif final de la télésurveillance est d’améliorer l’observance thérapeutique, de réduire les hospitalisations inutiles, de personnaliser les soins (notamment en phase d’initiation) et de maintenir des résultats cliniques positifs.  Il est donc conseillé d’utiliser la télésurveillance dès l’instauration de la VNI. Grâce à des alertes, il va être possible d’intervenir très précocement auprès du patient en cas de mauvaise observance, d’anomalies de la fréquence respiratoire ou de désaturations. Ces interventions permettent de corriger les réglages de la VNI à distance, évitant ainsi les hospitalisations. 

Les données de la littérature et notamment celles de l’étude EVENT1 montrent que la télésurveillance des patients sous VNI améliore la compliance du patient, réduit les évènements résiduels (apnées) et améliore la gestion des fuites du masque ;  avec des bénéfices durables sur 6 mois. Cependant, une approche multidisciplinaire est la clef de la réussite. En effet, une prise en charge efficace nécessite une équipe pluridisciplinaire (médecins, kinésithérapeutes, infirmières, psychiatres et travailleurs sociaux) afin d’assurer non seulement la gestion médicale, mais aussi la qualité de vie sociale du patient.

La télésurveillance demain 

Il est nécessaire de pouvoir poursuivre les recherches sur cette thématique notamment concernant le traitement des données (algorithmes avancés/IA pour l’analyse de grandes quantités de données), l’évaluation de l’efficacité et du coût-efficacité, la recherche de marqueurs, de “bons indicateurs” de suivi en télésurveillance, prédictifs de stabilité / détérioration de la prise en charge (ex. prédiction d es exacerbations) et enfin l’harmonisation internationale devant des pratiques actuellement très disparates en fonction des pays.

Conclusion :

La ventilation mécanique à domicile connaît une croissance mondiale, due à l’augmentation des maladies respiratoires chroniques. Sa réussite dépend de l’adaptation individuelle, de l’approche multidisciplinaire et de l’intégration de technologies comme la télésurveillance et l’IA. L’évolution des équipements (connectivité, portabilité) et la poursuite de la recherche permettront de transformer cette prise en charge, dans un objectif de qualité et d’efficience pour les patients et les systèmes de santé.


D’après la session Personalised Non Invasive Ventilation : Unlocking the Value From Initiation to Optimisation : Practical Strategies for Setting Up and Managing Home Ventilation Maria José Araújo Cunha Guimarães (Palmeira – Stº Tirso, Portugal) An effective digitalised approach in ventilated patients Ulla Anttalainen (Paimio, Finland)

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