MissionATS

L’intelligence artificielle révolutionnera-t-elle la pneumologie ?

L’intelligence artificielle (IA) révolutionnera-t-elle notre approche de la pneumologie ? C’est la question posée par les conférenciers de la session A89 du dimanche 18 mai 2025 lors du congrès de l’ATS cette année.

À peine mentionnée en 2015, l’IA occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante au congrès de l’ATS, et ce, depuis deux ou trois ans. Elle est désormais un sujet incontournable et entraînera des modifications inévitables dans tous les domaines de la pneumologie d’ici un à deux ans. Les raisons de ce changement tiennent principalement à la masse considérable de données (plus connue sous l’appellation « Big Data ») en lien avec l’état de santé de chaque individu, allant du polymorphisme génétique aux poids différentiels que les facteurs environnementaux exercent sur l’expression de nos gènes. A la richesse phénotypique de chaque maladie, s’ajoute la complexité des voies endotypiques qui sous-tendent chacun de ces phénotypes, rendant la perspective d’une médecine personnalisée, prédictive, préventive et participative presque illusoire. Comme dans toute quête, la meilleure façon d’atteindre un objectif est de connaître les différentes étapes qui y mènent. Aujourd’hui, faute d’avoir trouvé des solutions définitives aux questions posées, les auteurs ont au moins le mérite d’avoir identifié six domaines où les outils d’IA actuels pourraient améliorer nos capacités diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques. En intégrant les données génomiques, transcriptomiques et protéomiques aux caractéristiques cliniques et environnementales, l’IA permet de :
1 : prédire l’apparition des maladies et prévenir leur évolution vers un stade incurable car irréversible ;
2 :adapter les traitements aux spécificités biologiques de chaque patient ;
3: identifier de nouvelles cibles thérapeutiques ;
4 : simuler l’évolution des maladies et la réponse aux traitements grâce aux modèles virtuels de patients ou « jumeaux numériques » ;
5 : suivre en continu la fonction respiratoire et détecter précocement les exacerbations grâce aux dispositifs portables équipés de capteurs ;
6 : prévoir l’émergence des pandémies, optimiser les ressources médicales et améliorer les politiques de santé respiratoire en conséquence. Ainsi, à défaut de pouvoir révolutionner complètement la médecine en ce premier quart de siècle, il est très probable que l’IA nous aidera à franchir une étape décisive vers une médecine plus intégrative, en trouvant les bonnes pondérations entre les données génomiques et les facteurs environnementaux, mais aussi plus individualisée. Car si chaque être humain est unique, chaque malade l’est davantage. L’IA nous permettra-t-elle d’identifier non seulement les différences inter-individuelles, mais aussi les fluctuations intra-individuelles de nos patients ?

D’après la session A89 “Revolutionizing respiratory disease management with machine learning and AI insights”

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Plus de spiro dans la BPCO ?!

À ce jour, le diagnostic de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) repose sur la mise en évidence d’un trouble ventilatoire obstructif, défini par un rapport Volume Expiratoire Maximal en 1 seconde (VEMS)/Capacité Vitale Forcée (CVF) inférieur à 0,7, associé à des symptômes respiratoires chroniques, bien que ces derniers ne soient pas précisément définis. Toutefois, la BPCO est une pathologie hétérogène, et la présence d’un emphysème ou d’une atteinte des petites voies aériennes doit faire évoquer le diagnostic.

Surya P. Bhatt (Birmingham, Etats-Unis) a présenté, les résultats d’une étude publiée dans le JAMA 1concernant une approche diagnostique multidimensionnelle dans la BPCO. Les auteurs ont analysé les données de 9416 patients de la cohorte COPDGene (sujets âgés de 40 à 85 ans, fumeurs ou ex-fumeurs, inclus entre 2007 et 2011, avec un suivi médian de 10,5 ans) et 1341 sujets issus de la cohorte CanCOLD (âgés de plus de 40 ans, sans condition de tabagisme, inclus entre 2009 et 2015, suivi médian de 10 ans). Cette nouvelle approche reposait sur une combinaison de critères avec un critère majeur (trouble ventilatoire obstructif (TVO) défini par un rapport VEMS/CVF inférieur à 0,7 ou à la limite inférieure de la normale) et 5 critères mineurs (emphysème, épaississement des parois bronchiques, dyspnée mMRC ≥ 2, score COPD Assessment Test (CAT) ≥ 10 ou questionnaire de Saint Georges (SGRQ) ≥ 25 et bronchite chronique). Le diagnostic de BPCO était retenu en présence d’un critère majeur associé à un critère mineur ou, si au moins 3 critères mineurs étaient présents. Si les symptômes pouvaient être expliqués par une autre pathologie, la présence des deux critères d’imagerie était nécessaire. L’impact de cette nouvelle classification a été évalué sur la mortalité (toute cause et respiratoire), les risque exacerbations et le déclin annuel du VEMS.

Dans la cohorte COPDGene, avant l’application de la nouvelle définition, 4108 des 9416 sujets (43,6 %) étaient classés GOLD 0 (absence de TVO et VEMS > 80%), tandis que 1142 (12,1 %) n’avaient pas de TVO mais un VEMS < 80%, correspondant à la définition du PRISm. Les stades GOLD 1 à 4 comprenaient respectivement 748 (7,9 %), 1805 (19,2 %), 1072 (11,4 %), 541 (5,7 %) sujets. L’âge moyen était de 59,6 ± 9,0 ans et 53,5% étaient des hommes.

En appliquant la nouvelle définition proposée, 6,8 % des sujets avec un TVO n’étaient plus considérés comme ayant une BPCO, tandis que 15,4 % des sujets sans TVO étaient nouvellement classés comme atteints de BPCO. Ces derniers étaient majoritairement des femmes (55%), 48% étaient obèses et 51% présentaient des symptômes de bronchite chronique. Au cours du suivi, 2681 (28,5%) des participants sont décédés. Les sujets nouvellement identifiés uniquement à partir des critères mineurs présentaient un risque accru de mortalité toute cause (Hazard Ratio (HR) 1,98, intervalle de confiance 95% (IC95%) 1,67-2,35), une mortalité respiratoire augmentée (HR 3,58, IC95% 1,56-8,20), un risque d’exacerbation plus élevé (taux incident 2,09, IC95% 1,79-2,44) et un déclin annuel du VEMS accéléré (-7,7mL/an, IC95% -13,2- -2,3mL) comparativement aux sujets sans BPCO. En revanche, les individus présentant TVO mais non retenus comme ayant une BPCO selon la nouvelle définition, présentaient des résultats similaires à ceux des sujets sans obstruction.

Dans la cohorte CanCOLD, 16 % des sujets présentant un TVO étaient reclassés comme n’ayant pas de BPCO, tandis que 7 % des sujets sans TVO étaient nouvellement identifiés comme atteints de BPCO selon la nouvelle définition. Il convient toutefois de souligner que les deux cohortes reposent sur des populations différentes, avec notamment 41 % de participants non-fumeurs dans CanCOLD. Malgré ces différences, un risque accru d’exacerbations était également observé chez les sujets nouvellement classés comme ayant une BPCO (HR 2,09 ; IC95 % 1,25–3,51). En conclusion, cette approche diagnostique multidimensionnelle, intégrant symptômes, imagerie et spirométrie, pourrait permettre d’identifier une proportion significative de patients à risque augmenté de mortalité et d’exacerbations. Cependant le caractère aspécifique de la définition proposée ne permet pas d’exclure la présence de patients asthmatiques parmi les patients classés comme BPCO sur la présence de 3 critères mineurs seulement.

D’après la communication orale de Bhatt SP, A New Multidimensional Diagnostic Approach for Chronic Obstructive Pulmonary Disease. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A2857 (session A96).

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Le frevecitinib, une nouvelle molécule en cours de développement dans l’asthme

Au milieu de toutes les analyses post-hoc des principaux essais cliniques ayant utilisé des biothérapies injectables dans l’asthme sévère, quelques données portant sur des toutes nouvelles molécules inhalées ou orales ont été présentées. Parmi elles, un inhibiteur pan-JAK administré par voie inhalée a retenu notre attention.

Cette molécule en cours de développement, le KN-002 ou frevecitinib, est capable d’inhiber JAK1, JAK2, JAK3 et TYK2. Elle a été testée contre placebo dans une étude de phase 1b auprès de 23 patients adultes (17 sous frevecitinib inhalé 4 mg x 2/j et 6 sous placebo) atteints d’asthme modéré à sévère, non contrôlé malgré un traitement de fond inhalé stable depuis au moins 3 mois et ayant un VEMS supérieur à 50% de la valeur prédite avec une FeNO ≥ 30 ppb. Après 10 jours de traitement, les patients sous frevecitinib ont vu le contrôle de leur asthme s’améliorer, notamment s’ils avaient à l’inclusion un taux d’éosinophiles sanguins ≥ 300/mm3 (70% d’amélioration significative du score ACQ-6 sous frevecitinib vs. 0% sous placebo dans ce sous-groupe). Il en a été de même avec le VEMS, amélioré globalement de 120 ml en 10 jours sous frevecitinib et même de 190 ml dans le sous-groupe de patients avec éosinophiles sanguins ≥ 300/mm3.

Même si ces résultats restent très préliminaires puisqu’il s’agit d’une étude exploratoire réalisée chez un faible nombre de patients, ils sont encourageants et montrent qu’il est probablement utile de s’intéresser à la voie de signalisation JAK/STAT dans l’asthme puisqu’elle est impliquée à la fois dans l’asthme éosinophilique et dans l’asthme non-éosinophilique. Une étude de phase 2b devrait débuter très prochainement aux Etats-Unis pour déterminer la dose optimale de frevecitinib, pour la tester ensuite sur des effectifs plus importants et enfin savoir si cette molécule aura un avenir dans le traitement de l’asthme ou si elle rejoindra le groupe plus nombreux des illusions perdues. L’histoire ne fait que commencer, donc…

D’après Singh D. et al. Inhaled frevecitinib reduces sputum eosinophils and improves FEV1 and ACQ-6 in subjects with moderate to severe asthma treated with ICS/LABA. Am J Respir Crit Care Med 2025;211:A3062.

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Auteurs ATS 2026

Claire Andrejak, Présidente de la Société de Pneumologie de Langue Française, Responsable de la Fédération Hospitalo Universitaire RESPIRE, Service de Pneumologie, CHU AMIENS PICARDIE, EA4294-AGIR Université de Picardie Jules Verne, AMIENS, France – Liens d’intérêt : Investigateur pour des essais promus par Insmed, Boerhingher, Astra-Zeneca, Mundipharma, GSK

Jonathan Benzaquen, Service de Pneumologie, Allergologie, Oncologie Thoracique, Soins intensifs Respiratoires, Hôpital Pasteur 2, CHU Nice, 30 Voie Romaine, 06000 Nice, France – Liens d’intérêt : Amgen, Astrazeneca, BMS, Johnson & Johsnon, Sanofi, Takeda

François-Xavier Blanc, Nantes Université, CHU Nantes, l’institut du thorax, Service de Pneumologie Nantes, France – Liens d’intérêt : AstraZeneca, Boehringer Ingelheim, Celltrion, GSK, Insmed, Sanofi/Regeneron, Winward Bio.

Athénaïs Boucly, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, Hôpital Bicêtre, Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 78, rue du Général Leclerc, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France – Liens d’intérêts : AOP, AstraZeneca, Ferrer, Gossamer Bio, Janssen, MSD, United Therapeutics

Pierre-Yves Brillet, INSERM 1272, Santé-Médecine-Biologie-Humaine, Université Paris 13 et Service de radiologie, Hôpital Avicenne, Bobigny, France – Liens d’intérêts : financement Boehringer Ingelheim pour des actions de formation

Anh Tuan Dinh-Xuan, Service de Physiologie-Explorations Fonctionnelles, Hôpital Cochin, 27, rue du faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris, France – Liens d’intérêts : Laboratoires AstraZeneca, Chiesi, GSK, Menarini, Sanofi

Lou Duclau,  Service de Pneumologie – Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, 31059 Toulouse Cedex 9, France – Liens d’intérêts : Aucun

Marjolaine Georges, Institut Universitaire du Poumon, Service de Soins Intensifs Respiratoires, Centre de Référence Constitutif des Maladies Pulmonaires Rares de l’Adulte, CHU Dijon Bourgogne, 14 rue Paul Gaffarel, 21079 Dijon cedex, France – Liens d’intérêts : Asten Santé, Elivie, Oxylis, SOS Oxygène, AstraZeneca, GlaxoSmithKline, Fishet et Paykel, Boehringer Ingelheim

Marina Gueçamburu, Service des Maladies Respiratoires et des épreuves fonctionnelles respiratoires CHU Bordeaux, 33604, Pessac, France – Liens d’intérêt : Aucun

Julie Mazenq,Service de Pneumologie Pédiatrique, CHU Timone enfants, Assistance Publiques des Hôpitaux de Marseille, 264 rue Saint Pierre 13005 Marseille ; Inserm, INRAE, C2VN Marseille, Aix-Marseille université, Marseille, France – Liens d’intérêts : Aucun

Sandrine Pontier-Marchandise, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9, France – Liens d’intérêts : Air Liquide Santé Domicile, Löwenstein, Asten Santé, Orkyn’, ISIS médical, Elivie, Respi O2

Yiannis Psonka, Unité de Tabacologie, Institut Cœur Poumon, CHU de Lille, Boulevard du Pr Jules Leclercq, 59037 Lille France – Liens d’intérêt : AstraZeneca, GSK, Menarin,i Abbvie, Pierre Fabre, Sanofi, SOS oxygène, Orkyn’, Sysmed, Vitalaire, Preuves & Pratiques

Frédéric Rivière Service de Pneumologie, oncologie thoracique et soins intensifs respiratoires, CHU Caen-Normandie, avenue Côte de Nacre, 14000 Caen, France – Liens d’intérêts : Aucun en lien avec le congrès ATS

Thomas Villeneuve,Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, 31059 Toulouse Cedex 9, France – Liens d’intérêts : Boehringer Ingelheim, GSK, AstraZeneca, Chiesi, Sanofi Genzyme, Menarini, Mauna Kea, AJR medical

Maj 19/05/2026

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ATS 2025


Retrouvez les brèves des communications rédigées par l’équipe de la Mission ATS

À partir du 19 mai 2025 retrouvez les résumés des communications sous forme de brèves par l’équipe des experts de la Mission ATS 2025

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Mission Post ATS 2024

Retour sur  le congrès de San Diego avec les experts de la Mission ATS 2024

Introduction : Jésus Gonzalez
Modérateurs : Anh-Tuan Dinh-Xuan – Jean-Claude Meurice 

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• Anh-Tuan Dinh-Xuan (Paris) : L’intelligence artificielle en 2024 : Docteur Jekyll ou Monsieur Hyde ?
• Xavier Blanc (Nantes) : Asthme : quelques nouveautés intéressantes
• Athénais Boucly (Le Kremlin Bicêtre) : Voie du PDGF: une nouvelle option thérapeutique dans l’HTAP?
• Frédéric Schlemmer (Créteil) : Actualités dans la dilatation des bronches et les infections à mycobactéries non tuberculeuses
• Thomas Villeneuve (Toulouse) : Nouveautés en endoscopie bronchique 
• Sandrine Pontier (Toulouse) : Arrêt de la PPC : facteurs de risque et conséquences

• Marina Gueçamburu : actualités concernant les biothérapies dans la BPCO
• Florence Jeny : Fibrose pulmonaire : actualités des essais thérapeutiques
• Pierre-Yves Brillet : Tomodensitométrie thoracique : biomarqueurs et intelligence artificielle 
• Kinan El Husseini : Actualités en transplantation pulmonaire
• Christophe Girault SDRA : Définition mondiale et dernières recommandations de prise en charge
• Marjolaine Georges : L’oxygénothérapie de déambulation en question
• Jean-Claude Meurice (Poitiers) : Traitements pharmacologiques du SAHOS

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Les vidéos par épisodes

PARTIE 1

>>> Introduction

 L’intelligence artificielle en 2024 : Docteur Jekyll ou Monsieur Hyde ? Anh-Tuan Dinh-Xuan (Paris)


•  Asthme : quelques nouveautés intéressantes François-Xavier Blanc (Nantes)


•Voie du PDGF: une nouvelle option thérapeutique dans l’HTAP ? Athénais Boucly (Le Kremlin Bicêtre)


• Actualités dans la dilatation des bronches et les infections à mycobactéries non tuberculeuses Frédéric Schlemmer (Créteil)


• Nouveautés en endoscopie bronchique Thomas Villeneuve (Toulouse)


 • Arrêt de la PPC : facteurs de risque et conséquences Sandrine Pontier (Toulouse)


Questions-réponses



PARTIE 2

 • Introduction


 • Actualités concernant les biothérapies dans la BPCO Marina Gueçamburu


  • Fibrose pulmonaire : actualités des essais thérapeutiques Florence Jeny 


• Tomodensitométrie thoracique : biomarqueurs et intelligence artificielle Pierre-Yves Brillet 


• Actualités en transplantation pulmonaire Kinan El Husseini 





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>>>Voir les résumés

Mission Post ATS 2024 Lire la suite »

ATS 2024


Retrouvez les brèves des communications rédigées par l’équipe de la Mission ATS

À partir du 20 mai 2024 retrouvez les résumés des communications sous forme de brèves par l’équipe des experts de la Mission ATS 2024

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Qu’est-ce que vous prendrez ? Cigarette électronique et…

L’équipe de L.E. Crotty Alexander, qui explore la dangerosité de la cigarette électronique chez l’homme depuis plusieurs années, a consacré une méta-analyse à la triple consommation de cigarette électronique, de cigarette combustible classique et de cannabis.

Parmi plus de 50 000 participants, dont la majorité sont des adolescents et des jeunes adultes, 45% n’ont pas d’intoxication, approximativement 5% sont fumeurs, 15% vapotent régulièrement, 18% ont une double intoxication et 17% ont une triple intoxication.

Au sein des 44 articles sélectionnés, les auteurs ont analysé les thématiques communes. Cette méta-analyse confirme plusieurs sujets d’inquiétude :

1.La triple intoxication devient plus fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes, ces dernières années.
2.La cigarette électronique est une porte d’entrée vers l’expérimentation mais aussi l’usage régulier de tabac combustible, de cannabis et d’autres substances illicites.
3.La triple intoxication pourrait avoir des effets toxiques cumulatifs ou synergiques sur le système respiratoire mais aussi sur la santé mentale (anxiété et dépression) comme sur le développement d’usage abusif de substances, en raison d’une exposition croissante à des composés chimiques toxiques.

Ces résultats soulignent la nécessité de politiques de prévention mais aussi de législations strictes pour protéger notamment les adolescents et les jeunes adultes, qui sont particulièrement sensibles à la pression sociale et à la publicité.

D’après le poster d’A. Singh et al. Triple threat: examining the concurrent use of E-cigarettes, combustible cigarettes, and marijuana and the public health implications. Am J Respir Crit Care Med 2024;209:A7111 (session D26)

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Dis-moi comment tu dors…

Le maintien de la PPC dans le temps est un élément crucial de la prise en charge des patients atteints de SAHOS. Certains éléments sont maintenant bien connus pour améliorer cet élément, néanmoins, 47,7% des patients appareillés en France arrêteraient le traitement dans les 3 ans qui suivent sa prescription.

L’équipe de Grenoble a rapporté une étude sur les éléments cliniques et polysomnographiques au diagnostic associés à l’arrêt de la PPC. Les patients décédés, ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique ou dont le traitement a été modifié pour une VNI ou une ASV ont été exclus.

Mille cent trente-six patients ont été inclus. Le pourcentage de patients ayant arrêté le traitement à 1, 3 et 5 ans était respectivement de 20,51, 30,37 et 32,57. L’analyse a été faite sur 637 patients ayant des données complètes à l’inclusion. Parmi eux, 453 patients (71%) gardent la PPC à 5 ans, 184 (29%) l’ont arrêtée. En analyse multivariée, le sexe masculin (HR 0,7 [0,51 ;0,95] p=0,02) de même que la sévérité initiale du syndrome d’apnées du sommeil : IAH plus élevé (0,99 [0,98 ;0,99], p<0,01), index de désaturations plus élevé (0,99 [0,98 ;1] p<0,01) et SpO2 nocturne moyenne basse (1,19 [1,1 ;1,29] p<0,01) et SpO2 nocturne minimale basse (1,05 [1,02 ;1,08] p<0,01) semblent jouer un rôle « protecteur » (moins d’arrêts de traitement) alors que la nycturie (1,4 [1,02 ;1,92] p=0,04) et la mauvaise qualité du sommeil évaluée par le temps total de sommeil (0,98 [0,96 ;1] p=0,03) et l’index d’éveils (1,03 [1,03 ;1,05] p=0,01), ont l’effet inverse.

La qualité et la quantité de sommeil au diagnostic sont donc des éléments cruciaux à prendre en compte chez les patients que nous appareillons. Une évaluation spécifique de ces éléments et une prise en charge sont donc nécessaires au moins par l’interrogatoire. L’éducation thérapeutique et un suivi plus attentif peuvent donc être proposés à ces patients spécifiquement.

D’après R Tamisier (A109). Impact of obstructive sleep apnea (OSA) clinical and polysomnographic phenotypic traits on continuous positive airway pressure (CPAP) termination rates : a 5-year follow-up study. Am J Respir Crit Care Med 2024 ; 209 : A6864.

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Peut-on faire mieux que le Rox index pour prédire l’échec de l’OHD au cours de l’IRA hypoxémique ?

L’oxygénothérapie nasale à haut débit (OHD) s’est maintenant imposée dans la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) hypoxémique. Néanmoins, il apparait pertinent de pouvoir prédire le risque d’échec lors de l’initiation de cette stratégie respiratoire non invasive. Le ROX index (« Respiratory/OXygenation index » : rapport entre SpO2/FiO2 et la fréquence respiratoire), facilement mesurable au lit du patient, a ainsi été proposé pour prédire le risque d’intubation au cours de l’IRA hypoxémique sous OHD 1. Cependant, sa performance peut s’avérer variable selon le moment de sa mesure et le contexte clinique sous-jacent 2

L’étude a donc cherché à développer et à valider un modèle automatisé (algorithme) pour prédire l’échec de l’OHD à partir de dossiers médicaux électroniques de patients adultes ayant bénéficié d’OHD dans sept hôpitaux et en utilisant les données médicales (72 variables) au moment de l’initiation de l’OHD de quatre systèmes de soins informatisés différents. Un modèle dit de « gradient boosting » (GBM) a donc été utilisé pour prédire la survenue du critère principal de jugement (CPJ) composite, soit intubation ou décès, dans les 24h suivant l’initiation de l’OHD. Le modèle a été validé sur trois systèmes de soins informatisés et évalué ensuite sur un quatrième, en le comparant au ROX index (1) par analyse de l’aire sous la courbe (AUC) aux différents « timing » d’évaluation. Parmi les 11 619 patients inclus, 6 787 l’ont été dans la cohorte de validation et 4 832 dans la cohorte de test. Le CPJ est survenu chez 1 410/11 619 patients (12,1%). Lors de la validation externe, l’AUC du modèle GBM pour prédire l’échec de l’OHD à H24 était de 0,760, significativement plus élevé que celui du ROX index (0,696 ; p<0,01) (cf. figure). Cette meilleure performance du modèle GBM par rapport au ROX index était maintenue aux différents temps avant la survenue de l’évènement (intubation ou décès), avec une AUC atteignant 0,848, 0,808 et 0,785 respectivement à 2, 6 et 12 heures avant l’échec (cf. figure) (p = 0,04, p = 0,01 et p<0,01 comparativement au ROX index). Les cinq variables les plus pertinentes du modèle GBM étaient les suivantes : fréquence respiratoire, fraction inspirée en oxygène (FiO2), numération plaquettaire, taux de bicarbonates et de lactates plasmatiques.

Le modèle algorithmique développé et validé dans cette étude apparait donc plus performant que le simple ROX index pour prédire l’échec de l’OHD dans l’IRA hypoxémique. Ce modèle, potentiellement utile pour la prise de décision clinique, nécessitera cependant d’être validé cliniquement et prospectivement, et, d’après les variables les plus performantes, d’être notamment évalué dans différentes étiologies d’IRA hypoxémique.

Figure : Prédiction de l’échec de l’OHD (AUC) à différents temps avant survenue de l’évènement (intubation ou décès) selon le ROX index ou le « Gradient Boosting Model »

D’après la communication de Temte B., et al. Development and external validation of a machine learning model to predict high flow nasal cannula failure. Am J Respir Crit Care Med 2024; 209: A6922. Session D14.

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