Congrès

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Mission ATS 2023 Paris 1er juillet

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ATS 2023

Retrouvez les brèves des communications rédigées par l’équipe de la Mission ATS

À partir du 22 mai 2023 retrouvez les résumés des communications sous forme de brèves par l’équipe des experts de la Mission ATS 2023 (voir ci-dessous)

La Mission Post ATS a eu lieu à la Faculté Cochin le 1er juillet 2023.

Disponibles également en podcast

Les brèves des communications du mercredi 24 mai 2023

Les brèves des communications du mardi 23 mai 2023

Les brèves des communications du lundi 22 mai 2023

Les brèves des communications du dimanche 21 mai 2023

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Consommation de soins et PPC : encore une histoire d’observance…

L’observance thérapeutique à la pression positive continue (PPC) est toujours un problème essentiel ; c’est probablement cela qui explique en partie un grand nombre d’études négatives sur l’impact du traitement dans les maladies cardio-vasculaires notamment. On a assisté lors de ce congrès à la présentation de plusieurs études rétrospectives évaluant l’intérêt d’une observance correcte de la PPC sur un certain nombre d’items.

Wickwire EM et al (Baltimore, Etats-Unis) a présenté un travail rétrospectif portant sur des patients nouvellement appareillés par PPC et porteurs d’une dépression (2 consultations ou une hospitalisation pour dépression dans l’année précédant la mise en place de la PPC). Un total de 37459 patients a été inclus : 27% observants, 44% modérés et 29% non observants. L’observance était définie par une utilisation de plus de 4h par nuit, plus de 70% des nuits sur une période de 30 jours, dans les 3 premiers mois de traitement.

Par rapport aux patients non observants (NO), les patients observants (PO) avaient moins de risque de consultation en urgence (- 34%) ou d’hospitalisation toute cause confondue (-44%) dans les 2 ans qui suivaient l’initiation de la PPC. Ceci s’est traduit par une diminution significative des coûts de santé par patient dans les 2 années qui ont suivi (respectivement pour le coût global, les hospitalisations et les consultations en urgence : 11847$ pour les PO vs 11955$ pour les NO, 1634$ vs 2274$ et 760$ vs 1006$). Les auteurs ont calculé que pour éviter une hospitalisation en urgence il faudrait « convertir » 6,3 NO en PO ou 12,4 patients ayant une observance intermédiaire en PO ; de même pour diminuer les consultations en urgence, il faudrait « convertir » 0,9 NO en PO et 1,9 patient intermédiaire en PO. Les mêmes données sont constatées pour les hospitalisations et les consultations pour dépression.

Il est très intéressant de constater que l’impact de l’observance est visible sur la consommation de soins dès la première année de traitement par PPC dans cette population sélectionnée mais généralement très consommatrice de soins. L’observance est, comme chacun le sait, une donnée essentielle pour la prise en charge de nos patients et ses effets notamment sur la dépression.

Sandrine Pontier-Marchandise, Service de Pneumologie et unité des soins intensifs– Clinique des Voies Respiratoires, CHU Larrey, 24 chemin de Pouvourville, TSA 30030, Toulouse 

D’après le poster discussion de : Wickwire EM et al. Impact of Positive Airways Pressure adherence on healthcare resource utilization and costs among individuals with obstructive sleep apnea and depression : a national analysis. Am J Respir CritCare Med 2023;207:A6497. (session D30)

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Syndrome de détresse respiratoire aiguë : vers une nouvelle définition mondiale !

Plusieurs arguments ont récemment conduit à réviser  la définition du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) dite « de Berlin » de 2012 utilisée jusqu’à maintenant: (1) le développement de l’oxygénothérapie à haut débit (OHD) pour la prise en charge de l’insuffisance respiratoire aiguë (IRA) hypoxémique alors que ces patients ne répondent pas à la définition de Berlin; (2) le rapport SpO2/FiO2, évalué par simple oxymétrie de pouls et récemment validé comme critère de SDRA (études d’observationnelles et essais cliniques); (3) la nécessité de réévaluer l’exigence d’avoir des opacités bilatérales versus unilatérales à l’imagerie thoracique, et de tenir compte de l’échographie thoracique comme méthode diagnostique supplémentaire; (4) l’application de la définition de Berlin qui peut s’avérer difficile dans les pays aux ressources sanitaires limitées, les modalités diagnostiques (radiographie thoracique, analyse des gaz du sang artériels) et thérapeutiques (ventilation en pression positive) n’étant pas toujours disponibles.

La réflexion a donc fait l’objet d’un consensus ayant réuni 32 experts internationaux en soins critiques et SDRA au cours de 6 réunions virtuelles (juin 2021-mars 2022), aidés de l’avis de plusieurs membres de sociétés savantes internationales en soins critiques (juin-septembre 2022). Outre les arguments précédents, cette nouvelle définition devait tenir compte de la diversité potentielle du SDRA à la fois clinique, géographique, raciale, sexuelle et ethnique.  Les 4 principales nouvelles recommandations sont résumées dans le tableau ci-dessous et ont été approuvées par l’ensemble des membres de la conférence. 

Cette nouvelle définition mondiale du SDRA s’appuie donc sur celle de Berlin. Elle s’en distingue cependant par les éléments suivants : (1) les patients souffrant d’une IRA nécessitant un débit d’OHD ≥30 L/mn vont représenter une nouvelle catégorie de SDRA non intubé; (2) l’oxymétrie de pouls sera suffisante (à la place des gaz du sang artériels) pour porter le diagnostic de SDRA (rapport SpO2/FiO2); (3) les opacités bilatérales restent un critère obligatoire mais l’échographie thoracique devient une technique d’imagerie acceptable pour leur diagnostic; (4) plusieurs critères ne seront plus exigibles (niveau de pression expiratoire positive, débit d’oxygène, dispositifs spécifiques d’assistance respiratoire) chez les patients relevant d’organisations sanitaires aux ressources limitées, lesquels pourront dorénavant être inclus dans les études épidémiologiques et les essais cliniques sur le SDRA . Cette nouvelle définition élargit donc celle de Berlin tout en étant plus pragmatique. Elle devra par la suite faire l’objet d’études prospectives pour déterminer au mieux sa faisabilité, sa fiabilité et sa validité pronostique, ainsi que sa place selon les différents phénotypes de SDRA.

Christophe Girault, Service de Médecine Intensive et Réanimation, Hôpital Charles Nicolle, CHU-Hôpitaux de Rouen, 37 boulevard Gambetta & UR3830, Institut de Recherche et d’Innovation Biomédicale (IRIB), Faculté de Médecine et de Pharmacie, Université de Rouen, Rouen 

D’après la communication de Matthay MA, et al.  A new global definition of acute respiratory distress syndrome. Am J Respir Crit Care Med 2023; 207: A6229 (Session D16).

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Diaphragme : le grand oublié du COVID long

La physiopathologie de la persistance d’une dyspnée sévère à l’exercice plusieurs mois après une infection à SARS-CoV2 reste mal connue. En dehors des séquelles fonctionnelles respiratoires, qui touchent les patients ayant bénéficié d’une ventilation mécanique prolongée pour un syndrome de détresse respiratoire aigüe, les deux principaux mécanismes qui sont évoqués chez les patients ayant eu une infection COVID-19 modérée, gérée en ambulatoire, sont le syndrome d’hyperventilation et la respiration dysfonctionnelle. Ces deux anomalies fonctionnelles respiratoires peuvent être améliorées par la réadaptation respiratoire (RR).

En complément, Rainer Gloeckl, (Allemagne), a évoqué le rôle potentiel d’une faiblesse diaphragmatique. Cinquante patients (14 femmes, âgées de 58±12 ans) ont bénéficié 15 mois après une hospitalisation pour COVID-19 (50% des patients sous ventilation mécanique) d’une évaluation extensive de la fonction diaphragmatique (pression inspiratoire maximale, pression trans-diaphragmatique, échographie diaphragmatique) 1. Ils sont comparés à 9 contrôles sains. Alors que les fonctions respiratoires sont normales, la pression trans-diaphragmatique est abaissée, indépendamment du recours à la ventilation mécanique (14±8 versus 21±3 cmH2O chez les patients COVID-19 ventilés vs. contrôle, p=0,02 et 15±8 versus 21±3 cmH2O chez les patients COVID-19 non ventilés vs. contrôle, p=0,04). La faiblesse diaphragmatique est corrélée à l’intensité de la dyspnée d’effort.

La faiblesse diaphragmatique pourrait également être améliorée par la RR, notamment lorsqu’elle comporte un réentrainement des muscles respiratoires. Dans un essai randomisé contrôlé, 111 patients rapportant une dyspnée persistante, en moyenne 9 mois après une COVID-19, ont bénéficié de séances de réentrainement des muscles respiratoires pendant 8 semaines, en utilisant le dispositif résistif PrO2 (PrO2Fit Health, Smithfield, Etats-Unis) 2 Ils sont comparés à 37 contrôles. La dyspnée (domaine « dyspnée » du questionnaire K-BILD : 59,8±12,6 chez les contrôles versus 62,2±16,2 après RR, p<0,05), les symptômes respiratoires (domaine « symptômes thoraciques » du questionnaire K-BILD : 59,2±18,7 chez les contrôles versus 64,5±18,2 après RR, p<0,05) et le statut fonctionnel sont améliorés.

Malgré la diversité des mécanismes expliquant la dyspnée persistant à long terme après une infection à SARS-CoV2, la RR est une option thérapeutique intéressante. Il reste à déterminer, sur des arguments scientifiques plus solides, quelles composantes et quelles modalités de la RR sont bénéfiques aux patients COVID-19.

Marjolaine Georges, Service de Pneumologie et Soins Intensifs Respiratoires, CHU Dijon Bourgogne, 14 rue Paul Gaffarel, Dijon

D’après la communication de Gloeckl R et al. Patients recovering from COVID should be integrated into existing pulmonary rehabilitation services (Session C9).

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